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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 09:36

Suite de :  Libres réflexions sur la crise actuelle (suite 1)  

Maintenant, comme j’ai évoqué la croissance, quelques mots à son propos… Comme je l’ai déjà écrit, on a voulu nous faire croire que la société était aujourd’hui passée dans une phase post industrielle, au sens théorique[1] de croissance auto-entretenue et d’évolution vers une société plus technologique et scientifique que purement industrielle ou tertiaire. Or, rien n’est plus faut dans la réalité ! La crise de confiance actuelle et le blocage dans le raisonnement de nos décideurs – bloqués sur des modèles et des théories qui ne fonctionnent que dans des idéaux eux aussi théoriques – vient donc du fait que tout le monde reste enfermé dans des mythes – tel celui de la croissance – et dans des modèles théoriques abstraits et inertes, alors que la société est vivante, est aujourd’hui multidirectionnelle et dynamique, se transformant sans cesse, mais selon des axes différents de ceux prévus – et néanmoins enseignés dans les Grandes écoles, soit dit en passant –.

 

La croissance économique n’est qu’un agrégat… Elle est devenu un mythe qui ne tient compte ni des limites matérielles de la dite croissance, ni du niveau optimal de développement et de bien-être, ni des différences de situations entre les diverses économies.

 

Et la belote le démontre très bien ! Prenons l’exemple de la partie suivante :

 

Joueur A

Joueur B

Croissance de A

Croissance de B

Cr. A/Cr. B

A/B

Ecart vrai

  228

    0

+

0

-

+

+ 228

  288

  81

+ 26,31

+

+

3,55

+ 207

  404

124

+ 40,27

= 53,08

+   31,81

3,25

+ 280

  520

148

+ 28,71

+ 19,35

-   32,60

3,51

+ 372

  612

184

+ 17,69

+ 24,32

+   37,47

3,32

+ 428

  684

294

+ 11,76

+ 59,78

+ 408,33

2,32

+ 390

  767

339

+ 12,13

+ 15,30

+   26,13

2,26

+ 428

  860

387

+ 12,12

+ 14,15

+   16,75

2,22

+ 473

  964

441

+ 12,09

+ 13,95

+   15,38

2,18

+ 523

1032

485

+   7,05

+ 25,17

+ 257,02

2,12

+ 547

 

Victoire écrasante de A, alors même que sa croissance est inférieure à celle de B pendant l’essentiel de la partie (huit fois sur dix), et notamment sur les six derniers coups… Or, traduits en termes économiques, le PIB de A s’est écroulé, B est plus dynamique ; A a connu des crises de stagnation, voire de récession sur ses quatre derniers coups, alors que B n’a eu que quelques crises de croissance liées à la stabilisation de son développement ! Et pourtant, les résultats sont là ! La croissance se ralentit toujours à partir d’un certain niveau, alors que les écarts vis-à-vis de ceux que l’on appelait autrefois des sous-développés ne sont en fait qu’une forme de partage des richesses, ou plus exactement de rattrapage de retards structurels initiaux ! Rien d’autre !

 

La simulation à partir des taux de croissance moyens des six derniers coups[2] fait que vingt-huit coups sont nécessaires pour une inversion, vingt-et-un pour un recul réel, sans qu’une seule réaction n’existe de la part de A, et sans une seule récession chez B, ce qui est impossible !  Et pendant ce temps, le plafond optimal a été atteint plus de onze fois ! On n’est plus dans le surdéveloppement, mais dans l’hyper-développement, avec emballage du système ! Le surdéveloppement, une croissance trop forte peut in fine devenir un handicap, n’être plus que handicap !

