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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 09:39

      Suite de : http://serge-bs.over-blog.com/article-libres-reflexions-sur-la-crise-actuelle-81189656.html

 

Souvenons-nous maintenant de cette lettre du Conseil des directeurs de la Compagnie des Indes à Dupleix, au milieu du XVIII° siècle, lettre qui aboutira finalement à la perte de tous les avantages français en Inde. Elle n’est pas anecdotique et même très actuelle avec son « Point de conquêtes, beaucoup de marchandises et quelques augmentations de dividendes. » Les financiers sont toujours aussi cons ! Les financiers sont toujours aussi à courte vue, toujours au gain immédiat, à très court terme, sans voir l’avenir, sans grands desseins, alors qu’ils usent de ces mots d’avenir, de dessein en permanence pour accuser les autres, pour accuser les politiques, alors que ce sont eux qui mettent des bâtons dans les roues des politiques ! Est-on bien loin de la bande dessinée XIII ? Les boursicoteurs sont pires que des taureaux dans l’arène en fonçant tête baissée dans le moindre chausse-trappe médiatique ou médiatisé, en fonction de la moindre rumeur ! Et là, les Socialistes ont encore une responsabilité en ayant démantelé le grand capitalisme familial, en ouvrant trop les bourses, privant les entreprises clés de notre économie de bases stables ! Aller là contre, c’était le sens de la volonté de bouclier fiscal de Sarkozy, … mais il était déjà trop tard, les investisseurs devenant des spéculateurs, le capital étant trop éparpillé… Est-ce aussi pour cette raison que l’on cherche à faire exploser en vol la structure du capital d’une société majeure telle que L’Oréal ? Rares sont aujourd’hui les entrepreneurs qui osent leur argent comme le fit par exemple la Chambre de Commerce de Marseille au début du siècle dernier en créant le port pétrolier de Lavéra contre tous les avis d’experts, cette Chambre prévoyant le boum pétrolier, et ses membres payant de leur poche ! Ceci n’est plus possible, d’autant plus depuis 1982, … qui en brisant le capitalisme familial a aussi fait perdre beaucoup d’argent – qui manque aujourd’hui – à des petits épargnants (on l’oublie trop souvent) et ce au profit de structures non françaises ! Il est vrai que l’internationalisme est le fonds de commerce et de pensée du socialisme, même « social-démocratisé » !

 

Et pour peu que, comme semble le démontrer beaucoup de rapports judiciaires, que les capitaux de contempteurs de Khadafi, de Hassad, de certains extrémistes religieux s’en soient mêlé, ainsi que ceux des Yakuza, de la Camorra, des Zétas, etc…  D’où la décision d’Obama précitée, d’où la décision à la mi-août, juste après la rupture des cours, de bloquer les comptes de la banque syrienne de Hassad…

 

Que dire encore de Sarkozy ? Est-il « con comme un balai » ou génial ? Il peut apparaître « con comme un balai » lorsque, le 10 août dernier, alors que tout le monde attendait une déclaration importante apportant des solutions réelles, il sembla oublier qu’il y avait urgence pour dire : « On va préparer un projet de budget… On verra le 24 pour des mesures… » et annoncer dans la foulée qu’il repartait en vacances ! Inconscience ou connerie congénitale ? ou erreur de communication, manque de soutien des fonctionnaires de Bercy ? Dans tous les cas, inconséquence totale ! Dans ce cas précis, si vous allez à Paris, prière de porter un casque anti-bruit en passant devant l’Elysée et Bercy, le décompte des cons ayant lieu ! Maintenant, si ce fut un coup de génie visant à faire gagner du temps au temps, la communication aura été plus que moyenne, … même si pour les Français la mi-août n’était pas une mauvaise date pour ce genre de « ralentissement »… Bref, con ou génial, tout est dans le positionnement politique, dès lors que nul ne sait ce qui s’est réellement passé ce jour là !  Evitons donc tout jugement trop brutal !

