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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 14:37

Comprendre l’interaction entre l’homme et l’environnement. (…) L’homme est avant tout le produit de son environnement géographique. (…) Nous cherchons une formule qui permette certains aspects de la causalité géographique de l’histoire universelle. Tout le rôle de la géopolitique se résume en ces mots de Mac Kinder…

Si la géopolitique a si souvent eu - et a encore parfois - mauvaise presse, cela tient en la personnalité de certains de ses pères fondateurs, ainsi qu’en l’usage qu’en firent les théoriciens du nazisme. En effet, les trois pères initiateurs - et non pas fondateurs - de la géopolitique auront été Charles Darwin (1809-1882), Joseph Arthur de Gobineau (1816-1882) et Ernst Heinrich Haeckel (1834-1920. Rappelons qu’inventeur du mot écologie, Haeckel a aussi été un théoricien de la race, mais aussi de l’espace vital, selon une approche biologique ; on sait les conséquences qu’une telle vision transposée à l’humanité a pu avoir de négatif, voire même de diabolique…) qui, chacun à sa manière, définirent une théorie de la race et de la lutte évolutive, de la sélection des espèces, et même si leurs voies ont pu conduire à l’écologie et à une meilleure compréhension des origines physiques de l’homme, il est aussi indéniable que la référence à la race et à la sélection ont des connotations pour le moins négatives.

On remarquera que la géopolitique est dès son origine marquée par les théoriciens de l’évolutionnisme, et en particulier de ses caractères apparus au XIXème siècle. En effet, le premier évolutionnisme, celui de Voltaire et de Rousseau, n’était pas racisme - bien au contraire -, alors que celui du XIXème siècle est indéniablement marqué par, au minimum, un pseudo-racisme. Pour ces évolutionnistes, l’homme évoluerait du moins bien au mieux, mais les peuples colonisateurs sont représentés comme étant les seuls à la pointe de l’évolution et du progrès. À la différence du XVIIIème, on parle ici non plus de progrès mais de sens du progrès, le mieux étant pour le sauvage, qui n’est plus considéré comme un homme égal, de se civiliser selon le modèle de l’homme blanc.

Cet évolutionnisme culturel, qui induit un racisme certain, était né de l’évolutionnisme scientifique de Darwin et de sa théorie de la sélection naturelle, Darwin précisant même que c’était cette sélection naturelle qui faisait que c’est l’homme qui a le mieux développé les sociétés, car faible physiquement.

Le lien entre l’anthropologie - qui est la science du comportement en général, et plus particulièrement des sociétés - et la géopolitique est en fait évident, la géopolitique étant d’un niveau macro-, alors que l’anthropologie est plus micro- en son essence. Toujours est il que l’évolutionnisme anthropologique a été repris très tôt par certains géopoliticiens, en particulier allemands, et notamment la classification des sociétés entre sauvagerie, barbarie et civilisation, celle-ci étant la période des grande découvertes, de l’écriture, de la poudre, de l’électricité, de la vapeur, celle de l’État, de la propriété, celle de l’État, de la propriété privée et de la famille monogamique… Mais nous reviendrons plus tard sur l’anthropologie, afin de faire comprendre les liens pouvant exister avec la géopolitique.

Les deux lois de la géopolitique

⑴ Pour se développer, un État doit conquérir une zone d'influence qui lui garantisse des matières premières ou des marchés commerciaux.

⑵ Cet État doit avoir les moyens de sauvegarder cet acquis face à la convoitise des autres puissances, d'où la nécessité d'une politique de défense cohérente.

Les sept lois de l'expansion

⑴ La croissance spatiale d'un État va de pair avec le développement de sa culture.

⑵ L'étendue des États s'accroît parallèlement au renforcement de diverses autres manifestations de leur développement comme la puissance économique et commerciale ou l'idéologie.

⑶ Les États s'étendent en incorporant ou en assimilant les entités politiques de plus petite importance.

⑷ La frontière est un organisme vivant dont l'emplacement matérialise le dynamisme, la force et les changements territoriaux de l'État.

⑸ Une logique géographique prévaut dans tout processus d'expansion spatiale puisque l'État s'efforce d'absorber les régions importantes pour conforter la viabilité de son territoire - littoral, fleuves, plaines, richesses -.

⑹ L'État se trouve naturellement porté à s'étendre par la présence à sa périphérie d'une civilisation inférieure à la sienne.

⑺ La tendance générale à l'assimilation ou à l'absorption des nations les plus faibles invite à multiplier les appropriations de territoires dans un mouvement autoalimenté.

Les sept lois de la société humaine 

⑴ Aucun élément de la société humaine ne présente de stabilité temporelle définitive. Au contraire, chaque société ou chaque État apparaît comme transitoire, voué en lui-même à une disparition plus ou moins précoce : il y a donc précarité et labilité fondamentales de situation et cette labilité entretient par son existence même le renouvellement constant de l’ensemble de la société humaine (loi de labilité et de renouvellement).

⑵ Hors catastrophe globale mettant en cause son existence collective même, la société humaine dans sa globalité se révèle capable de poursuivre sa croissance au long des temps. Voué à la disparition, chacun de ses éléments porte cependant en lui-même de quoi se survivre au-delà de cette disparition, même si ses déterminants propres ont disparu voire même on été anéantis ou oubliés, et de ce fait la société humaine s’étend progressivement (loi de l’extension).

⑶ La société humaine est progressivement envahissant aux dépens de son environnement non humain et elle s’étend progressivement dans l’espace (loi de l’expansion).

⑷ Les éléments de la société humaine se complexifient indéfiniment. Si des régressions ou des dédifférenciations surviennent, elles aboutissent à des états quiescents de surévolution régressive sans possibilité de reprise du chemin précédemment suivi (loi de la complexification).

⑸ Aucune société ne peut rester ne peut rester obstinément semblable à elle-même. Elle évolue, c’est-à-dire que les actions extrinsèques, les acquisitions intrinsèques au cours de son développement de caractères modifiant sa structure mais non sa nature et, plus encore, les mutations l’enrichissent progressivement et elle a la capacité de transmettre cette information au long des temps (loi de l’évolution).

⑹ Chacun des éléments de la société participe, bien qu’unique en lui-même, à des constructions variées (loi des statuts multiples).

⑺ Les unités structurales de la société ne sont pas simplement juxtaposées, mais entrent constamment en rapport les unes avec les autres, l’une quelconque d’entre elles étant, de toute manière, nécessaire à l’ensemble (loi de l’intercorrélation).

Les trois lieux actuels de la géopolitique

⑴ L'anthroposphère

⑵ L'économie-monde

⑶ Le cyber-espace.

Les acteurs émergents

⑴ Les ONG

⑵ La société civile

⑶ Les extrémismes

Les instruments émergents

⑴ L’environnement

⑵ La manipulation

⑶ La désinformation

⑷ La nature

⑸ Les communications

⑹ L’intelligence économique

 

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Published by Serge Bonnefoi - dans Géopolitique
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