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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 19:49

Marie rayonne sur les Évangiles et sur l'Église car choisie par Dieu pour la plus belle des missions : faire entrer dans l'humanité Jésus, le Messie Sauveur. Elle rayonne tellement sur les Évangiles que l'on a l'impression qu'elle est toujours là, alors qu'elle n'apparaît finalement qu'une vingtaine de fois dans les Évangiles et dans les Actes des Apôtres.

Marie est celle qui répond "oui" - Marie répond "oui" a Dieu, y compris pour nous, en notre nom, sans remettre en cause notre liberté, car elle est la cause de la nouvelle alliance. Marie donne son consentement absolu à Dieu : elle est ainsi bienheureuse car elle a cru et continue à croire chaque jour malgré les épreuves, malgré les interrogations : Et sa mère retenait tous ces évènements dans son coeur [Lc 2, 51b].

Marie est pleine de grâce [Lc 1, 28]. Elle bénéficie d'une grâce exceptionnelle qui la met au dessus de toutes les créatures dans le ciel et sur la terre, au dessous de son Fils, mais au dessus même des anges, y compris de l'Archange Gabriel qui le sait lors de l'Annonciation. Marie est en fait "exaltée", ce mot ne devant pas ici être compris au sens courant, mais au sens religieux qui induit les idées d'élévation, de glorification, de pureté, ...

Marie est la servante du Seigneur [Lc 1, 38] : elle est la première des humbles qui espèrent et qui reçoivent le Salut avec confiance. Par là même, elle devient la médiatrice universelle privilégiée vers son Fils.

Marie est humaine [Lc 1, 34], et par cette humanité, elle est unie directement à l'ensemble de l'humanité qui a besoin du Salut. C'est aussi cette humanité qui fait de Jésus, par sa naissance d'une femme, un Vrai Homme, alors qu'il est aussi Vrai Dieu. Étant une vraie femme, Marie n'est donc pas une déesse. Elle n'a rien à voir avec les déesses tutélaires ou les déesses mères des religions panthéistes ou polythéistes. Il faut donc éviter les dérives du piétisme et du XIXème siècle qui ont parfois transformé le culte marial en une sorte de dévotion à une divinité, ce que Marie n'est pas. Néanmoins, il ne faut pas oublier que la Prière à Marie est une voie excellente vers Dieu, même si Marie n'est pas Dieu, car en-dessous de la Trinité.

Marie est donc le point de départ de la nouvelle alliance car la première à entrer dans la révélation, étant unie à son Fils par le don et la charge de sa maternité

Marie participe à l'action de Jésus - Marie semble accompagner son Fils dans toute sa mission; elle est ainsi citée à tous les "carrefours" de la vie terrestre du Christ -et notamment à sa naissance, à l'amorce de sa mission, à sa mort-, mais aussi à la naissance de l'Église et son envoi en mission.

Marie est Théotokos, c'est-à-dire Mère de Dieu. En donnant le jour à Jésus, Marie lui donne son humanité, faisant de Lui, Vrai Dieu, un Vrai Homme, ce qui est fondamental  pour la foi du chrétien : cette naissance de Jésus, Vrai Dieu et Vrai Homme, du sein d'une femme est un dogme fondamental, ce dogme sur le Verbe de Dieu qui a pris chair de la Vierge Marie tant en son coeur que dans son corps. Sans cette maternité, la venue du Fils n'aurait pas été totalement accomplie car Dieu ne se serait pas mis au niveau de sa Création, n'aurait pas connu notre peine, et n'aurait pas pu nous racheter. La maternité immaculée de Marie resplendit donc à l'horizon de la foi de l'Église, donc à notre horizon.

Elle est à l'annonce de la mission de Jésus, étant d'une certaine façon la "cause" du premier miracle à Cana, mais elle est aussi là à Sa mort… Marie est en fait toujours associée au Christ, de par sa maternité et par son "oui" à la parole de Dieu, acceptant de se livrer intégralement à la personne et à l'oeuvre de Dieu. Marie n'est cependant pas passive, mais elle est toujours présente. Son association avec Jésus-Christ est cependant unique et inimitable, mais c'est cette association même qui en fait la Mère de tous les vivants, la Nouvelle Ève.