 

On peut néanmoins déplorer pour le moins l’impression donnée que Sarkozy prenait le temps de l’analyse… Il avait eu le temps de réfléchir depuis plusieurs mois, même si la crise dite Grèce ter était passée par là… De Gaulle avait toujours deux ou trois projets tous prêts en cas d’urgence, quitte à les modifier quelques jours plus tard, mais, dans tous les cas, il donnait une image de réactivité qui ici, paradoxalement, a manqué à Sarkozy… Ses « conseillers » ont-ils cru lui donner ainsi une image de pondération ? Si oui, ce fut une belle connerie ! Sont-ce les mêmes conseillers qui avaient suggéré à Chirac de dissoudre l’Assemblée Nationale ? Ce qui manque à Sarkozy, ce sont deux choses : - un « bouffon du Roi » qui puisse lui dire tout en face, même le blessant ; - une « équipe spéciale » d’intellectuels qui prépare à l’avance des plans, même si ces plans ne sont là que pour quelques jours, que pour faire gagner du temps, ne serait-ce que celui de retarder les médias dans l’analyse par des documents énormes ! La procédure évoquée dans la bande dessinée Les Fonctionnaires pour bloquer les actions du syndicaliste en lui donnant un projet de réforme de plusieurs dizaines de centimètres, permettant ainsi à la vraie réforme de passer pendant qu’il lit et cherche ce qui lui déplaît n’est peut-être pas aussi idiote qu’il y paraît !

 

L’impression désastreuse donnée aura été que l’on voit un obstacle, qu’on le voit de loin, et que l’on se dit alors « Tiens ! Il faudrait agir ! » alors que l’on a commencé à sauter ! Il faut dire qu’il y a quelques abrutis de première dans l’entourage de Sarkozy, quelques très peoples très friqués ne connaissant rien à la réalité, quelques « lèche cul » n’ayant rien compris à Sarkozy, alors que de vieux militants bossaient sur de tels projets de réserve sous Chirac ; mais ils ont été foutu à la poubelle, alors que Chirac faisait – reconnaissons-lui cela – comme De Gaulle en préparant des variantes, peut-être parce qu’il fut Officier sur le terrain et connaissait la Méthode de raisonnement tactique, … comme le Général De Gaulle ! Gouverner c’est prévoir était la formule préférée du Général ! Alors, pourquoi pas un grand coup de balai dans certains cabinets et  le remplacement de ces caciques par des jeunes militants UMP doctorants, encore enthousiastes, pour des stages type « Maison Blanche » de quelques mois, encadrés par quelques vrais Hauts fonctionnaires ayant le sens de l’Etat et quelques vieux militants ?

 

L’impression donnée aura été de vivre au jour le jour, même si finalement il faut une adaptation au jour le jour cohabitant avec du long terme… Bref, il faut combiner, comme en matière militaire, la stratégie et la tactique, sans oublier cette dimension nouvelle comprise par les Armées qui est l’opératique !  Là, on donne l’impression de vivre uniquement avec ses amis du Fouquet’s, dont beaucoup on trahi Sarkozy, et ce parce que les « grands communicateurs » élyséens ont oublié de dire que le Fouquet’s, c’était alors qu’il n’était pas encore Président de la République, alors qu’il lui fallait impérativement se reposer entre une campagne dure et un mandat encore plus dur ! Pourquoi, bordel (excusez-moi pour le mot), ne pas avoir désamorcé dès le départ et laissé s’installer un mythe qui a nuit  à Sarkozy tout au long de son quinquennat ? L’impression donnée aura été tout au long du quinquennat de vivre dans un rêve permanent – d’ailleurs, sauf pour les Socialistes semble t-il le rêve est pourtant un besoin impératif de l’homme -, d’être déconnecté des réalités du peuple dont « on » semble se foutre du tiers comme du quart – alors que Sarkozy en sort un peu plus que les Hollande, Royal et autres Aubry - ! Ce fut l’image donnée, même si on a réussi, par le travail des élus de base et non pas des caciques, par celui du Président lui-même sur la scène internationale où il a fait retrouver à la France une partie de son image perdue ces dernières années, et d’ailleurs on constate une lente mais réelle remontée dans les sondages ! Dans tous les cas, en continuant son volontarisme international, que Sarkozy revienne à ses idées et à son volontarisme de la campagne de 2007 et de ses deux premières années que quinquennat, et ce même s’il peut honnêtement être désabusé de ne pas avoir été compris par ceux là même qui se disent sarkozistes, qui se veulent plus sarkozistes que Sarkozy lui-même !

