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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 19:53

Le Mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne. Dieu seul peut nous donner la connaissance en se révélant comme Père, Fils et Saint-Esprit [CEC, n. 61]. Les chrétiens vénèrent un seul Dieu, conformément au premier Commandement, un seul Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'Unité, sans confondre les personnes, mais sans diviser la substance. La foi catholique consiste en ceci : vénérer un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité dans l'Unité, sans confondre les personnes, sans diviser la substance : car autre est la personne du Père, autre celle du Fils, autre celle de l'Esprit Saint; mais du Père, du Fils et de l'Esprit-Saint une est la divinité, égale la gloire, coéternelle la majesté [CEC, n. 266].

 

Inséparables dans ce qu'elles sont, les personnes divines sont aussi inséparables dans ce qu'elles font. Mais pour l'unique opération divine chacune manifeste ce qui lui est propre dans la Trinité, surtout dans les missions divines de l'Incarnation du Fils et du don du Saint-Esprit [CEC, n. 267]. Le mystère de la Sainte Trinité peut aussi s'interpréter comme étant la meilleure expression de l'équilibre parfait entre la Foi et la  raison, le Père, le Fils et l'Esprit Saint étant une seule et même personne car le Père engendre le Fils et car l'Esprit Saint procède du Père et du Fils ?

 

« Moi et le Père, nous sommes un » [Jn 10, 30].

 

La Très Sainte Trinité c'est le Père, Créateur et Roi, le Fils, Témoin et Intercesseur, et l'Esprit, Médiateur (mais dans un autre sens de celui de médiateur unique du Christ Jésus) et Défenseur. Dans ce cadre, le Père engendre le Fils de sa substance (il engendre, ne crée pas, fondamental); le Fils seul, engendré et non créé, est né du Père seul (mais aussi de Marie pour son humanité); le Fils s'exprime par l'Esprit; l'Esprit procède du Fils; le Père s'exprime par l'Esprit; enfin, l'Esprit procède du Père. Donc on a : le Père tout entier dans le Fils, le Fils tout entier dans l'Esprit, l'Esprit tout entier dans le Père, le Père tout entier dans l'Esprit, l'Esprit tout entier dans le Fils et le Fils tout entier dans le Père. Mais le Père, le Fils et l'Esprit, tous en étant trois, sont d'une même nature, d'une même essence, d 'une même substance (d'où la nécessité de l'Incarnation d'une femme), d'une seule éternité et d'une seule Divinité, d'où un seul Amour ! Il n’y a donc pas de contradiction entre l’unicité de Dieu et la Trinité, car tout n’est finalement qu’un jeu de miroirs , pas contradiction avec le Tu n’auras d’autre Dieu que moi-même. Jésus est le JE SUIS !

 

« Croyez-moi, je suis dans le Père et le Père est en moi » [Jn 14, 11a]

 

Pour préciser cette idée de jeu de miroirs, il faut tout d’abord chercher à penser Dieu, penser Dieu dans toute sa splendeur. Et, en pensant Dieu, nous nous souvenons que tant l’Islam que le Christianisme admettent qu’il est impossible à l’homme de voir Dieu dans toute sa splendeur, sinon l’homme soit meurt, soit est mort ! L’homme ne peut voir Dieu dans sa totalité sans s’exposer à la perte de son humanité. D’une certaine manière, on peut reprendre ici l’image de l’éclipse de soleil que l’on ne peut voir sans se détruire la vue qu’avec des verres spéciaux. On a donc Dieu sous la personne du PÈRE.

 

La Très Sainte Trinité

ß

Le Père, Créateur et Roi

Le Fils, Témoin et Intercesseur

L'Esprit, Médiateur et Défenseur

ß

Le Père engendre le Fils de sa substance

Le Fils seul, engendré et non créé, est né du Père seul

Le Fils s'exprime par l'Esprit

L'Esprit procède du Fils

Le Père s'exprime par l'Esprit

L'Esprit procède du Père

ß

Le Père tout entier dans le Fils

Le Fils tout entier dans l'Esprit

L'Esprit tout entier dans le Père

Le Père tout entier dans l'Esprit

L'Esprit tout entier dans le Fils

Le Fils tout entier dans le Père

ß

Une seule nature

Une seule essence

Une seule substance

Une seule éternité

Une seule Divinité

ß

Un seul Amour

 

Or, Dieu ne veut pas la mort de l’homme, Dieu ne veut pas le malheur de l’homme. Il se montre donc sous la forme du feu ou de la tempête pour parler à l’homme. Mais, avouons-le, c’est plutôt intimidant ! Il peut aussi s’exprimer par la voix d’un Prophète, tel Isaïe, d’un Ange, d’une colombe, comme au moment du baptême de Jésus. Dans ces cas, Dieu est présent, mais par son Esprit. C’est le Saint Esprit qui parle par la bouche d’un ange, d’un homme ou d’une colombe ! Mais, croît t-on forcément un ange, un homme ou une colombe ? On a donc Dieu sous la personne de l’ESPRIT.

