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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 10:42

 (suite de A propos de la crise viti-vinicole de 1907 (6) )

Ces phases se retrouvent à peu près dans le rapport à la production vinicole nationale, avec un plancher de 10,82 % en 1856 et un plafond de 58,76 % en 1897, quasiment aucun élément externe n’intervenant ici. On se rapportera ici au tableau suivant qui présente la part de la production vinicole méridionale dans la production nationale :

 

1850

13.53 %

1865

25.62 %

1880

39.06 %

1895

34.44 %

1851

16.37 %

1866

24.25 %

1881

31.11 %

1896

33.56 %

1852

22.71 %

1867

44.77 %

1882

32.34 %

1897

58.76 %

1853

19.32 %

1868

33.97 %

1883

26.05 %

1898

38.41 %

1854

26.04 %

1869

28.68 %

1884

25.90 %

1899

50.64 %

1855

24.69 %

1870

34.48 %

1885

19.30 %

1900

36.07 %

1856

10.82 %

1871

31.76 %

1886

27.98 %

1901

34.87 %

1857

11.93 %

1872

40.35 %

1887

30.42 %

1902

38.03 %

1858

14.02 %

1873

53.33 %

1888

33.07 %

1903

38.18 %

1859

23.93 %

1874

30.93 %

1889

36.97 %

1904

38.44 %

1860

24.96 %

1875

18.53 %

1890

43.00 %

1905

42.31 %

1861

39.93 %

1876

24.63 %

1891

34.85 %

1906

31.75 %

1862

31.98 %

1877

20.65 %

1892

47.89 %

1907

46.23 %

1863

25.57 %

1878

15.66 %

1893

30.93 %

1908

45.43 %

1864

26.79 %

1879

38.07 %

1894

45.46 %

1909

49.90 %

 

On ne peut pas ne pas noter qu’en 1865, 1869, 1875 et 1878 les récoltes ne sont plus concentrées sur le seul Languedoc méditerranéen, mais sur tout le territoire français.

 

Si l’on étudie un par un les quatre départements concernés, on a les données suivantes :

-       L’Aude connait son minimum en 1856 avec 171.476 hectolitres et son maximum en 1907 avec 8.383.476 hectolitres, ce qui signifie que ces deux pointes se situent, la première pendant la crise de l’oïdium, la seconde pendant la crise de surproduction ;

-       Le Gard oscille entre 124.741 hectolitres en 1878 et 4.248.077 hectolitres en 1907, ce qui correspond aux crises du phylloxéra et de la surproduction ;

-       Les Pyrénées Orientales connaissent leur minimum en 1855 avec 93.755 hectolitre et leur maximum … en 1907, bref les crises de l’oïdium et de la surproduction.

Cet exposé des minima et des maxima monte bien l’influence la vigne sur les crises et vice-versa.

 

Le cas de l’Hérault est un peu à part. En effet, si ce département connait son minimum lors de la crise de l’oïdium en 1856 avec seulement 1.045.518 hectolitres produits, son maximum de production se situe en 1869, c’est-à-dire pendant une période de stagnation, avec un total record de 15.236.950 hectolitres laissant 1907 à deux millions d’hectolitres !

 

Donc, exception faite de l’Hérault qui connait ses maxima entre 1865 et 1875, tous les autres départements du Languedoc méditerranéen voient leur production s’accroître à partir du début du XX° siècle, faisant que la moitié de la production vinicole française sera concentrée sur la région. Cela ne pouvait qu’entraîner une crise de surproduction, plus par inadéquation des moyens de vente, tentation du gain facile chez certains, inadéquation des prix et des mentalités, que par manque de consommateurs, la consommation vinicole ayant toujours été assez souple (cf. P. Degrully, op. cit., pp. 292-293).

 

Ces niveaux de  production reflètent bien le caractère de spécialisation de l’agriculture languedocienne.

 (à suivre A propos de la crise viti-vinicole de 1907 (8) )

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Published by Serge Bonnefoi - dans Histoire
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