 

L’Etat – que l’on dénie par ailleurs, sauf comme vache à lait chez beaucoup d’opposants à Sarkozy – ayant été considéré comme le seul preneur de risques dans tous les domaines, on en est là ! Mais c’est la société qui veut cela ! Plus personne ne veut prendre de risques, alors même que comme le disait la philosophe Simone Weil, « le risque est un besoin existentiel de l’âme. » Donc l’Etat se doit de faire quelque chose, ou alors on se retrouve dans la situation italienne des années 50 à 75 où des compétences avaient été retirées à l’Etat, confiées à des collectivités régionales ou provinciales n’existant que dans les textes, laissant ainsi la place aux associations de type mafieux et aux industriels peu scrupuleux !

 

Les contraintes internationales ne sont donc pas toujours responsables, tout comme d’ailleurs Bruxelles n’est pas toujours responsable ! Il est des contraintes que nous nous créons nous-mêmes, et ce sont les plus difficiles à surmonter, car cela impose de reconnaître que l’on ai pu se tromper ! Souvenons-nous, puisque l’on évoque Bruxelles que les mesures clés sont toujours prises à l’unanimité des Etats, … donc responsabilité des politiques, la Commission ne pouvant prendre que des mesures d’exécution… Mais d’où aussi la volonté de Nicolas Sarkozy de revoir les Traités, de faire partager l’initiative entre la Commission et les Etats, de chercher à surmonter les obstacles de politiques qui ne peuvent par nature n’être que de compromis…, alors même que certains Etats – en fait, d’un côté le Royaume-Uni et la Suède, d’un autre ceux qui ne font pas partie de l’Eurogroup, et d’un troisième certains Etats de l’est qui se veulent toujours plus exigeants en oubliant ce que les « historiques de l’Europe » ont fait pour eux et refusant toute solidarité – ne jouent pas le jeu…

 

Notons aussi que les Etats les plus endettés – hormis l’Allemagne et la France qui se sont endettés pour que les autres « ne crèvent pas » -, que les Etats les plus en crise sont en fait ceux qui ont appliqué et appliquent le moins les textes communautaires, ce que l’on oublie trop souvent de dire ! Et ce n’est pas la question de la TVA ou des prélèvements qui est en cause : voyez l’exemple de l’Espagne !

 

Quelques rappels « de mémoire » à faire

 

La France doit rappeler discrètement à l’Allemagne lorsqu’elle se fait tirer l’oreille que si cette dernière est si riche c’est parce que la France a garanti l’aberrante décision du Chancelier Kohl d’établir une parité 1 Deutsche Mark = 1 Ost Mark, alors que la parité réelle était de 1 DM contre 100 ÖM !

 

La France doit rappeler à l’Allemagne que si son industrie a pu se maintenir, c’est parce qu’il existait annexé au Traité instituant la Communauté économique européenne le Protocole du 25 mars 1957 – en vigueur jusqu’à la réunification – qui faisait que le commerce intra-allemand était considéré comme intérieur à la République Fédérale, ce qui lui permettait de vendre comme ouest-allemand en fait des produits est-allemand juste assemblés à l’Ouest !

 

La France doit rappeler à la Suède, au Danemark et au Royaume-Uni qu’elle paye pour eux une partie significative de leurs « cotisations » à l’Union européenne, nos dirigeants antérieurs ayant trouvé cela normal, alors que c’était débile au superlatif ! Lorsque l’on pratique un jeu, il est normal que tous jouent selon les mêmes règles ! Or, ce n’est pas le cas du Danemark et du Royaume-Uni[1] qui participent néanmoins à l’élaboration de la politique économique et sociale de l’Union, et surtout qui se permettent de nous juger !

 

Et surtout, une immense connerie aura été d’avoir fait entrer la Chine dans l’OMC ! On a donné à un Etat COMMUNISTE – on l’oublie trop – les clés du capitalisme ! Bien sûr qu’il s’en donne à cœur joie ! Ce n’est pas l’Organisation mondiale du commerce qui est responsable, mais les Etats qui ont fait entrer la Chine en son sein ! Et plus encore ces Etats qui n’osent pas lui appliquer – à force aussi de délocaliser leur sous-traitance là bas – ce qui est dans les textes de l’OMC, c’est-à-dire des barrières en cas de dumping social, de destruction de l’environnement, de travail d’enfants, de travail de prisonniers politiques (20 millions paraît-il, la question du Tibet étant ici secondaire) !

 

Maintenant, on prête à la Chine le meilleur et le pire dans cette crise ! On lui a donné des clés sans contrainte en contrepartie ; il est logique qu’elle en profite ! Elle serait même idiote de ne pas le faire ! Mais, je le maintiens, il suffit de lui appliquer les mesures anti-dumping, normatives en matière de sécurité et sanitaires prévues par l’OMC et par l’Union européenne ! Mais, en ne voyant que le très court terme, on a délocalisé dans un Etat communiste qui ne respecte pas le « jeu » et maintient de plus artificiellement le Yuan faible… De plus, ayant fait de l’euro une monnaie de réserve, elle peut être ange ou démon, dans tous les cas, elle sera arbitre, avec ses partenaires du BRICA (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), bref beaucoup d’Etats à la mémoire courte envers une Europe qui les a bien aidés à se développer ces dernières années…

 

Notes Standard & Poor’s des BRICA[2]

 

 

Long terme local

Long terme international

T & C

Brésil

A-

BBB

A-

Russie

BBB+

BBB

BBB

Inde

BBB-

BBB-

BBB+

Chine

AA-

AA-

AA-

Afrique du Sud

A

BBB+

A

 

 

Pour continuer, une question provocatrice. La dette existe t-elle vraiment ? Ma réponse sera Oui, mais aussi … Non, comme nous le verrons plus loin, et ce d’autant plus que son volume peut varier selon les approches, selon les modes de calcul ! Plus que son volume d’ailleurs, ce qui compte c’est sa durée… Or, elle est en fait sur  7 ans et 64 jours (à septembre 2011, derniers chiffres officiels), ce qui pourrait permettre, à condition de le vouloir vraiment, à condition de ne pas se créer de nouveaux handicaps, de la maîtriser à moyen terme… Ce qui compte aussi, c’est son rapport – non pris en compte – à la patrimonialité nationale ; or, pour en rester à ce seul exemple qui est très loin de représenter l’intégralité du patrimoine, les actifs des banques françaises étaient, au 10 novembre 2011, aux alentours de 415 % du PIB français, contre seulement 302 % du PIB allemand pour les banques allemandes[3]… D’où la volonté de Nicolas Sarkozy de laisser se faire cette recapitalisation sur fonds privés uniquement, tout simplement parce que nous en avons les moyens, l’Allemagne pas !

 

Maintenant, notons que pour une entreprise, 120 % de son revenu est la limite à ne pas dépasser, 60 % pour un Etat... Allez comprendre !

 

On nous dit que la dette s'auto-entretient puisque l'Etat s'endette pour payer ses dettes... Certes, mais ceci est totalement réversible s'il y a volonté politique ! Elle ne s'auto-entretient que parce qu'il n'y a pas volonté forte ! Des communes, en proportion bien plus endettées que l'Etat en % de leurs ressources, et avec des taux bien plus élevés, ont pu résoudre la question en 5/6 ans ! Alors ?

