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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 10:16

Suite de La fin justifie-t-elle les moyens ?

 

Mais voilà maintenant que vous me dites que Jean-Paul II, que Vatican II ont reconnu le communisme… Il est vrai que l'on peut trouver de ci, de là, en les isolant de leur contexte des propos des Papes Paul VI et Jean-Paul II qui peuvent être considérés comme reconnaissant qu'il aurait pu y avoir du bon... Mais c'est toujours en isolant du contexte, en oubliant beaucoup... Paul VI a par exemple pu dire des propos que certains jugèrent favorables à certains actes sociaux du communisme. Mais on oublie toujours son fondamental : Il serait illusoire et dangereux d’en arriver à oublier le lien intime qui les unit radicalement, d’accepter les éléments de l’analyse marxiste sans reconnaître leurs rapports avec l’idéologie, d’entrer dans la pratique de la lutte des classes et de son interprétation marxiste en négligeant de percevoir le type de société totalitaire à laquelle conduit ce processus (Paul VI, Octogesimo Adveniens, n. 34, AAS 63, 1971, pp. 424-425, texte repris in : S. Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Instruction sur quelques aspects de la "Théologie de la libération, En direct du Vatican, n° 24, septembre 1984, page 18) !

 

De même, certains passages de l’encyclique Laborem Exercens de Jean-Paul II peuvent, séparés de leur contexte, paraître favorables au communisme ! Mais c'est les isoler afin de faire oublier que Jean-Paul II cherche toujours à mettre en relief les contradictions fondamentales du marxisme, et pas seulement en les posant sur le plan religieux, mais aussi en les situant sur le plan des oppositions concrètes au niveau de la société. Jean-Paul II retournait en fait contre les marxistes leurs propres termes, usant ainsi contre eux de leurs propres méthodes qu’il connaissait bien pour les avoir subies. Jean-Paul II a vécu à l'Est à l'époque communiste, et il connaissait fort bien les méthodes communistes, d'où sa propre méthode, y compris en laissant croire qu'il approuve pour mieux expliquer en quoi le positif peut en fait être fondé sur du néfaste, donc devenir néfaste à terme, par détournement de toute idée de bien commun ! Il faut donc être très prudent lorsque l'on isole un propos de ce Pape en matière sociale ! Jean-Paul II a toujours enseigné que l'humanité était faite à l'image de Dieu, quelles que soient les imperfections de la dite humanité, et que c'était là tout le contraire du marxisme qui définit une humanité produit des forces économiques et sociales ! Sur le plan des principes, l'affrontement doctrinal entre Jean-Paul II et le marxisme, le communisme athée a toujours été irrémédiable et irréductible !

 

Bref, reconnaître qu'il y ait pu parfois avoir du positif, ce n'est pas adhérer ou défendre ! Et, surtout, ce n'est pas oublier les fondamentaux du dogme catholique, les condamnations fortes et fermes d'un système pseudo-humaniste mais en fait totalement contre l'homme ! La doctrine de l'Eglise est toujours restée ferme face au communisme athée ! 

 

Vous pouvez être anarchiste et chrétien à la fois, mais en aucun cas marxiste matérialiste comme base (l'analyse économique elle pouvant être admise, ne serait-ce que parce que le capitalisme absolu, j'insiste sur cet absolu ou cet intégral si vous préférez le mot, est lui-aussi un matérialisme), communiste athée (j'insiste sur ce point, car seul le communisme athée a fait l’objet d'une absolue condamnation; il suffit de relire les textes), ou encore un anarchiste tenant du ni Dieu, ni maître... Le ni maître est admissible, pas le ni Dieu...

 

Comment ? J’ai parlé de Benoît XVI et vous me répondez que Benoît XVI est un fascho qui a détruit l’élan de la théologie de la libération… Mais c’est faux ! Le Cardinal Joseph Ratzinger, bref l'actuel Benoît XVI, ou plus exactement la Congrégation pour la doctrine de la foi qu’il présidait alors, a certes publié en 1984 un document sur la théologie de la libération ; mais il n'y condamnait pas tout, il n’en condamnait pas tout !  Il faut lire attentivement ce document ! Il y admettait même qu'il puisse y avoir une théologie de la libération correctement entendue... Par contre, là c’est vrai, ce document condamne totalement l'analyse matérialiste marxiste, les interprétations nouvelles du Christianisme, la subversion des mots liberté et violence, etc... Je rappelle aussi que ce texte fut approuvé par Jean-Paul II en personne, par ce Pape que vous aimez bien...

Vous me parlez maintenant du jugement de Dieu… Je commencerai par répondre par une boutade qui m'est chère, même si elle choque certains pharisiens : et si la plus grande blague que Dieu pourrait faire à Satan ce ne serait-pas de le laisser tout seul dans son enfer après le Jugement dernier ? car, pour moi, et contrairement à Sartre, bien plus existentialiste que marxiste à mes yeux, l'enfer ce n'est pas les autres mais la solitude ! Ce que Dieu condamnerait, car qui suis-je pour préjuger de Sa volonté, c'est qu'on Le nie ! Rien d'autre ! Maintenant, comme l'écrit Vatican II, ce concile qui fait peur, qui dérange car il n'a pas, et c'est le seul dans ce cas, condamné, l'important c'est d'agir pour le bien ! Le tout est d'aider son frère, mais pas de chercher à faire son bonheur malgré lui, contre lui-même ! C'est l'un des points que je reproche au marxisme, ... tout comme je le reproche à certains temps de l'Eglise. Mais, alors que Jean-Paul II a fait repentance, a demandé pardon, aucun n'autre ne l'a fait ! Le reste, c'est du for intérieur...

 


Vous me demandez si je suis passé par là, si j’ai connu des périodes de doute ? Oui, et je continue ! Ces questionnements ne sont donc pas vains, bien au contraire, car ils sont le centre de l'homme (cf. la pensée de Maurice Zundel) ; ils sont le centre du sens de l'homme ! Dieu ne nous a pas créés par égoïsme, pour qu'on l'admire connement, pour qu'on le regarde en permanence ! Dieu n'est pas un despote égoïste ! Dieu nous a permis la liberté, mais aussi le doute induit par cette liberté ! L'homme est là pour agir, c'est Dieu Lui-même qui le dit dans la Genèse ! L'homme est le vrai lieutenant de Dieu sur la terre, pas un roi, pas un Pape..., ce qui lui impose bien des responsabilités qui peuvent sembler le dépasser, d'où ce doute ! Celui qui ne se questionne pas, celui qui ne doute pas, n'est pas humain ! C'est soit un fou, soit, plus vraisemblablement un menteur ! Même Sainte Thérèse de Lisieux a douté ! Et pourtant elle est Sainte Thérèse de Lisieux ! Ayant pas mal fréquenté le Vatican au temps de Jean-Paul II, je peux vous dire que même Jean-Paul II a eu des temps de doute, même si sa confiance fut toujours inébranlable ! Car il faut bien distinguer doute et confiance ! C'est le sens de la parole de Saint Paul : Restent ces trois choses, Foi, espérance et charité (1Co 13, 13) !

 

A suivre sur Saint Augustin a demandé d'aimer !

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Published by Serge Bonnefoi - dans Marxisme
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