Marie est présente à la naissance de l'Église [Ac 1, 14] - Marie a été donnée au pied de la Croix par Jésus-Christ comme Mère aux disciples, donc à l'Église et à tous les croyants, et ce alors même qu'elle souffre dans sa chair et dans son coeur de mère ; Marie devient ainsi la Mère très aimante de tous les hommes qui croient, par son "oui" et par son amour maternel pour son Fils qui rejaillit sur nous tous : Près de la croix de Jésus se tenaient debout sa mère, la soeur de sa mère, Marie, femme de Clopas et Marie de Magdala. Voyant ainsi sa mère et près d'elle le disciple qu'il aimait, Jésus dit à sa mère : "Femme, voici ton fils." Il dit ensuite au disciple : "Voici ta mère." Et depuis cette heure-là, le disciple la prit chez lui [Jn 19, 25-27].

Marie est désormais la Mère des hommes, de la nouvelle humanité libérée du péché originel -mais non du péché- par la Croix Glorieuse, mais aussi celle de l'Église, car Mère des disciples. Fidèle à son Fils, Marie est au centre de l'Église en marche : Marie est ainsi présente au milieu des disciples au jour de la Pentecôte.

Marie s'inscrit dans le dessein de Salut - Marie se donne en effet toute entière pour le rachat de l'humanité : ⒜ Marie joue un rôle majeur dans l'économie de l'Incarnation ; ⒝ Marie est intimement à l'histoire du Salut par le Christ ; ⒞ Marie joue un rôle dans le mystère du Verbe incarné et dans celui du Corps mystique de l'Église ; ⒟ seule personne prédestinée de toute éternité, Marie est d'une certaine manière par sa présence accomplissement des temps et instauration de la nouvelle alliance.

Marie, la nouvelle Éve - Irénée de Lyon a insisté sur l'idée de Marie nouvelle Ève : Parallèlement au Seigneur, on trouve aussi la Vierge Marie obéissante, lorsqu'elle dit : "Voici ta servante, Seigneur; qu'il me soit fait selon ta parole." Ève, au contraire, avait été désobéissante : elle avait désobéi, alors qu'elle était encore vierge. Car, de même qu'Ève, ayant pour époux Adam, et cependant encore vierge (...), en désobéissant, devint cause de mort pour elle-même et pour le genre humain, de même Marie, ayant pour époux celui qui lui avait été destiné par avance, et cependant Vierge, devint, en obéissant, cause de salut pour elle-même et pour tout le genre humain [Contre les hérésies III, 22, 4].

Jean-Paul II a repris cette approche dans sa Catéchèse sur le Credo [II, 36]. En effet, Marie est celle qui en premier a participé à la victoire sur le péché remporté par Jésus, car Marie est de toute éternité libérée du péché originel et de tout autre péché, comme l'affirme le dogme de l'Immaculée Conception -conçue sans péché- définit par Pie IX en 1854 dans la Bulle Ineffabilis Deus : ...Nous déclarons, prononçons et définissions que la doctrine, qui tient la bienheureuse Vierge Marie a été, dans le premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulières du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée par Dieu... "Rachetée" par avance en considération des mérites de son Fils, Marie peut donc être le sanctuaire de l'Esprit Saint.

Marie est en fait la symétrique d'Ève qui est à la fois la mère de tous les vivants [Gn 3, 20], mais aussi la cause -avec Adam, ne l'oublions pas- de la chute universelle dans le péché et dans la mort. Marie est pour sa part cause du Salut par son obéissance à coopérer avec le Christ à notre rédemption : elle est la Mère spirituelle de tous les vivants. Il y a donc bien un parallélisme Mère/cause entre Marie et Ève : (...) le noeud de désobéissance d'Ève a été dénoué par l'obéissance de Marie, car ce que la vierge Ève avait lié par son incrédulité, la Vierge Marie l'a délié par sa foi [Contre les hérésies III, 22, 4] .

La nature de plus parfaite des créatures, d'Immaculée Conception de Marie est renforcée par le dogme de l'Assomption. En effet, alors qu'à l'Ascension Jésus monte vers son Père, à l'Assomption Marie est élevée dès aujourd'hui par Dieu vers Lui. Ceci est confirmé par les racines mêmes des mots Ascension et Assomption puisque Assomption vient du latin : assumptio, de assumere "prendre avec soi", alors qu'Ascension vient du latin : ascensio, de ascendere "monter"; la nature même de l'Assomption est donc bien distincte de celle de l'Ascension. Ce dogme de l'Assomption a été défini par Pie XII dans la Constitution apostolique Munificentissimus Deus de 1950; il a été confirmé par Vatican II -tout comme d'ailleurs celui de l'Immaculée Conception- : Enfin, la Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l'univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs (cf. Ap 19, 16), victorieux du péché et de la mort [LG 59].