 

Maintenant, ce n'est pas parce que la durée des emprunts est faible, que la dette sera rapidement épongée. Mais, des communes ont pu liquider en 6 ans de la dette à 20 ans, et ce avec beaucoup moins de moyens que la France ! C'est une volonté politique qui manque surtout ! C'est une question de courage politique ! Avec de la volonté et du courage, bref des couilles pour reprendre le mot de Simone Veil, il est possible de ramener à 10 % au plus du PIB dans les 14/15 ans, et ce avec une croissance pas terrible, une croissance tendant vers les 2 % ! Mais courage, volonté et stabilité vont-ils avec politique ?  Sarkozy l’avait ce courage ses deux premières années, … mais le désastre du passage du septennat au quinquennat déploie aujourd’hui ses conséquences…

 

Les seuls moyens rapides pour un Etat d'alléger sa dette sont de dévaluer sa monnaie ou d'avoir une croissance importante ; telle est la doctrine actuelle. Or, il y a aussi la piste de la Réforme général des politiques publiques, de la limitation de la dépense publique, de la renégociation des durées, etc... Celle de la RGPP a l'avantage de tenir compte de l'avenir en réduisant les causes ! Et c’est très bien de l’avoir lancée ! C’est là tout à l’honneur de Nicolas Sarkozy, mais c’est bien difficile à « vendre », aussi difficile que de « vendre » un conflit qui n’a pas encore eu lieu, pour éviter un conflit encore plus grave. Là, on ne peut pas dire que Sarkozy ai manqué de courage…

 

Pour en revenir à elle, puisque certains la vantent, la dévaluation n'est pas sans conséquences, car elle entraîne quasi-systématiquement l'inflation, une augmentation des prix des produits importés et une augmentation des taux d'intérêt sur les futurs emprunts.

 

Maintenant, qui serait assez stupide pour racheter de la dette à un pays qui a démontré qu'il était incapable de se gérer…? Eh bien, c’est plus subtil et plus pervers. Essayons de faire simple… :

-       le pays X rachète au pays Y une partie de sa dette en lui donnant 0,9 au lieu de 1 ;

-       le pays Y aura donc moins à rembourser puisqu'il aura vendu une partie de sa dette. Il gagne 0,9. Y est content ;

-       le pays X va pouvoir inscrire comme actif pendant la durée de la dette ces achats. X est content ;

-       le pays X paye à Z, l'émetteur de sa dette, ses 1. Z est content ;

-       le pays X dévalue, Z a donc de l'argent qui peut valoir plus ou valoir moins. S'il a été payé en monnaie dévaluée, il perd la valeur de la dévaluation, mais la gagne en potentiel de prêt ;

-       mettons que l'on dévalue de 10 %, Z gagne en fait 0,1 en potentiel, d'autant plus s'il a transformé entretemps cet argent en une autre monnaie. ;

-       le pays X est content car il a gagné 0,1 !

On a donc fictivement 1 qui donne 0,9 + 0,9 - 0,1 + 0,1, soit 1,8 ! On a créé de la valeur qui n'existe pas ! Ce différentiel sera soit re-prêté, soit utilisé pour payer de la dette. Nota ! Un simple citoyen qui ferait tout cela serait poursuit pour cavalerie et pour escroquerie, ceci étant dit en passant ! Or, la Grèce n’a cessé de jouer à ce petit jeu pendant des années, spéculant de plus sur l’euro par le biais de Swaps de devises !

  

Et c'est comme cela qu'aujourd'hui la sphère financière représente 50 fois la sphère économique réelle ! Avec un serpent qui se mord la queue, un système qui s'autoalimente, s'auto-crée, mais sans aucune réalité! Uniquement sur du papier, uniquement dans des circuits électroniques ! La moindre rumeur, la moindre panique peut donc ébranler tout le circuit, d'où le rêve d'une régulation et d'une "justice financière" échappant aux Etats ! Or, la dévaluation a comme inconvénient d'augmenter les prix... La solution est de redistribuer une partie de cet argent par le biais des Etats, soit sous la forme d'aides aux entreprises, soit aux plus démunis, mais les classes intermédiaires sont condamnées, car il serait immoral de leur redistribuer de l'argent ! Les valeurs travail et "valeur réelle" n'ont plus rien à voir dans le circuit ! D'où la tentation qu'ont eu certains de faire de la dette, puis de se l'échanger, puis de faire de la crise, la crise faisant dégonfler le volume de l'argent fictif, donc permettant de payer la dette à moindre coût, vus les besoins de liquidités ! C’est aussi pourquoi certains veulent que l’euro soit dévalué, ce à quoi Sarkozy se refuse, car cela rendrait nos positions plus faibles pour nos achats stratégiques…