 

De plus, cette dernière modélisation post-premier seul optimal, bref « post-10 coups » ne prend en compte aucun modérateur ou régulateur subjectif, alors même qu’il existe des optima individuels de consommation, de satisfaction, de saturation, de consentement à payer, etc… Elle est en fait contraire aux lois mêmes du marché et ne peut fonctionner dans un système libéral. Seule une logique inhumaine et mécanisme d’économie marxiste et dirigée peut intégrer un tel schéma ! Mais elle se heutera à un moment ou à un autre à une réaction de l’individu, bien plus forte que celle des quelques indignés ou réactifs par émotion de l’instant face à une mesure apparaissant a priori contraire aux seuls intérêts individuels, alors qu’un Etat doit veiller à la fois à l’individu et à la société…

 

Alors, que nos dirigeants jouent un peu plus à la belote plutôt qu’au poker de la finance déterritorialisée et dématérialisée ! D’ailleurs, le vrai poker se joue face à face, pas comme aujourd’hui chacun regardant le seul « banquier » ou encore sur Internet ! Le poker actuel donne une bonne image de la société…

 

Il ne faut donc pas s’obséder sur la croissance de la Chine ou de quelques pays en développement, sur la croissance des BRICA… Certes, le taux de croissance de la Chine est d’environ sur les dernières années de  plus de cinq fois supérieur au notre, mais il faut savoir que ce pays, avec une population plus de vingt fois supérieure à celle de la France, avec plus de 20 millions de prisonniers politiques servant d’ouvriers-esclaves, n’en est encore – malgré sa place de première puissance industrielle mondiale – qu’à trois fois la puissance industrielle potentielle de la France, ce qui signifie, en valeur corrigée, que son taux de croissance réel est en fait inférieur au notre ! Ne l’oublions pas !

 

Sans développer outre mesure, ceci peut nous conduire à envisager diverses mesures quant aux agrégats, bref quant à ces grandeurs caractéristiques de l’activité économique et seulement économique d’une société donnée, obtenues par sommation d’opérations élémentaires effectuées par les divers acteurs de l’économie, et d’elle seule. On nous en fait la panacée, alors qu’il ne s’agit que d’instruments de comptabilité nationale, de rien d’autre ! Il y manque donc ce qui est pourtant fondamental, bref l’humain, tout ce qui n’est pas monétarisable, comme le bien-être, l’environnement, la culture, la beauté, etc… ! Mais nous n’aborderons pas ici les agrégats….

 

Il faut donc en premier lieu cesser de voir dans le PIB la clé de toute politique économique, de toute politique de croissance. Il ne faut certes pas aller jusqu’à établir un indice de bonheur national comme cela se fait au Bhoutan, car un tel indice ne peut être que subjectif, donc aussi hasardeux que le PIB qui n’est lui que matériel ! Mais il serait peut-être temps, en tenant compte à la fois des différentiels de développement initial entre Etats et des lois de la statistique[3], mettre en avant  l’Indice de développement humain [IDH] défini par le Programme des Nations unies pour le développement [PNUD].  L’IDH pourrait très bien devenir le critère de base de mise en évidence de la croissance d’une société, mais à la condition de ne pas en modifier la définition, comme c’est trop fréquemment le cas.  Et ceci ne serait ni trop difficile, ni trop détaché de l’économie, … puisque le PIB fait partie intégrante de son mode de calcul !

 

Arrivé à un certain niveau, le développement ne peut et ne doit plus se calculer en termes uniquement économiques et monétaires ! Certes une phase de transition serait nécessaire, phase incluant un gel des prix afin d’éviter les spéculations liées aux variations des cours de change, mais ceci est tout à fait possible, et permettrait à la fois de mieux mettre en évidence la réalité sociale de la France, et de garantir une certaine stabilité du pouvoir d’achat… De même, la formule de l’IDH devrait être affinée, sa prise en compte actuelle du PIB faisant qu’un dollar de plus aux Etats-Unis donne plus de développement humain qu’un dollar  de plus dans un Pays non avancé [PNA].

 

Avec l’IDH, beaucoup de mythologies qui font peur disparaîtraient ; or la peur est au cœur, à la base de toute la crise actuelle ! Voilà ce qu’il indique comme réalité pour l’homme et pour les Etats… La Norvège est le pays le plus développé au monde, devant l’Australie et l’Islande[4]… Or, la seule prise en compte du PIB a permis de démolir artificiellement cet Etat dont la culture sociale lui a cependant permis de se relever rapidement ! L’Islande reste ainsi le deuxième pays au monde pour la classement 2011 des Etats où il fait bon vivre ! A noter que l’Islande s’est prononcée deux fois par référendum contre les mesures d’austérité que les banques et divers organismes internationaux voulaient lui infliger….

