Rechercher

Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 14:38

Le texte Nostra ætate" de Vatican II a reconnu la valeur et la validité des religions non-chrétiennes. Et puis, plus loin encore, ne peut-on pas se souvenir que le Concile de Florence en 1442 s'est opposé à l'absolutisme formel vouant à l'Enfer les non-chrétiens, thèse défendue par les Jacobites ? Certes, le Concile de Trente a pu laisser penser qu'un tel absolutisme était dans l'Église catholique, mais n'oublie t-on pas les conditions de ce Concile qui était celui d'une contre-réforme ? Et puis, il ne faut pas limiter un tel absolutisme à la seule période post-tridentine/pré-Vatican II ou au seul catholicisme (qui est bien moins exclusif que l'Islam ou le Bouddhisme par exemple en la matière) !

L’idée que le Salut peut se retrouver hors de l’Église n’est pas nouvelle, puisque le concept d’infidélité négative était déjà énoncé avant Vatican II, précisant que l’ignorance invincible de la Foi n’était pas un péché lorsqu’elle n’était pas volontaire. Il ne s’agit en fait que de la reprise de cette parole trop ignorée de Jésus-Christ : Si je n’étais pas venu, et que je ne leur eusse point parlé, ils n’auraient point de péché (Jn 15, 22). Ceci est clair : il ne peut y avoir péché d’infidélité pour ceux qui ignorent invinciblement la Foi…

Maintenant, le grand théologien Karl Rahner n'a t-il pas rappelé dans son Traité fondamental de la Foi, que la volonté de salut de Jésus-Christ vise tous les hommes, mais aussi que Dieu ne sauve pas l'homme sans sa propre collaboration, rejoignant ainsi Zundel lorsque ce dernier écrivait que si l'homme ne veut pas se sauver, en effet, rien ni personne ne pourra le sauver ou encore d'une certaine manière (Rm 5, 12) ? Mais, comme l'a dit Jésus en (Jn 14, 6), c'est-à-dire l'Évangile lui-même : Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi.

Cependant, Jésus n'est pas venu pour sauver les seuls chrétiens, mais bien pour sauver tous les hommes, de tous les temps, de tous les lieux ! Et si un non-chrétien se comporte, même inconsciemment, comme l'a demandé le Christ Jésus, il est sauvé, il a accès au salut ! Mieux, un catholique qui sait et qui n'applique pas n'est-il pas d'une certaine manière inférieur" dans l'accès au salut, dans et pour le salut apporté par le Christ ? Pour le non chrétien, c'est l'orthopraxie qui compte avant tout, car, pour ceux qui ne savent pas - ou n'ont pas su - qui est le Christ ou ce qu'il a dit, c'est plus leur conduite qui les sauvera (ou les a sauvé) que leur Foi ! Il en est de même pour les fidèles du Christ hors de l'Église ! Par contre, pour le catholique, la voie est plus difficile, car il doit y avoir à la fois respect de l'orthopraxie (c'est-à-dire de l'action concrète et correcte au regard du message du christ) et de l'orthodoxie (c'est-à-dire du respect du dogme et des fondamentaux de la Foi) !

Le Christianisme est donc la voie de salut extraordinaire, la plus belle, et ce à cause de sa propre excellence, ce que disait notamment le Père de Lubac ! Et Vatican II nous a rappelé aussi que Jésus Christ était venu pour sauver tous les hommes de tous les temps ! Donc, il peut y avoir du salut hors de l'Église, c'est même plus facile d'un certain côté (à la condition de ne pas avoir connu le message du Christ mais de le vivre), c'est bien plus difficile (car si l'on connaît le message du Christ et qu'on le réfute…) ! C'est vrai, il n'est pas facile d'être catholique, ça impose des contraintes !

 

 

 

 

Par Serge Bonnefoi - Publié dans : Théologie
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés