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23 janvier 2010 6 23 /01 /janvier /2010 10:44

(suite de A propos de la crise viti-vinicole de 1907 (7) )


Section 3. L’évolution des rendements 

 

Le rendement procède de la culture, de la récolte et de tous les aléas possibles. Son étude va permettre de mettre en évidence ces accidents par le biais de leur influence sur le dit rendement. En effet, un rendement faible traduit l’existence d’une maladie, d’une influence néfaste du climat, d’un mauvais entretien, alors qu’un rendement fort traduira encore mieux les surproductions ou encore les bienfaits du progrès, le soin apporté à la vigne, etc…

 

On distingue cinq phases consécutives :

-       Une phase de baisse entre 1853 et 1857 ;

-       Une phase de stagnation entre 1867 et 1874 ;

-       Une nouvelle phase de baisse jusqu’en 1879 ;

-       Une nouvelle stagnation jusqu’en 1884 ;

-       L’anarchie jusqu’en 1907.

 

1850

19.79

1865

40.60

1880

36.15

1895

22.11

1851

20.71

1866

35.32

1881

34.83

1896

36.72

1852

20.74

1867

40.44

1882

31.94

1897

44.41

1853

13.93

1868

40.54

1883

31.21

1898

27.77

1854

  8.85

1869

45.77

1884

32.08

1899

54.33

1855

11.58

1870

42.64

1885

19.44

1900

52.95

1856

  6.95

1871

40.10

1886

26.52

1901

43.39

1857

12.37

1872

44.19

1887

28.65

1902

32.79

1858

21.30

1873

41.81

1888

33.58

1903

28.88

1859

19.00

1874

41.97

1889

27.37

1904

55.35

1860

26.21

1875

35.40

1890

36.27

1905

50.97

1861

30.44

1876

25.85

1891

29.92

1906

35.79

1862

29.70

1877

32.65

1892

36.16

1907

70.83

1863

32.02

1878

22.42

1893

37.89

1908

64.09

1864

32.39

1879

30.65

1894

43.69

1909

64.08

 

Pour les départements étudiés, le minimum se situe en 1856 avec un rendement de 6,95 hectolitres par hectare, et le maximum en 1907 avec un rendement de 70,83 hectolitres par hectare. On se doute qu’avec un rendement de 6,95 hectolitres par hectare le viticulteur ait eu des difficultés à survivre, et que des vagues d’immigration vers l’Algérie se soient engagées à cette époque afin de ne pas crever de faim… On notera aussi que la crise de 1907 n’a pas poussé les viticulteurs à délaisser les soins apportés à la vigne…

 

Pour l’ensemble de la France métropolitaine, le minimum s’observe en 1854 avec 4,97 hectolitres par hectare, et le maximum en 1900 avec 42,57 hectolitres par hectare. Ces derniers chiffres mettent encore plus en évidence la prépondérance du vignoble languedocien dans la viticulture française.

 

Synthèse

 

Les données précédentes permettent de mettre en évidence quatre crises et non pas trois comme généralement admis :

-       Une crise de sous-production de 1853 à 1857  qui correspond aux séquelles de l’oïdium ;

-       Une crise de stagnation de 1865 à 1874, qui n’est pas signalée par les auteurs ayant étudié la question viticole mais qui met en évidence les difficultés rencontrées par les viticulteurs. On y reviendra par la suite ;

-       Une crise de sous-production de 1875 à 1887 correspondant au phylloxéra ;

-       Une crise d’anarchie du marché, plus que de surproduction, qui démarre dès 1894 (et non pas 1900 comme l’estiment beaucoup d’auteurs), crise qui s’achèvera avec les suites de la révolte de 1907. On y reviendra aussi par la suite.

 

Ce constat permet de mettre en avant deux divergences avec la plupart des autres auteurs :

-       Il y a eu une crise viti-vinicole larvée entre 1865 et 1874 ;

-       Plus qu’une crise de surproduction, la crise de 1894/1907 aura été une crise d’anarchie des structures, des marchés et des récoltes !

 (à suivre A propos de la crise viti-vinicole de 1907 (9) )

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Published by Serge Bonnefoi - dans Histoire
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