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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 08:23

 

Bien plus que les notions d’ordre ou de sécurité, c’est l’Etat providence qui caractérise le totalitarisme, en ce sens qu’il tend à faire occuper à l’Etat l’ensemble de la sphère sociale, tout devant être dans l’Etat et rien hors de l’Etat, et ce d’une manière ou d’une autre. Une telle approche qui veut faire de l’Etat la seule source de toute action n’est pas la notre, car, si elle semble assurer la liberté de chacun, cette liberté est bien plus celle conçue par Fichte que celle de chaque individu. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 est d’ailleurs claire sur ce point, proclamant au début de son article 4 que la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui, ce même article 4 précisant ensuite que l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de borne que celles qui assurent aux autres membres de la société la jouissance de ces même droits, ces bornes ne pouvant être déterminées que par la loi. La fin de l’Etat est donc de déterminer ces bornes, afin d’assurer les principes posés par la Déclaration que sont la liberté, la propriété, la sûreté, l’égalité et la résistance à l’oppression… Rien d’autre ! La clé de tout ceci est donc la justice, ici justice sociale, la Déclaration se référant au corps social que constituent les membres de la société. Par ailleurs, on ignore trop souvent que la Déclaration de 1789, malgré son intitulé, évoque aussi des devoirs, puisque son Préambule dispose qu’elle doit rester constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelant sans cesse leurs droits et leurs devoirs. C’est là que se situe le rôle de l’Etat, pas ailleurs, son but étant l’exercice pratique de la souveraineté et l’édiction des règles et des moyens permettant d’assurer la réalité des quatre principes rappelés plus haut

 

Les valeurs de la République française ont pour fondement la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 26 août 1789, reprises dans le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958. Pas que du seul citoyen ; de l’homme et du citoyen, ne l’oublions pas trop vite… La devise républicaine Liberté, Egalité, Fraternité, s’appuie sur cette déclaration la résumant en trois grands principes. Les droits de l’homme sont présentés comme des droits naturels, inaliénables et sacrés, universels à tous les hommes, qui sont le but de toute institution politique. Ils sont inscrits comme loi naturelle, inhérents à l’espèce humaine, et précèdent en ce sens l’institution politique. De là, l’affirmation que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des gouvernements : l’institution politique est toute entière tournée vers la préservation, voire l’exaltation de ces droits. Souvenons-nous que la France est la terre des droits de l’homme, se devrait d’être sa championne, tant en interne qu’en externe…

 

La liste des droits suit celle de la devise républicaine, auxquels on peut ajouter la laïcité la sûreté qui précède en quelque sorte les autres droits puisqu’elle est indispensable à leur existence. Il convient d’engager plus explicitement la réflexion sur chacune de ces valeurs. Liberté de l’individu, du citoyen, dans le travail… Egalité de droit, des droits, mais aussi des devoirs… selon les capacités de chacun… Fraternité, mot oublié, lien d’appartenance et de solidarité… Laïcité et non pas laïcisme…

 

La justice vise à l’égalité, mais elle ne peut jamais la réaliser, l’homme ne voyant l’égalité que dans son égale satisfaction individuelle, la partie perdante se sentant quasiment toujours lésée… Tant qu’il subsistera une parcelle d’égoïsme dans le cœur des hommes, il ne pourra y avoir de vraie égalité…, du moins d’égalité devant la justice ! Tant que subsistera au coeur de l’homme l’idée de sa réalité et de sa propre liberté, il ne pourra jamais y avoir de vraie égalité, … du moins d’égalité mathématique ! Ceci remet en cause d’une certaine façon la stricte justice distributive définie par Aristote, car l’égalité devant le droit, l’égalité proclamée par la Déclaration de 1789 doit elle rester une réalité vivante !

 

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Published by Serge Bonnefoi - dans Politique
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