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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 17:21

Saint Paul, dans le préambule de sa deuxième Lettre aux Corinthiens, salue ses frères de l'Église de Dieu établie à Corinthe par les mots : Bénis soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de notre consolation, qui nous console  dans toute notre tribulation, afin que, par la consolation que nous-mêmes recevons de Dieu, nous puissions consoler les autres en quelque tribulation que ce soit (2Co 1, 3-4) ; par ces mots puissants, l'Apôtre nous révèle la nature de Dieu : Père de toute miséricorde. Connaître ainsi Dieu, Père de toute miséricorde, est une grâce extraordinaire, car cette connaissance est certes une consolation pour ceux qui sont perdus sur la voie du péché, mais elle fait aussi des consolés, donc des relais de la miséricorde du Père révélé par le Fils et répandu par le Saint-Esprit.

Le mot miséricorde vient du latin misericordia  qui signifie : qui a le coeur sensible au malheur..., ce qui exprime déjà beaucoup. Le Dictionnaire Robert donne pour sa part comme premier sens à ce mot celui de sensibilité à la misère, au malheur d'autrui, mais en précisant qu'il s'agit là d'un sens vieilli, c'est-à-dire qui ne s'emploie plus naturellement dans la langue parlée courante; or, est-ce vrai ? Pour le chrétien, ce sens du mot miséricorde est-il vraiment dépassé, alors qu'il est une facette du mystère de l'être divin, de celui qui est Amour ? Or, l'Amour n'a pas d'âge et ne se conjugue qu'au présent ! En fait, la miséricorde est la manière employée par Dieu pour faire connaître son Amour éternel à son Peuple, Jésus Christ venant pour étendre cet Amour éternel à toute l'humanité.

Le Livre de l'Exode est rempli de la miséricorde de Dieu. Ainsi, lorsqu'au temps du buisson ardent, Yahvé confie sa mission à Moïse, Il dit : J'ai vu, j'ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte. J'ai entendu son cri devant ses oppresseurs : oui, je connais ses angoisses. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter de cette terre vers une terre plantureuse et vaste (...). Maintenant, le cri des Israélites est venu jusqu'à moi, et j'ai vu l'oppression que font peser sur eux les Égyptiens (Ex 3, 7-9) ; de même, Il se présente à Moïse en disant : Je suis le Dieu de tes Pères, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob (Ex 3, 6).

Dieu se montre à son peuple comme compatissant, miséricordieux et libérateur, et quant Il se révèle, sa qualité première est la miséricorde. Même avant la conclusion de l'Alliance, Dieu est Dieu de miséricorde : Yahvé, Yahvé, Dieu de tendresse et de pitié, riche en grâce et en fidélité; qui garde sa grâce à des milliers, tolère faute, transgression et péché... (Ex 34, 6-7) ; Yahvé est lent à la colère et riche en bonté, il tolère faute et transgression... (Nb 14, 18).

La miséricorde est donc un caractère premier de Dieu, et, comme le rappelle Saint Thomas d'Aquin, Dieu n'est miséricordieux que par amour, en tant qu'il nous aime comme étant quelque chose de lui-même (Somme théologique III, Q. 30, a.2, s.1) et se montrer miséricordieux doit être regardé comme le propre de Dieu et la manifestation de sa toute puissance.

En fait, Dieu, éternel, a noué avec son peuple une relation de type paternel qui se retrouve tant dans sa relation avec Moïse que dans les récits de la Création. Ne dit-il pas à Moïse, lorsqu'Il lui demande d'aller trouver Pharaon : Mon fils premier-né, c'est Israël (Ex 4, 22) ? La deuxième Lettre aux Corinthiens reprend cette idée, qui est aussi l'enseignement d'Isaïe et de Jérémie,  lorsque l'Apôtre écrit : Je serai pour vous un père et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant» (2Co 6, 18). Dieu est tout puissant et plein de tendresse... On retrouve chez Osée cette même description émouvante : Et moi j'avais appris à marcher à Éphraïm, je le prenais par les bras et ils n'ont pas compris que je prenais soin d'eux ! Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d'amour; j'étais comme ceux qui soulèvent un nourrisson tout contre leur joue, je m'inclinais vers lui et le faisais manger (Os 11, 3-4), alors que des accents semblables se retrouvent en Isaïe : Sion avait dit : « Yahvé m'a abandonnée, le Seigneur m'a oubliée. » Une femme oublie t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t'oublierai pas (Is 49, 14-15).