 

Pour sa part, la France est huitième mondiale, je Japon dixième, les Etats-Unis treizième, alors que l’Allemagne n’est que vingt-deuxième… Quant à la Chine, elle se situe en … quatre-vingt-douzième position ! Est-il donc anormal qu’un Etat dans sa situation, que ces Etats fassent plus de croissance que nous, vu qu’ils sont dans la réalité en retard sur nous ! Certes, c’est difficile à vendre, notamment avec la culture de l’opposition française et la culture bancaire ; ceci est difficile à faire passer dans la cervelle des politiques, des financiers, des économistes et des syndicats, mais c’est cela la réalité humaine et non pas seulement la finance… Et dire que les Socialistes français ont rêvé de mettre à la tête de notre pays l’homme qui ne pensait qu’en ces termes, celui qui dirigeait le FMI, bref cette organisation destructrice, néo-colonialiste, qui écrase à son gré les Etats, qu’on qu’en pensait une presse béate !

 

Un exemple des incohérences du PIB et des ratings au regard de la réalité

 

Moody’s nous annonce que l’Indonésie devrait passer au niveau A (au lieu de BB, niveau que Standard & Poor’s maintenait), bref à 15 sur 20 et tout le monde crie au génie, alors que l’on « se fait dessus » avec le AAA français et le AA+ des Etats-Unis. Il fait l’objet de recommandations sur les marchés et bénéficie de prêts à des taux très bas.

 

C’est vrai, cet Etat a du pétrole, alors que sa croissance de 7 % en moyenne depuis 1998 ne provient en fait que son très faible niveau de développement, étant 117ème au classement IDH 2008 publié en 2010, perdant d’ailleurs huit places par rapport au classement 2005 publié en 2007… l’Indonésie est de même 108ème Etat mondial si l’on se fie à l’IDH ajusté aux inégalités, tel que présenté par le PNUD en 2010…

 

Et que dire de son PIB par habitant ? Certes, cet Etat a connu entre 2009 et 2010 un taux de croissance de son PIB de … 28,9 % ; mais, outre l’oubli de la crise qu’il avait connu, il faut savoir que cela lui fait un PIB par habitant de … 4.300 $ contre 33.100 $ par habitant dans le cas de la France, soit 7 fois moins que notre pays… Donc, même si ce pays est classé 18ème du monde en 2010 pour son PIB avec … 695 milliards de dollars (soit plus de quatre fois moins que la France[5]), on voit que son extrême état de pauvreté justifie cette croissance, mais ne lui permet en aucun cas de faire face à une crise économique ou financière équivalente à celle connue en 1997/1998… Sans autre commentaire…

 

A défaut, il faudrait a minima modifier la définition du PIB, car elle ne correspond plus aux réalités de la construction européenne qui a notamment supprimé en interne la plupart des droits de douane et taxe d’effets équivalents, ni même de l’Organisation mondiale du commerce [OMC] qui tend à faire la même chose. De même, il ne tient pas compte des réalités monétaires, et notamment de la persistance chinoise à sous-évaluer le Yuan, ce qui fausse tous les calculs ! Il faut donc, a minima, à la fois tenir compte de la valeur réelle des monnaies, ce qui impose des règles d’harmonisation, mais aussi de calculer un PIB unique pour tous les Etats membres de la zone euro, … et également le diffuser en total par habitant et pas seulement en masse globale. C’est à cette seule condition que l’on pourra, avec la présentation conjointe et systématique de l’IDH, démontrer la réalité d’une croissance humaine et non plus seulement monétaro-économique !

 

Deux difficultés majeures !

 

La TVA[6] et le PIB[7] sont les deux bases les plus importantes choisies pour calculer le montant des cotisations nationales à l’Union européenne[8].

 

Le PIB est l’agrégat choisi comme référence en matière monétaire dans le cadre des critères dits de Maastricht.

