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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 17:25

La question du péché originel est centrale dans le Christianisme, et il est évident qu'il est difficile de la trouver ailleurs puisqu'elle est liée au texte de la Genèse et à la faute d'Adam ! Les bouddhistes ne peuvent donc pas connaître le péché originel,  puisque la Genèse n'est pas  l'un de leurs textes de base ! Par contre, ils me semblent bel et bien marqués par la thématique du péché avec la notion de bouddhéité et de perfection absolue (que ne demande pas le christianisme, d'où le sens de la réconciliation qui permet à l'homme de se racheter), et ce qu'elle implique puisque les gens reviennent continuellement pour rattraper leur péché antérieur, alors même qu'ils peuvent en rajouter à chaque fois une couche ! Par ailleurs, même si le péché originel est assez peu présent, sauf dans certains textes hassidiques et dans certains passages de la Kabbale, la notion de péché est bien présente !

Pour ce qui est du christianisme, dans l'Épître aux Galates, parlant des conséquences de l'avènement de Jésus crucifié, Saint Paul montre bien que Jésus, par l'accomplissement de la promesse du Salut, a libéré l'homme en le régénérant à la lumière de la Foi. Désormais, l'homme, libéré du péché originel, est libre de son propre destin, libre de créer sa propre liberté mais aussi son propre carcan en se détournant de la Foi; on pourrait presque dire que depuis la venue du Christ sauveur, l'homme est seul maître de son propre péché -sa liberté dans le Christ étant telle qu'il est même libre de se damner-, confronté en permanence aux choix imposés par le souffle de l'Esprit, car la Loi ne puisse justifier personne devant Dieu, c'est l'évidence même, puisque le juste vivra par la foi (Ga 3, 11). Comme l'a écrit Saint Paul, c'est à la liberté que l'homme est appelé, à la liberté par l'amour (Ga 5, 13), ce qui importe n'étant plus forcément la Loi, mais surtout l'Esprit et la Grâce du Don de Dieu, bref la nouvelle Création conséquence de l'accomplissement de la Promesse (Ga 5, 15). Cette liberté n'est de plus pas sans conséquences sur l'ordre du monde et sur les rapports entre les hommes car elle a pour conséquence certes la responsabilité individuelle de chacun par ses choix, mais aussi l'égalité entre tous les hommes, donc la solidarité si l'on applique le commandement nouveau d'aimer son prochain comme soi même (Mc 12, 31. Cette égalité est clairement exposée par l'Apôtre lorsqu’il dit : Vous tous en effet, baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ : il n'y a ni Juif ni Grec, il n'y a ni esclave ni homme libre, il n'y a ni homme ni femme; car tous vous ne faites qu'un dans le Christ Jésus (Ga 3, 27-28)

C'est bien la Rédemption du Christ qui, en lavant l'homme du péché originel et en le recentrant sur lui-même et sur sa place dans la société, rend l'homme généreux et altruiste (on n'est d'ailleurs ici que fort peu éloigné de pensées non occidentales telle celle de Confucius, ce qui permet de croire en l'existence de "principes généraux" de la nature humaine indépendants des croyances et des philosophies). N'oublions par ailleurs jamais, puisque l'on évoque le péché originel - ce qui impose de s'interroger sur les raisons de son non total effacement par la Rédemption du Christ -, que, comme nous le rappelle Saint Bernard - dans un sermon qui devrait de plus faire réfléchir les partisans de la supériorité de l'homme sur la femme, donc y compris … saint Paul - :  ...le premier homme, qui sans doute ne contesta pas sa faute, ... n'obtint pas le pardon, parce qu'il avait tenté de la rejeter sur sa femme (Gn 3, 2). Accuser autrui, quand on est soi-même en cause, est une manière de s'excuser; or s'excuser lorsque l'on a péché, est chose non seulement inutile, mais très nocive (Saint Bernard, Oeuvres mystiques, Éd. du Seuil, Paris, 1953-1992, page 213). Ce passage est extrait du 16ème sermon sur le Cantique des Cantiques ; cette simple réflexion, doit nous conduire à nous interroger sur nos propres responsabilités, reporter la faute sur l'autre n'étant pas toujours juste !

Il s'agit plus du souvenir d'un paradis perdu avec lequel nous naissons tous, et qui nous a ! Et cela se retrouve dans la plupart des religions, cette idée de paradis perdu, même si chacun l'a interprétée à sa manière… Néanmoins, le Christ est venu pour effacer tout cela au travers de son sacrifice, donc pour rendre à l'homme sa force première et effacer ce péché dans notre esprit, même si le péché continue à marquer notre route ! Cette idée de péché originel ne devrait donc plus avoir cours (du moins en son sens premier), car jésus nous a rendus libres, mais aussi responsables, y compris libres de notre propre damnation !

Nous sommes tous frères et fidèles du Fils de l'homme, du nouvel Adam, et désormais,  le fils n'a plus a être marqué par la faute de son père, aux fautes de ses aieuls ! Jésus est venu nous libérer du péché originel, mais il n'en a pas effacé la marque qui en est la perte de notre immortalité et la conscience du péché. C'est nous qui sommes responsables de notre propre péché et qui recréons le péché chaque jour, car nous ne sommes que des hommes et non des êtres parfaits (la perfection n'est pas de ce monde, même le 3° principe de la thermodynamique le dit !) ! Mais Jésus, par sa venue, nous en a libéré, nous permets de nous racheter ! Et ça, c'est fondamental, cette possibilité de rachat !

 

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Published by Serge Bonnefoi - dans Théologie
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