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1 avril 2010 4 01 /04 /avril /2010 11:00

Élu Pape le jour même de la mort de son prédécesseur Alexandre II, Grégoire VII (1073/1085) n’était alors même pas Prêtre. Il fut donc consacré Prêtre puis consacré Évêque deux mois après son élection. Il allait se mettre tout de suite à l’ouvrage, s’employant avec une énergie inconcevable à panser les plaies de l’Église de son temps : l’hérésie de Bérenger et l’incontinence du clergé qui continuait de plus à pratiquer la simonie.

Pour ce qui est de l’hérésie de Bérenger, il allait envoyer dans les Gaules comme légat Gérard, Évêque d’Ostie, ce dernier réunissant à Poitiers un concile en 1074, concile auquel Bérenger assista. Il y fut cependant plus question de la personne de Bérenger que de sa doctrine. Il allait en être de même lors des conciles de Rome (1078/1079) et de Bordeaux (1080), Bérenger semblant avoir abjurer son hérésie lors de ce dernier concile.

Pour ce qui fut de l’incontinence du clergé, Grégoire VII allait décréter lors du concile de Rome de 1074 que, conformément aux anciens canons, les Prêtres ne devaient plus se marier. Ceux qui étaient mariés devaient renvoyer leurs épouses ou concubines, ou alors devaient être déposés en cas de refus. De plus, aucun clerc ne serait plus admis au sacerdoce s’il ne s’engageait au préalable à observer le célibat et la continence perpétuels.

C’est dans ce cadre que Grégoire VII devait excommunier en 1075 cinq conseillers de l’empereur Henri IV. IL allait soulever la colère des mauvais catholiques, plus fidèles à l’empereur qu’à l’Église, une tentative de meurtre étant même perpétrée contre sa personne dans la nuit de Noël 1075. La conséquence de ces excommunications fut aussi la réunion à Worms en janvier 1076 d’un conciliabule, sous la présidence du Cardinal Le Blanc, conciliabule au cours duquel les Évêques germains allaient déposer Grégoire VII. Cette décision allait être confirmée par les Évêques lombards lors du conciliabule de Pavie. Cette décision fut notifiée à Grégoire VII qui réunit alors le 22 février 1076 un concile à Rome, réunissant cent dix Évêques, concile qui allait excommunier et déposer Henri IV. Dans un premier temps, les princes germains décidèrent alors de se conformer aux décisions romaines et allaient prononcer le bannissement de l’empereur. ; mais ils allaient changer d’avis, envoyant une ambassade à Henri IV et au Pape, demandant qu’une entrevue soit organisée, au cors de laquelle Henri IV serait pardonné par le Pape. Ce fut l’entrevue de Canossa de 1077 au cours de laquelle Henri IV obtint son pardon.

Pourtant, peu de temps après, et à l’initiative des Évêques de Milan et de Ravenne, l’empereur allait refuser de remplir les conditions posées à Canossa. En réaction à ce parjure sans autorisation du Pape, les princes germains allaient décider en signe de protestation de déposer Henri IV, choisissant comme empereur Rodolphe de Souabe. En réponse à cette déposition, Henri IV allait édicter des mesures draconiennes, déposant certains Évêques, en jetant d’autres en prison, et réunissant un conciliabule à Brescia où il fit élire un pseudo-Pape, Guibert de Ravenne. Ce fut alors une lutte acharnée entre d’un côté le Pape Grégoire VII, et de l’autre Henri IV et Guibert. Le Pape dut ainsi dans un premier temps repousser, avec l’aide des troupes de la comtesse Mathilde, les assauts des armées impériales, mais il allait malgré tout être emprisonné au Pont Saint Ange, étant libéré par Robert Guiscard. Il dut néanmoins s’exiler à Salerne en 1084, et c’est de là qu’il allait confirmer toutes les mesures portées par lui contre Henri IV et Guibert. C’est aussi là qu’il devait mourir en 1085.

Ses dernières paroles furent : J’ai aimé la justice et détesté l’iniquité, c’est pourquoi je meurs en exil

 

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Published by Serge Bonnefoi - dans Personnages
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