 

Donc, toute action sur la TVA ou sur le PIB aura un effet direct sur les actions et le budget communautaires !

 

On pourrait également, mais à plus long terme, créer un PIB vert, mais sur des bases différentes des projets actuels… ce PIB vert devrait ainsi tenir compte des efforts de réduction des émissions et des pollutions des Etats, alors que ces mêmes efforts sont aujourd’hui des handicaps dans le calcul des PIB nationaux !

 

Aujourd’hui, la croissance vue sous le seul angle économique est devenue un dragon destructeur, d’autant plus lorsque la spéculation sur les monnaies reste autorisée ! Il faut donc en finir avec ce mythe qui est devenu un dragon, et donc modifier les approches comparatives en matière de croissance afin de montrer la réalité des choses, des sociétés et des entreprises. Bref, il faut en revenir à l’homme en cessant de penser uniquement en agrégats… Et surtout, il faut bien comprendre que des scores ne sont comparables que lorsque chacun joue au même jeu avec les mêmes règles, et de plus à un niveau équivalent !

 

Pour faire simple

 

Une équipe de football de Division d’Honneur peut être invaincue dans son championnat. Mais elle se fera pulvériser dans un championnat de Ligue 1, alors même que ses chiffres seraient bien meilleurs en DH que ceux du leader de la dite Ligue 1 ! De même, au rugby, l’arbitrage vidéo existe en Pro A et en Pro B, mais pas dans les championnats amateurs !

 

Les mêmes principes doivent valoir en économie !

 

On constate les effets dévastateurs sur les résultats des équipes françaises de football, de basket-ball, etc… de l’existence dans notre pays de DNCG ! Le Real Madrid peut se payer de meilleurs joueurs puisqu’il peut avoir une dette abyssale et payer des impôts et charges sociales quasiment symboliques ! L’OM ne le peut pas ! Ici, on ne joue pas le même jeu, au même niveau, avec des règles identiques, d’où ces effets pervers !

 

Maintenant, et si on en reste au PIB, il faut au moins tenir compte dans sa formulation de l’impact-handicap mathématique des mesures santé, environnement, mais aussi ONU et Défense ! Ainsi, le PIB de la France est handicapé vis-à-vis de celui de la Chine par les obligations que nous nous sommes données en matière de limitation des rejets dans l’atmosphère[9] ou encore en matière de lutte contre le tabagisme, la taxation de la consommation de tabac représentant par exemple environ 10 % de l’ensemble des recettes fiscales chinoises, ce qui est colossal, et montre bien que la Chine fiscalise bien moins l’industrie que nous !

 

Et je ne parle même pas des coûts induits par nos obligations de membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, par le coût de nos dépenses de défense militaire, etc…, charges que nous assumons finalement aussi pour nos partenaires européens qui ne se trouvent pas soumis à ces impératifs… Il faudrait y penser, car l’actuelle politique européen de sécurité et de défense ne doit pas se faire au bénéfice de certains (qui se veulent juges, comme les Slovaques) et au détriment d’autres, dont la France à titre principal, France dont l’arme nucléaire qui couvre dans sa doctrine la sécurité de nos partenaires est totalement indépendante, à la différence de celle des Britanniques qui sont soumis à une co-décision étasunienne ! Cette sécurité collective, que nous sommes seuls à supporter, a un coût que nous assumons seul ! Rappelons le !

 

 

 

 

En conclusion, je dirai que Sarkozy, sans être redevenu celui de 2007, est à nouveau virulent. Changements dans son entourage ? Soutien de l’Allemagne ? Toujours est-il qu’il ose, qu’il est un gros malin... Il a augmenté la dette publique en pourcentage du PIB d'environ 10 %, mais d'une manière telle qu'en cas de crise réelle, d'autres que le contribuable devront payer ... dans les 25 %, et pas des français ! On dirait un de ces champions de dames qui éparpillent les pions sur le damier, qui semblent jouer incohérent, mais qui d'un coup te bouffent 7 à 8 pions... Osé, mais face aux enjeux actuels, il fallait des couilles. Simone Veil disait en 1979 que la politique française en manquait, là, c'est plus le cas... Je lui tire mon chapeau... D'où la colère des analystes financiers qui sentent qu'ils se sont un peu fait « baiser » et tentent de réduire les pertes qu'ils risquent d'induire aux autres si Sarko jette certaines valeurs sur le marché, jouant aussi sur la menace de la baisse du AAA... Très malin, même si le processus est très difficile à résumer... En fait, il fait du tous azimuts parce que la situation l'impose... Bref, et je vais me répéter, il applique à cette « guerre » financière les principes gaullistes en matière de Défense nationale...

