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Mardi 6 avril 2010 2 06 /04 /Avr /2010 18:23

Certains de mes rappels historiques, présents, passés ou à venir peuvent paraître parfois critiques envers l’Eglise. C’est pourquoi je me permets de vous écrire ce qui suit, afin que je sois bien compris.

 

En premier lieu, je rappelle qu’il faut éviter tout actualocentrisme. C’est ce que Montesquieu rappelait en écrivant qu'on ne jugera jamais bien les hommes si on ne leur passe pas les préjugés de leur temps !

 

Par ailleurs, et selon moi, le grand miracle de l’Eglise, ce qui démontre que l’Eglise est éternelle et sainte en elle-même alors que les hommes qui la dirigent ne sont que passagers, c’est que, quelques grands qu’aient pu être les scandales et les crimes de certains de ses Papes ou de ses clercs, par exemple Alexandre VI, la sainteté de l’Eglise ne s’en trouva pas entachée, la foi n’en fut pas transformée, malgré l’autocratie de ces Papes, malgré leurs crimes, malgré leur infaillibilité déjà bien réelle avant Vatican I, même si elle n’était pas encore dogmatique…

 

C’est ce que rappela le Pape Léon XIII dans sa lettre au clergé de France en écrivant que l’historien de l’Eglise sera d’autant plus fort qu’il ne cachera pas les fautes de ses fidèles, même de ses ministres. Ayant toujours apprécie Léon XIII, je ne fais que marcher sur le chemin qu’il a tracé aux historiens de l’Eglise. Il avait conscience du fait que ce fut en cachant les crimes de certains que l’Eglise catholique avait perdu de son influence…

 

Ce fut aussi le seul sens de la repentance de Jean-Paul II du 12 mars 2000 et de la dimension pénitentielle du Jubilé de l’An 2000, mais aussi de la demande générale de pardon formulée par Paul VI en 1965. La repentance n’est soumission, mais au contraire démarche d’un Frère ayant blessé son autre Frère, demande volontaire de réconciliation, de pardon fraternel et librement consenti ! L'Église, en tant que structure humaine (je n’utiliserai ici ce mot que sous cette seule acceptation) a pu faire des erreurs, voire des horreurs, mais il faut s'arrêter au message du Christ et non à ces seuls aspects, à ce message qu'elle protège de ses mains depuis deux milles ans ! Le modèle absolu du Catholique : c'est Jésus, mais nous ne sommes que des hommes qui connaissons le péché, mais qui savons aussi le dépasser, le transformer en bien par la connaissance qu'il nous donne du mal !

 

Ainsi, en actes comme en paroles, le Seigneur a-t-il révélé sa miséricorde des les origines du peuple qu'il s'est choisi, et, tout au long de son histoire, ce peuple s'en est continuellement remis, dans ses malheurs comme dans la prise de conscience de son péché, au Dieu des miséricordes (Jean-Paul II, Dives in Misericordia, 4).

 

Nier ses fautes, les occulter, ce n’est pas être Catholique ! Ou alors, le sacrement de réconciliation n’a aucun sens, et le pardon n’existerait pas… Le courage est aussi dans l’aveu de ses fautes ! Nier nos fautes, c’est aussi offrir des armes à nos ennemis.

Par Serge Bonnefoi - Publié dans : Catholicisme
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