 

Comment Dieu peut-il dès lors parler à l’homme sans mettre en péril l’existence de ce même homme ? Et ce d’autant plus que les homme ne l’avaient pas compris. Il devait leur parler en direct, leur parler dans leur langue, avec leurs gestes, bref parler comme eux, parmi eux et non plus seulement en eux pour qu’ils puissent le comprendre. Il devait donc se montrer à l’homme, et ce pour éviter à l’homme de mourir en sa chair, comme au travers d’un miroir, et ce miroir aura été son fils unique, Jésus Christ, vrai Dieu et vrai Homme, car Dieu lui-même se fondant en notre humanité, vivant comme nous. Et ce que l’on voit dans un miroir, n’est-ce pas la vision de l’original ? Donc, par ce miroir, par ce Fils qui nous est donné, le Verbe s’est fait chair et Dieu nous a parlé. Le miroir et l’image qu’il donne ce sont le Père lui-même, même si nous ne voyons que Jésus Christ qui est ainsi le Père lui-même. On a donc Dieu sous la personne du FILS.

 

C’est finalement si simple la Trinité que l’on peut se demander pourquoi tant de théologiens n’en ont jamais parlé ainsi avant. Mais la Trinité dépasse la théologie pure car il a en fait fallu des heures de contemplation pour que les chrétiens découvrent que Dieu était trois personnes unis en une seul et unique nature, la nature divine qui est Amour pur et absolu. Car Jésus n'a pas dit clairement qu'ils étaient trois “ à être Dieu ensemble ”. Il l'a laissé entendre, notamment quand il a dit que le Père et Lui étaient UN. Qu'en le voyant, on voyait aussi le Père. Quand il a dit qu'il nous enverrait un autre Paraclet : l'Esprit Saint qui nous rappellerait tout ce qu'il a dit et qui nous aidera à comprendre le sens de ses paroles. Pour parler de la Trinité, on ne peut en fait qu'utiliser des images, car on ne peut se représenter la Trinité. Tout ce qu'on peut en dire est bien au-dessous de ce qu'elle est. Ces images ou nos mots, peuvent toutefois nous aider à nous approcher de ce grand mystère de Dieu trois personne en une seule nature.

 

Si l’on a une difficulté à comprendre le mystère de la Trinité, on peut recourir à une autre image simple. Il n’y a qu’à prendre une goutte d'eau, la couper en trois, puis re-mélanger le tout et on a alors à nouveau une seule goutte, et pourtant chacune des trois gouttes était de même nature, etc…, la goutte elle-même… C'est peut-être une image un peu réductrice car Dieu ne peut être coupé en trois, mais elle constitue un premier pas vers la compréhension de la Trinité. En fait, partout où le Père est, le Fils et l'Esprit Saint sont; partout où le Fils est, le Père et l'Esprit Saint sont avec Lui; partout où l'Esprit Saint est, le Père et le Fils sont aussi. C'est pourquoi Jésus a dit que si nous gardons ses commandements, Lui et le Père viendront établir en nous leur demeure (Jn 14, 23) ou encore Qui me voit, voit le Père.

 

Depuis l'incarnation, depuis que le Verbe de Dieu a pris chair, on peut dire que l'humanité est devenu le Corps de Dieu, de la Trinité. L'humanité est devenu le Temple de la Trinité : le Temple du Père, du Fils et du Saint Esprit. 

 

« En lui toute construction s'ajuste et grandit en un temple saint, dans le Seigneur; en lui, vous aussi, vous êtes intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu, dans l'Esprit » (Ep 2, 21).

 

Et Jean nous dit aussi :

 

« Quiconque va plus avant et ne demeure pas dans la doctrine du Christ ne possède pas Dieu. Celui qui demeure dans la doctrine, c'est lui qui possède et le Père et le Fils » (2Jn 1, 9).

 

Nous sommes en fait tous, puisque membres de l'humanité, habités au plus intime de nous-même par la Trinité, par Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Nous sommes la demeure de Dieu. C'est pourquoi Jésus dira que tout ce que l'on fera au plus petit des siens, c'est à lui que nous le ferons. Quand Jean nous parle de l'onction qui demeure en nous, il parle du Saint Esprit qui est la marque de notre appartenance à la Trinité : 

 

« Quant à vous, l'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas besoin qu'on vous enseigne. Mais puisque son onction vous instruit de tout, qu'elle est véridique, non mensongère, comme elle vous a instruits, demeurez en lui » (1Jn 2, 27)

 

