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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 16:27

Les critères pour qu'une guérison inexpliquée soit qualifiée de miracle sont bien difficiles à réunir :

 

- Critères médicaux :

 

L'avis positif et unanime des médecins est obligatoire sur chacun de ces points, l'Eglise ne pouvant reconnaître un miracle qu'avec cet avis positif, mais ne proclamant pas toute guérison inexpliquée comme miracle :

 

1. la maladie ou le handicap doit être grave ou impossible ou très difficile à guérir;

2. la guérison, si elle est difficile, ne doit en aucun cas pouvoir être spontanée ou rapide;

3. la maladie ne doit pas être arrivée à un stade où elle doive décliner d'elle même passé ce stade;

4. nulle médication ne doit avoir été appliquée ou, si elle a eu lieu, il faut que son inefficacité ait été prouvée;

5. la guérison doit être subite, instantanée, même si, dans le cas du pèlerinage ou de l'application d'eau bénite elle peut être différée d'une journée au plus, sans que les critères d'instantanéité soit remis en cause, la guérison progressive ne pouvant être considérée comme inexpliquée dans ce cas précis;

6. la guérison doit être parfaite;

7. la guérison ne doit pas être soupçonnable de possible au regard des derniers états de la science, y compris même des simples hypothèses sérieuses;

8. il ne doit pas y avoir eu préalablement de crise ou de frémissement laissant entrevoir une guérison soit en temps naturel, soit pour une cause déterminée;

9. la guérison doit être inexplicable par la seule raison;

10. la maladie ou le handicap doit être démontré au préalable par un dossier médical solide, argumenté et faisant état très exactement des soins et médications préalables;

11. la maladie ou le handicap guéri ne doivent pas revenir, bref, il ne doit pas y avoir de récidive directe, soit induite et liée au même mal.

 

Si un seul de ces onze critères manque, une guérison ne peut être considérée comme inexpliquée ! Donc, déjà, le nombre de guérisons inexpliquées ne peut être, vus les critères, que très inférieur au nombre des guérisons.

 

De plus, établir un tel dossier demande du temps, notamment la preuve du critère de non récidive. Les médecins doivent alors conclure en cas de positif : guérison inexplicable dans l'état actuel de la science, guérison non explicable par les lois naturelles, guérison à laquelle nous ne trouvons pas d'explication médicale, seule la troisième rentrant stricto sensu désormais dans les critères pour être analysée comme guérison inexpliquée susceptible d'être miraculeuse.

 

Toutes les guérisons jugées inexpliquée ne sont par ailleurs pas transmises pour supplément d'enquête et analyse spirituelle.

 

- Critères spirituels, se surajoutant aux critères médicaux :

 

1. la guérison doit être clairement attribuable à Dieu, même si c'est par l'intercession d'un saint ou de la Vierge Marie, à Dieu et à lui seul;

2. dès qu'il y a doute de préternaturel (intervention démoniaque, non divine, etc...), il y a rejet de l'idée même de miracle. Par exemple, s'il est prouvé que la personne s'était livrée avant à des pratiques démoniaques, satanistes ou spéciales, ou encore à des tentatives de simonie, ou encore à des exercices réprouvés de piété (les neuvaines n'étant pas considérées, bien naturellement comme impies), il n'y aura jamais miracle. Par contre, le fait d'être d'une autre religion ne rentre pas en compte; ainsi, par exemple, un musulman peut très bien avoir invoqué Marie ou Jésus sans pour autant avoir violé sa propre religion;

3. l'analyse se fait au travers de critères et d'enquêtes portant sur l'efficacité de la guérison, l'utilité de la guérison, le mode de la guérison, la fin(alité) de la guérison, la personne de la guérison et son entourage immédiat lors de la guérison, les moyens de la guérison, l'occasion de la guérison;

4. il ne faut trouver rien de frivole, de ridicule, de déshonnête, de honteux, de violent, d'impie, d'orgueilleux, de mensonger et de défectueux, à quelque titre que ce soit, dans la fin, l'agent, les conditions et les effets du phénomène extraordinaire que doit juger l'Eglise;

5. tous ces signes doivent exister simultanément et de manière certaine dans le prodige.

 

Tous ces critères doivent être remplis sans exception aucune, sachant que l'Eglise mènera un procès (au sens de process) régulier tout particulièrement sur l'identité des personnes, sur les constatations des médecins, sur les dépositions des témoins.

 

Voilà, rapidement exposés, les 11 critères médicaux et les 5 critères spirituels principaux. Seize critères, dont certains multiples, tous précis et devant être documentés solidement ! Pas facile d'être miraculé au sens de l'Eglise !

 

Bref, toutes les guérisons ne sont pas inexplicables, toutes les inexplicables ne sont pas inexpliquées, toutes les inexpliquées ne sont pas surnaturelles, toutes les surnaturelles ne sont pas des prodiges, tous les prodiges ne sont pas attribuables à Dieu, toutes les guérisons attribuables à Dieu ne sont pas forcément des miracles ! Dès lors, même le bureau médical est plus que prudent pour parler de guérison inexpliquée, celle-ci n'étant elle-même qu'un troisième degré sur une échelle de sept !

 

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Published by Serge Bonnefoi - dans Catholicisme
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