 

 

La situation actuelle donne l’impression suivante : nous vivons XIII en regardant projeter Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Et ce d’autant plus que trois personnalités de la banque Goldman Sachs, dont celle directement impliquée dans le déclenchement de la crise grecque se retrouvent aujourd’hui directeur de la BCE, Premier ministre italien et Premier ministre … grec ! C’est à ne plus rien comprendre !     

 

La finance contemporaine est le royaume de la « petite semaine », du gain rapiat immédiat, en aucun cas de la logique et de la raison, encore moins de la réalité économique et sociale ! Edith Cresson avait d’une certaine manière raison en affirmant : La Bourse ? Rien à cirer ! Les financiers contemporains sont des décervelés asservis à des logiciels, même plus des petits boutiquiers ! On pourrait même dans l’absolu se passer de ces traders surpayés, comme on a pu, en mettant en place la force française de dissuasion se passer de la bombe atomique américaine !

 

Tout ceci n’est finalement que la démonstration du fait que la plupart des principes catholiques sont violés par des marchés financiers qui ignorent totalement l’homme, voient finalement l’homme, tout comme d’ailleurs le territoire – car il n’est de territoire que d’hommes -, comme un handicap, bien plus, l’élimine de la décision et du « calcul » au profit de machines ! Nous ne sommes plus, contrairement à ce que l’on affirme, dans le système capitaliste, car, dans le cadre de ce dernier, et comme l’affirme Von Mises, un chômeur de plus est un consommateur de moins !

 

Mais il est vrai que certains rêvent de voir la machine remplacer Dieu… Existent ainsi les  quatre scénarios imaginés pour l’évolution de la société Google… Et comme l’a écrit Jean-Claude Heudin en 2008 : « Dans le quatrième et dernier scénario, en 2105, Google se métamorphoserait en Dieu après avoir sauvegardé et mis en réseau la totalité de la conscience humaine. » En 2005, l’un des ingénieurs clé du GooglePlex n’affirmait-il pas : « Nous ne scannons pas tous ces livres pour qu’ils soient lus par des gens. Nous les scannons pour qu’ils soient lu par une intelligence artificielle. »… Faut-il en dire plus ? D’où peut-être le rapprochement de Sarkozy d’avec Benoît XVI, la relance de l’esprit d’Assise ?

 

Alors, cette crise fera t-elle réfléchir ? Les crises de 1825, 1830, 1836, 1847, 1857, 1866, 1873, 1882, 1890, 1907, 1920, 1929, etc… etc… etc… pour en rester à des crises ayant touché directement l’Europe n’ont jamais vraiment fait changer les mentalités… Pire, depuis trente ans, les mathématiques et l’informatique prennent le pas sur l’homme, alors que les grands capitalistes engageant leur propre argent sont de moins en moins nombreux…

 

Maintenant, il est louable que les crises de 2008 et d’aujourd’hui semblent avoir fat prendre conscience à certains dirigeants de la nécessité d’enfin réguler avec vigueur, mais ce sera difficile, vues la volatilité et la dispersion des capitaux, et plus encore le positionnement de certains Etats comme les BRICA ou encore l’Uruguay… D’où les louables volonté de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel, même si Sarkozy, plus pragmatique, souhaite aller plus vite afin de limiter les dégâts…

 

La situation de Sarkozy n’est pas facile ! Non seulement il doit gérer la crise actuelle – ce qui le contraint à ne pas tenir tout son Projet présidentiel -, mais il doit de plus assumer les conneries de ses prédécesseurs, non seulement celles d’après 1981, non seulement celles depuis 1976, mais aussi celles depuis 1973, bref depuis que Pompidou est tombé malade… Sarkozy doit rattraper 38 années d’erreurs et d’errements, et cela ne se fait pas en un jour, même pas en cinq ans !