Par l'incarnation du Verbe et le don de l'Esprit, l'homme est d’une certaine manière devenu membre de la Trinité par Jésus. En Jésus, Verbe de Vie, Fils Unique de Dieu, l'humanité, toute l'humanité est présente. Nous devenons parcelle de Dieu par participation à la vie de Jésus qui est devenu lui-même participant de notre humanité. On peut donc dire que tout ce qui est à nous est à Jésus et tout ce qui est à Jésus est à nous. Notre vie, notre famille, notre épouse, notre époux, nos enfants sont à Jésus, comme le Père de Jésus est notre Père. L'Esprit de Jésus est notre Esprit et nous pouvons donc vivre de son Esprit. Tout ce que le Fils fait pour son Père depuis toute éternité, nous pouvons maintenant le faire avec Lui. Jésus est Fils Unique de Dieu par nous, avec nous et en nous. Comme nous sommes enfants de Dieu par Jésus, avec Jésus et en Jésus. Ainsi, quand Dieu regarde l'homme, il voit son Fils Unique. C'est son Fils Unique qu'il aime en chacun de nous. Jésus s'est uni à notre humanité pour toujours. Nous sommes le Temple de Dieu !

 

NOTA :

 

Pour préciser l’idée de " jeu de miroirs " dont je parlais tout à l’heure, je pense qu’il faut tout d’abord chercher à penser Dieu, penser Dieu dans toute sa splendeur. Et, en pensant Dieu, nous nous souvenons que tant l’Islam que le Christianisme admettent qu’il est impossible à l’homme de voir Dieu dans toute sa splendeur, sinon l’homme soit meurt, soit est mort ! L’homme ne peut voir Dieu dans sa totalité sans s’exposer à la perte de son humanité. D’une certaine manière, on peut reprendre ici l’image de l’éclipse de soleil que l’on ne peut voir sans se détruire la vue qu’avec des verres spéciaux (sans bien sur tomber dans l’erreur de confondre ici le soleil et Dieu, comme le dénonçât très justement Abraham). On a donc Dieu sous la personne du PÈRE.

 

Or, Dieu ne veut pas la mort de l’homme, Dieu ne veut pas le malheur de l’homme. Il se montre donc sous la forme du feu ou de la tempête pour parler à l’homme. Mais, avouons-le, c’est plutôt intimidant ! Il peut aussi s’exprimer par la voix d’un Prophète, tel Isaïe, d’un Archange, comme Gabriel s’adressant à Muhammad, d’une colombe, comme au moment du baptême de Jésus. Dans ces cas, Dieu est présent, mais par son Esprit. C’est le Saint Esprit qui parle par la bouche d’un ange, d’un homme ou d’une colombe ! Mais, croît t-on forcément un ange, un homme ou une colombe ? On a donc Dieu sous la personne de l’ESPRIT.

 

Comment Dieu peut-il dès lors parler à l’homme sans mettre en péril l’existence de ce même homme ? Et ce d’autant plus que les homme ne l’avaient pas compris. Il devait leur parler en direct, leur parler dans leur langue, avec leurs gestes, bref parler comme eux, parmi eux et non plus seulement en eux pour qu’ils puissent le comprendre. Il devait donc se montrer à l’homme, et ce pour éviter à l’homme de mourir en sa chair, comme au travers d’un miroir, et ce miroir aura été son fils unique, Jésus Christ, vrai Dieu et vrai Homme, car Dieu lui-même se fondant en notre humanité, vivant comme nous. Et ce que l’on voit dans un miroir, n’est-ce pas la vision de l’original ? Donc, par ce miroir, par ce Fils qui nous est donné, le Verbe s’est fait chair et Dieu nous a parlé. Le miroir et l’image qu’il donne ce sont le Père lui-même, même si nous ne voyons que Jésus Christ qui est ainsi le Père lui-même. On a donc Dieu sous la personne du FILS.

 

C’est finalement si simple la Trinité que l’on peut se demander pourquoi tant de théologiens n’en ont jamais parlé ainsi avant. D'où des incompréhensions mutuelles, car il n’y a dès lors, avec les images de la goutte d’eau ou du jeu de miroirs, aucune contradiction entre le Dieu unique des musulmans et le Dieu un et trine des chrétiens ! Les divergences réelles sont ailleurs, dans l’organisation politique de la cité qui, pour le chrétien, ne connaît une intervention du divin que par l’interférence du spirituel dans le temporel (le " Rendez à César "), alors que, pour le musulman, le spirituel domine le temporel en son absolu.  C’est plus le dâr al-Islâm que le kalâm qui nous sépare !

 

Enfin, le Coran a totalement raison lorsqu’il condamne l’erreur trinitaire lorsqu’elle est conçue au travers des trilogies : Dieu-Jésus-Marie ou Dieu-Jésus-Iblis. Nous sommes là en totale harmonie.

 

Juste une précision. Il faut bien lire l’ensemble de ce qui précède, car la lecture isolée et rapide de sa deuxième partie pourrait laisser penser à une reprise partielle de l'hérésie du sabellianisme selon laquelle les personnes divines ne sont que des aspects de Dieu. Comprenons-nous bien, il n'en est rien !

 

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Published by Serge Bonnefoi - dans Théologie
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