 

Tout ceci a été amplifié par la décision de Nixon, en date du 15 août 1971, se supprimer la convertibilité du dollar US en or, rendant donc la monnaie de réserve et du commerce flottante, ce qui leur a permis de faire payer leur dette par leurs partenaires, ... jusqu'à l'émergence de l'euro comme monnaie forte, voire de réserve pour certains, d'où leur crise financière, d'où leur volonté de voir disparaître l'euro pour reprendre le cours d'un jeu à leur seul profit !

 

Et quant, en plus, ce sont des circuits informatiques qui se sont vu confier par le biais de modèles mathématiques la décision, l'humain a disparu ! On est dans le culte de Maamon, et on comprend pourquoi les responsables de Google le voient remplacer Dieu en 2100 !

 

Voilà le système ! Tout ce qui est contraire à la morale et au réel ! Je ne suis pas rentré dans les problèmes de dette nationale et de dette non nationale, des capitaux flottants, des fonds souverains, de l'argent du crime, du jeu des taux de change, etc... et ce … pour simplifier... Et c'est comme cela que l'on « fait de la dette » depuis une trentaine d'années, car cela donne l'illusion de l'argent facile !

 

Il faut donc réguler, éviter la dette anormale, taxer ces échanges, et éviter de dévaluer, car, outre les inconvénients cités, il y a à moyen terme remise en cause de la confiance que l'on peut donner... Il faut aussi faire rentrer la patrimonialité dans le calcul économique, et donc revoir tant les plans comptables publics que la définition du PIB, la croissance, qui est aujourd'hui le moyen de limiter le circuit de la dette, n'étant pas extensible, et étant toujours plus faible dans un pays développé que dans un pays émergeant ! Une régulation efficace ? La taxation des transactions à caractère spéculatif, mais aussi l’interdiction du marché à terme, ainsi que celle des ventes à découvert ! D’ailleurs, l’interdiction des ventes à découvert n’aurait rien d’exceptionnel puisque l’Autorité des marchés financiers l’avait déjà interdite en septembre 2008, après la faillite de Lehman Brothers, … mais la ré-autorisant en février dernier, bref peu de temps avant le départ de la nouvelle crise soit dit en passant…

 

Où est l'aspirine ? Où est le bain de pied de moutarde ?

 



[1] Il serait intéressant de savoir quelle est la part tirée de la présence au sein du marché intérieur et celle de la spéculation contre l’euro dans les 3,7 % de croissance du Royaume-Uni… Cet Etat se refuse d’ailleurs à toute nouvelle réglementation économique et monétaire, refuse l’interdiction des ventes à découvert ou encore le contrôle des CDS… Il est de même le refuge de tous les traders qui spéculent à court terme, alors que sa Bourse est soumise à moins de contrôles et de contraintes de véracité que les Bourses de New York, de Francfort et surtout de Paris… Et je n’évoque même pas ses interventions sur le prix du pétrole de la Mer du nord, et de la rente que ce dernier constitue avec son prix supérieur d’environ 12 % au prix OPEP… De Gaulle avait raison en affirmant que le Royaume-Uni ne pouvait pas entrer dans le Marché commun…

[2] Source : Standard & Poor’s, 21 novembre 2011. On notera que, exception faite de la Chine, aucun de ces Etats n’a de notes pouvant se comparer à celles des Etats clés de la zone euro… Ramené à des notes sur 20, on a : - Brésil : 13 ; - Russie : 12,5 ; - Inde : 11 ; - Chine : 17 ; - Afrique du Sud : 14…

[3] Notons que leur rentabilité était à la fin 2010 d’environ 13,3 % contre 9,4 % pour les banques allemandes, leurs fonds propres représentant 50 % du PIB en France et seulement 42 % en Allemagne, d’où d’ailleurs une plus grande insistance de la Commission européenne à la recapitalisation des banques … allemandes – dont certaines ont fait faillite – que françaises…

 

 

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Published by Serge Bonnefoi - dans Politique
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