Par son Assomption, Marie est image de la vie éternelle telle que conçue avant le péché originel, image vraie et rayonnante de la résurrection de la chair, fruit parfait de la rédemption. Elle est glorification et inauguration de l'Église terrestre, mais aussi de l'Église céleste : celle de la communion des saints.

Marie est donc à prier pour son influence salutaire, car elle intercède près de son Fils dans la communion des Saints pour nous, pour le rassemblement de l'humanité dans le seul peuple de Dieu. Marie intercède pour nous comme Mère qui pardonne matériellement, mais en plus spirituellement : Elle est image de l'Amour absolu demandé par le Christ.

Marie, un modèle pour l'humanité - Son mystère ne peut se comprendre que dans le mystère du Christ, ce qu'a réaffirmé clairement le Concile Vatican II revenant aux dispositions du Concile d'Éphèse de 431. Marie est liée au mystère de l'Église et aux vertus théologales. Marie est à elle seule un pèlerinage de la Foi, un modèle de la Foi, car modèle d'abandon à la volonté de Dieu, modèle de fidélité et modèle de contemplation et d'amour. Elle est donc un modèle à imiter et à contempler, notamment par l'entremise de la Prière, du Rosaire et de l'Adoration. Marie est en fait toujours orientée vers le Christ, son rôle maternel ne diminuant en rien l'unique médiation du Christ mais en manifestant la vertu; elle est ainsi l'auxiliatrice et la médiatrice parfaite, et ce sans remettre en cause la dignité d'unique médiateur du Christ.

Les Fêtes mariales

⒜ Sainte Marie, Mère de Dieu (Solennité) : 1er janvier. Célébrée le premier jour de l'année, cette fête place le monde sous la protection de la Vierge Marie, Mère aimante qui garde Dieu dans son coeur.

⒝ Annonciation (Solennité) : 25 mars (neuf mois avant Noël). On commémore en ce jour la rencontre de l'Ange Gabriel avec la Vierge Marie, l'annonce par celui-ci de la naissance du Christ, l'acceptation de la Vierge, la conception du Christ et donc l'Incarnation [Lc 1, 26-38].

⒞ Visitation de la Vierge Marie : 31 mai. Ce jour-là, on fait la visite de Marie chez sa cousine Élisabeth, elle-même enceinte de Jean le Baptiste, qui tressaille d'allégresse dans son sein à l'approche du Seigneur. Suite à ce signe, et à la reconnaissance par Élisabeth de sa nature de bienheureuse, Marie proclame sa gratitude à Dieu en proclamant le Magnificat [Lc 1, 39-56].

⒟ Assomption (Solennité) : 15 août. Il s'agit de la plus grande fête exaltant la personne de la Sainte Vierge Marie. La mort de la Vierge Marie donna lieu à de grandes cérémonies de funérailles et les Apôtres, à l'exception de Bartholomé, la mirent en terre avec grande vénération dans le jardin de Gethsémani. Pendant trois jours et trois nuits, les chants angéliques pouvaient être entendus sur la tombe de la Vierge. Lorsque Bartholomé arriva, il voulut voir Marie une dernière fois; les Apôtres le menèrent jusqu'à la tombe et à leur stupéfaction la retrouvèrent vide. Ils furent certains que son corps avait été transporté au ciel par le Seigneur [tradition apparue au IV° siècle; dogme défini par Pie XII le 1er novembre 1950 par la Constitution apostolique Munificentissimus Deus].

⒠ Nativité de la Vierge Marie : 8 septembre (neuf mois après l'Immaculée Conception). Il est fait ce jour là mémoire de la naissance de Marie.

⒡ Immaculée Conception (Solennité) : 8 décembre. On rappelle en ce jour que, comblée de grâce par Dieu, la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière de Dieu préservée de toute souillure du péché originel, et ce en vue des mérites de Jésus-Christ Sauveur de l'humanité [dogme défini par Pie IX le 8 décembre 1854 par la Bulle Ineffabilis Deus].

 

 

 

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Published by Serge Bonnefoi - dans Théologie
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