C'est encore dans le Livre d'Isaïe que l'on peut lire : C'est mon peuple, des enfants qui ne vont pas me tromper (Is 63, 8), ou encore : Débordant de fureur, un instant, je t'avais caché ma face. Dans un amour éternel, j'ai eu pitié de toi, du Yahvé, ton Rédempteur (Is 54, 8).

Les mots hébreux  qètèn et qèrèv, que l'on retrouve tout au long de l'Ancien Testament, traduisent bien cette idée d'amour de Dieu, puisqu'ils signifient au sens premier tout à la fois entrailles, sein maternel : Dieu est Père, mais il est aussi tendre qu'une mère, les Apôtres cherchant à imiter ce modèle : Comme une mère nourrit ces enfants et les entoure de soins, telle était notre tendresse pour vous que nous aurions voulu vous livrer, en même temps que l'Évangile de Dieu, notre propre vie, tant vous nous étiez devenus chers (1Th 2, 7-8).

Dieu Père, dans son Amour infini, est force et fidélité, et offre ainsi la sécurité à son enfant Israël. Souvenons-nous de ces mots du Père Lagrange, au début de ce siècle : La miséricorde divine est comme la racine, le principe de toutes les œuvres de Dieu; elle les pénètre et les domine.

Enfin, le Pape Jean-Paul II n'a t-il pas écrit en décembre 1980 dans son Encyclique Dives in misericordia sur la miséricorde divine : Ainsi, en actes comme en paroles, le Seigneur a-t-il révélé sa miséricorde des les origines du peuple qu'il s'est choisi, et, tout au long de son histoire, ce peuple s'en est continuellement remis, dans ses malheurs comme dans la prise de conscience de son péché, au Dieu des miséricordes (DM, 4) ?

La Nouvelle Alliance a été conclue par le sang du Christ. Dans cette Alliance, Jésus est le révélateur de la miséricorde du Père, Il en est l'instrument, le sacrement et le signe de réconciliation du Père avec Israël, et, par Israël, de la réconciliation avec toute l'humanité. En Jésus Christ, le Père s'est révélé aux hommes, à tous les hommes : Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas, mais ait la vie éternelle (Jn 3, 16).

Jésus Christ nous a fait entrer dans le mystère de la paternité divine, Il nous l'a fait connaître : Et le Verbe s'est fait chair et il a habité parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu'il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité (Jn 1, 14). Jésus nous a révélé ce mystère, mais il a aussi rayonné de son être de Fils : Qui m'a vu a vu le Père (Jn 14, 9).

Jean-Paul II nous a rappelé ainsi que dans le Christ et par le Christ, Dieu devient visible dans sa miséricorde, c'est-à-dire qu'est mis en relief l'attribut de la divinité que l'Ancien Testament (...) avait déjà défini comme la «miséricorde» (DM 2). Le Christ confère ainsi à toute la tradition vétérotestamentaire sa réalité définitive qui est étendue à toute l'humanité. : Il l'incarne et Il la personnifie, Il est lui-même la miséricorde. Par le Christ, Dieu devient visible aux hommes, à tous les hommes !

En faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient tombés au pouvoir du diable (Ac 10, 38), Jésus nous a montré sa compassion et sa miséricorde, et par là-même celle du Père. Par sa Pâque, Jésus est devenu totalement l'instrument de la miséricorde du Père et l'homme se trouve ainsi à nouveau en pleine communion avec Dieu par l'effacement du péché, Jésus étant l'agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde (Jn 1, 29), étant le juste qui subit la malédiction du pécheur, l'innocent identifié aux hommes. Par sa mort, le Christ a partagé le sort des hommes, entrant dans la mort et connaissant l'impuissance des hommes dans sa descente aux enfers, mais les a aussi portés vers le Père; on peut ici songer à la théorie d'Urs von Balthasar -même s'il ne se prononce pas vraiment sur la réalité de cette hypothèse- de la chute du Fils, de la perdition humaine du Fils coupé de Dieu, théorie qui est cependant contestable en ce sens que même si le Christ a connu la mort humaine, il restait Fils de Dieu dans la Trinité. Dans sa mort humaine, le Christ a attendu le bon plaisir du Père, mort dans laquelle le poids du péché de l'humanité l'avait précipité. La Résurrection , clé de notre Foi, a été le signe du pardon du péché de l'humanité que le Christ a porté pour nous sur la Croix (DM 7). Ceci est renforcé par le fait que dès sa première apparition aux disciples après sa Résurrection, le Christ leur a donné le pouvoir de remettre les péchés : Recevez l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus (Jn 20, 22-23). Désormais, la rémission des péchés, obtenue par le Christ, est transmise aux Apôtres, et à leurs successeurs : l'Église.

Le Baptême est don de la vie divine; il est pardon de tous les péchés. Se pose néanmoins le problème de ceux qui - comme toute l'humanité - tombent à nouveau dans le péché, perdant ainsi une partie de la grâce baptismale et blessant la communauté ecclésiale. C'est là que la réconciliation, posée par les Pères de l'Église, prend tout son sens : elle est un deuxième Baptême, nous plus dans les eaux, mais dans les larmes. La réconciliation permet de retrouver sa place dans la communauté ecclésiale et la grâce de l'amour du Père. Elle est ainsi le lieu privilégié d'exercice de la miséricorde divine.

À la suite de Jean-Paul II (DM 5-6), commentons ensemble la parabole de l'enfant prodigue [Lc 15], sans hésiter à la mettre en perspective avec le récit de la chute [Gn 3]. Par cette parabole, Jésus raconte l'histoire de l'humanité; Il décrit le projet du Père créant une humanité restaurée et appelée à vivre la vie de famille avec Lui. Comme dans la Création, un père avait deux fils, puis il y a exposé de l'errance de l'homme, mauvais usage de la liberté, insatisfaction du cœur de l'homme, mais aussi attente patiente du père, attente patiente et miséricordieuse du Dieu sauveur et rédempteur. Dieu permet ainsi par son Amour  à son dessein initial de se réaliser : l'union de Dieu le Père par le Fils et dans l'Esprit Saint redevient une réalité. Tous les moments importants du sacrement de la réconciliation se retrouvent dans cette parabole : ⑴ l'aveu des fautes, le cœur contrit tourné vers Dieu ; ⑵ l'entrée dans une vie pénitente, tournée vers Dieu et non plus distante ; ⑶ le pardon accordé et reçu, c'est-à-dire le rétablissement de la relation d'Amour entre Dieu et ses enfants, entre Dieu et son enfant qui retrouve sa place dans l'Église.