 

De plus, même si – cela s’est lu – je ne l’aime pas comme homme et comme politique, la mise à l’écart de DSK suite à son affaire new-yorkaise élimine du « jeu » une personnalité compétente qui avait eu une action assez sensée à la tête du FMI, mieux, qui avait su réduire tant la dette que le déficit publics de la France lorsqu’il fut à la tête du Ministère des Finances… Je ne remets pas en cause Christine Lagarde, mais elle a dû se laisser imposer une équipe qui n’était pas forcément la bonne… Néanmoins, elle a eu l’intelligence de chercher malgré tout à s’appuyer sur l’équipe de DSK, et elle a ainsi pu mettre en place vers le 20 novembre de cette année deux lignes de crédit pour résorber la crise italienne, l’Italie étant jugée tout à fait viable par le FMI…

 

Toujours est-il qu’une nouvelle conception de l’homme surgit, y compris chez Nicolas Sarkozy qui revient à ses premières réflexions de son livre Libre, après s’en être éloigné malheureusement pendant un peu plus de deux ans… Cette nouvelle conception émerge aussi aux Etats-Unis, notamment chez Obama qui écoute Sarkozy… Elle émerge même chez certains patrons, alors que d’autres se rigidifie et penchent pour le laxisme de Hollande ! Donc, Oui, il y a de l’espoir, mais à la condition d’une action conjointe internationale des grands Etats de la planète, du G20, même si les Britanniques s’opposent… ! Oui, il y a de l’espoir, mais ce sera dur, très dur de réimposer –pas au sens fiscal – l’humain ! Revenons à la simplicité des préceptes bibliques ! Et nous pouvons même nous trouver une communauté de pensée et d’action avec les principes financiers  de l’Islam ou encore du Bouddhisme… Il y a de l’espoir, mais à la condition de se bouger… Manque de chance, les élections sont dans six mois, et Sarkozy ne peut pas promettre la lune ; seulement du réalisme… C’est là le gros os !!!

 



[1] Le drame actuel est que le monde vit maintenant dans les mathématiques, donc dans des modèles théorisés qui excluent tout ce qui ne correspond pas strictement à la « matrice » utilisée (cf. l’influence de Bruno Latour sur ce point, puisqu’il enseigne aux Mines Paris ou encore à la London School of Economics, alors qu’il est un théoricien « Vert », aux théories quasiment nazies (mais les nazis ont été les premiers grands défenseurs de la nature divinisée, on l’oublie trop souvent) puisqu’excluant  et invitant à détruire tout ce qui ne rentre pas dans le cadre prédéfini on ne sait pas trop par qui de la nature ! Est-il normal que des X ou encore des Mines donnent priorité à la finance ? Comment se fait-il que les traders soient avant tout des mathématiciens ?

[2] A : 12,14 % ; B : 15,27 %.

[3] … qui devraient d’ailleurs plus se fonder sur le calcul logarithmique qu’arithmétique soit dit en passant…

[4] Données 2009, bref les dernières consolidées et vérifiables disponibles.

[5] 2.555 milliards de dollars en 2010 d’après les dernières données du FMI.

[6] La cotisation TVA représente environ 17 % des ressources de l’Union européenne.

[7] En fait, le RNB, c’est-à-dire le revenu national brut… Il se compose du PIB, auquel on ajoute le solde des flux de revenus primaires avec le reste du monde, et est en fait très proche du PIB dont il dépend directement. Cette ressource représente environ 65 % du budget de l’Union européenne.

[8] A noter que la création d’une TVA sociale, outre le fait qu’elle devrait faire l’objet d’un accord en Conseil des ministres de l’Union européenne, aurait donc pour effet inévitable et immédiat d’augmenter la participation française au budget de l’Union européenne…

[9] … qui sont autant de handicaps industriels et monétaires…

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Published by Serge Bonnefoi - dans Politique
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