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Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /Déc /2009 14:40

Le Concile de Trente a défini l'infaillibilité de l'Église pour ce qui est de la foi, des moeurs et de la discipline, que celle-ci soit générale ou universelle. À Trente, on a considéré que "l'Église ne saurait errer" en enseignant une doctrine ou en prenant une mesure d'ordre disciplinaire contre un fidèle catholique - et seulement eux -, même si l'on y a admis qu'une telle mesure était susceptible, selon les circonstances et les temps, d'être modifiée.

La Constitution dogmatique Pastor aeternus de Vatican I - présidé par Pie IX -sur l'Église du Christ, définissant le magistère infaillible du pontife romain, nous dit que le Pape dispose du pouvoir plénier et souverain de juridiction sur toute l'Église, non seulement en ce qui touche la foi et aux moeurs, mais encore en ce qui touche à la discipline et au gouvernement de l'Église.

Elle précise aussi que lorsque le pontife romain parle ex cathedra, c'est-à-dire lorsque, remplissant sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit, en vertu de sa suprême autorité apostolique, qu'une doctrine en matière de foi ou de morale doit être tenue par toute l'Église, il jouit (...) de l'infaillibilité (...) lorsqu'elle définit la doctrine sur la foi ou la morale.

Vatican I n'a donc fait que poser le champ de l'infaillibilité pontificale à l'égal - ni plus, ni moins - de l'infaillibilité de l'Église, rappelant en outre que le jugement de l'Église était irréformable pour toute question liée à la foi et à la Révélation. Pie IX confirmera ce fait dans sa réponse à Bismarck de mars 1875 (le Chancelier allemand s'opposait à l'infaillibilité pontificale) par ces mots : Comme le concile Vatican I l'a déclaré en termes clairs et nets, et comme cela résulte de la nature même des choses, l'infaillibilité se rapporte exclusivement à une qualité du magistère du souverain pontife, et ce pouvoir s'étend exactement sur le même domaine que l'infaillible enseignement de l'Église, et il est lié au contenu de la sainte Écriture et à la Tradition, aussi bien qu'aux décisions doctrinales données antérieurement par l'enseignement de l'Église.

On notera que, finalement, Pie IX n'aura pas restreint le champ de l'infaillibilité de l'Église tout en faisant admettre définitivement - car il s'agit là d'une question déjà traitée lors des conciles des premiers siècles- l'infaillibilité pontificale.

Vatican II a confirmé tout cela dans Lumen Gentium et n'a remis en cause ni l'infaillibilité de l'Église, ni celle du Pape, réaffirmant les définitions précédentes, les reprenant quasiment au mot près pour certaines !

De même, les canons relatifs à l'infaillibilité du Code de droit canonique de 1917 -en fait préparé et rédigé sous la direction de Saint Pie X - n'ont pas été remis en cause par la nouvelle version du Code de droit canonique de 1983. Ainsi, le premier paragraphe du canon 749 du Code de droit canonique dit : Le Pontife Suprême, en vertu de sa charge, jouit de l'infaillibilité dans le magistère lorsque, comme Pasteur et Docteur suprême de tous les fidèles auquel il appartient de confirmer les frères dans la foi, il proclame par un acte décisif une doctrine à tenir sur la foi ou les moeurs. La similitude avec le texte de Vatican I est ici frappante.

Or, jamais Jean-Paul II n'a remis en cause la doctrine, le dogme, la foi ou la morale des Pères, des Papes ou de l'Église. Il ne demande pardon que pour des fautes commises au nom de l'Église ou du strict champ du dogme et de la foi, donc en dehors du champ de l'infaillibilité de l'Église ou du Pape. Si Jean-Paul II avait remis en cause la Révélation, le dogme, la foi ou les moeurs, il serait dans l'erreurs, mais rien dans ses propos ne se rattache à ces catégories. Mieux, dans un souci de fraternité et d'Amour, il implore Dieu de pardonner à ceux qui ont violé le dogme, la foi, et la morale. Il ne remet en rien en cause les fondements de la Catholicité.

Par ailleurs, ce que Jean-Paul II conteste, dans son homélie du 12 mars 2000 et en d'autres textes ou déclarations, ce n'est pas le dogme, la foi ou les moeurs tels que définis par la Tradition et la Révélation, mais la seule forme que l'on a pu donner à certaines actions visant à en assurer la mise en oeuvre. Il ne remet pas en cause le fond - bien au contraire - mais certaines des formes... En ramenant à la vérité de la Foi et de la Révélation, à celle du message de l’Église, Jean-Paul II fait “jouer” à plein son infaillibilité, car rappelant les détournements et les violations faites au dogme et à la Foi !

À noter que sont considérés comme anathèmes ceux qui refusent l'infaillibilité du pape et de l'Église sur les questions de Foi et de morale, la non-infaillibilité étant reconnue pour les autres cas. Ne l'oublions pas....

 

 

 

 

Par Serge Bonnefoi - Publié dans : Catholicisme
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