Dans le Jardin d'Éden, l'homme vivait dans un jardin familial que lui avait confié son Père pour le cultiver et le garder [Gn 2, 15]; il y vivait libre de ses choix dans l'intimité du Père, tout comme le fils prodigue disposait des biens de son père, en toute liberté. L'homme, libre, disposait à l'origine de tous les biens mis à sa disposition par le Père, biens tant matériels -le cosmos- que spirituels -la dignité de fils. Comme le fils prodigue qui réclame sa part d'héritage, l'homme a choisi librement la rupture, et comme lui, loin de son père, il perd sa ressemblance au père, son identité, pour arriver au pays de la dissemblance absolue, car, par le fruit défendu, l'homme a pris connaissance du bien et du mal, modifiant ses choix  qui ne sont plus entre  le bien et un bien supérieur, mais entre le bien et le mal ! Coupé de son père, comme l'homme s'est coupé de Dieu, le fils prodigue connaît la peur -penser au j'ai eu peur de [Gn 3, 10]-, la pauvreté, la misère, la faim, la déchéance, l'humiliation, la non reconnaissance; mais, aimé malgré tout même s'il n'en a pas conscience, il réfléchit dans sa solitude et dans sa détresse; le rapprochement avec la faute d'Adam est ici évident : après le péché originel, Adam est privé de la gloire de Dieu [Rm 5, 12-20], sa nudité - non seulement matérielle mais aussi spirituelle - étant le signe de la rupture d'avec Dieu et de l'éloignement de Dieu.... Reconnaissant sa faute, le fils prodigue se décide à implorer de son père son pardon, pour qu'il soit l'un de ses serviteurs. Mais, là, comme l'homme, il a oublié que son Père, que Dieu, est fidèle en son Amour, que Dieu veut une humanité qui soit à nouveau son enfant, désiré et créé, aimé, chéri, cherché et attendu...

Cette parabole est histoire du Salut, tout comme l'élection d'Israël, le plus petit des peuples parmi les Nations, a fait de lui une peuple normatif pour l'histoire de tous les autres peuples. Comme le père du fils prodigue l'a accueilli dans la joie, Dieu nous accueille à notre place de fils dans sa famille, au banquet, à son cœur même. La parabole du fils prodigue est en fait une annonce prophétique pour toute l'humanité qui, par et dans le Christ revêtu de la miséricorde du Père, retrouve sa condition filiale. Elle est aussi énoncé des dispositions nécessaires pour le retour au Père : annonce et aveu de sa faute; reconnaissance que la rupture réfute la condition de fils; mais elle est surtout tournée vers l'avenir, l'aveu étant non pas un retour vers le passé ou contemplation morose ou morbide de son ego mais un moyen aidant à mener le combat spirituel à venir. La miséricorde permet en effet toujours de tirer le bien du mal, ce bienfait se réalisant par le pardon et l'absolution. N'oublions pas que le père voyant son fils au loin court vers lui, l'enlace; comme lui, le Père nous attends, nous cherche et nous donne l'absolution par la joie et dans la miséricorde transmise à notre cœur de fils. L'homme est fait pour rentrer dans la vie trinitaire : par la satisfaction -expression théologique de la pénitence-, l'homme exprime en fait son désir de demeurer désormais dans la gloire du Père rouverte par le Christ, dans le giron du Père; ceci est symbolisé dans la parabole par les images du chemin, du désir et du retour...

L'image du vêtement de fête dont est revêtu le fils prodigue est elle aussi importance, car elle est image de la grâce, tout comme l'anneau est signe du nouvel accès aux richesses du père, au don de Dieu. Le vêtement et cet anneau sont les signes de l'alliance retrouvée au moment du pardon, du nouvel accès à la totalité des biens du Père, bref à la vie divine. Le prodigue est fils et il a retrouvé son identité : il était mort, pécheur, perdu, mais il est revenu à la vie, retrouvé.... Il ne nous faut donc pas passer auprès de la grâce sans la voir, car elle est l'état d'énergie qui nous guérit du péché, le pécheur étant en quelque sorte un malade spirituel qui doit reprendre vigueur et goût à la vie divine.

C'est dans le sacrement de la réconciliation que se déploie la miséricorde du Père que le Fils a reprise en portant le péché du monde et qui est diffusée dans l'Église par l'Esprit Saint. Ce sacrement est l'un des hauts lieux de la foi chrétienne, mais il a été modifié : avant, tout se passait dans un confessionnal, dans le noir, ce qui était peu propice à l'accueil de la joie de la réconciliation, alors qu'aujourd'hui, la forme, à la lumière, est beaucoup plus favorable, car le Christ est la lumière : Je suis le chemin et la vérité et la vie (Jn 14, 6).

On a bien évolué depuis le IV° Concile du Latran -qui imposa la confession pour les péchés graves-, le Concile de Trente demandant une confession de dévotion, c'est-à-dire une confession mettant en jeu à la fois le pardon, la guérison, mais surtout créant une dynamique de maintien de la vie dans l'Église et dans l'Esprit Saint; Vatican II a complété cette vision en introduisant une vision nouvelle : celle de la joie, celle du bonheur de faire le bien par l'aveu du mal. Avec Vatican II, on est vraiment passé d'un formalisme pesant à un sacrement joyeux.

Si un baptisé a commencé à entrer dans le mystère de la miséricorde du Père, il doit comprendre que la réconciliation est un retour vers le Père, qu'il doit, après l'avoir blessé par le péché, faire un retour vers Lui; mais pensons-nous vraiment au Père lorsque nous nous confessons ? Quelle  utilité  alors ? La réconciliation ne doit pas être tristesse mais au contraire moyen de demeurer sur un chemin joyeux, celui de la communion, de la communauté par et en l'Amour du Père, celui de la joie d'un cœur pardonné tourné vers le père et donc vers tout frère en humanité. Restant un devoir pour le chrétien, mais sans aucune obligation temporelle imposée comme avant - chaque semaine pour les enfants -, chacun peut trouver ainsi son rythme pour retrouver cette grâce infinie et impérissable qu'est l'Amour de Dieu; Jean-Paul II nous a clairement dit que le pardon par le sacrifice du Fils était infini, ce qui fait qu'aucun péché ne peut prévaloir sur cette force d'Amour. En fait, l'obstination de l'homme a refuser la grâce  du fait du péché originel a été détruite par la Croix glorieuse et par la mort du Fils, seule la mort matérielle restant trace de ce péché originel; mais s'il n'y a plus immortalité de la chair, il y a immortalité de l'esprit, donc de la part divine de l'homme, d'où la croyance absolue du chrétien en l'espérance de la Résurrection et dans la vie éternelle. Néanmoins, seul le péché contre l'Esprit Saint serait susceptible de ne pas être pardonné, et encore car sa constitution est très difficile; il faut en effet refuser de manière absolue et définitive le Salut, nier de manière absolue Dieu après l'avoir rencontré, ce que peut faire l'homme de par son libre-arbitre, et ce en conscience et après connaissance de ce Salut et de ce que l'Église est chargée de nous aider à croire. Finalement, seul un homme très riche en esprit peut commettre ce péché définitif qui implique une sur-connaissance, alors même que le don de la Croix, la Foi éclairée, la prière et la réconciliation des autres hommes sont autant d'armes aidant l'Esprit Saint à lutter contre cette volonté absolue de négation de la grâce et du Salut. La damnation éternelle est donc excessivement rare, mais elle est ce qui est le plus grave, car mort définitive à Dieu.

Il faut dans tous les cas éviter de gâcher la grâce de la réconciliation mais au contraire penser à la joie du Père de nous retrouver et au corps du Christ qu'est l'Église. Il faut donc se confesser non pas par conformisme, non pas comme obligation, mais pour le Père et pour l'Église, car la confession es rétablissement de la force de la communauté ecclésiale affaiblie avec nous par nos péchés: chacun supporte, appuie et aide l'autre ! Il nous faut donc accepter dans la joie et en pensant au Père et à l'Église le baiser du pardon qu'est l'absolution. L'absolution permet la transformation de l'homme saisi par la détresse spirituelle du péché, et cet homme se doit lui-même d'être attentif à la détresse spirituelle des autres hommes car il se doit d'être miséricordieux avec ses frères comme le Père est miséricordieux avec les hommes. La réconciliation est donc certes en notre faveur, mais aussi en faveur de l'Église, de nos frères, mais aussi union et renfort à Jésus Christ, instrument de la miséricorde du Père, cette miséricorde qui est la qualité première du Père des Cieux.

 

 

 

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Published by Serge Bonnefoi - dans Théologie
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