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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 15:38

Il s’agit ici de savoir différencier une arme automatique d’une arme semi-automatique.

Selon les militaires, est considérée comme arme automatique toute arme à feu qui peut tirer rapidement plusieurs projectiles l'un après l'autre à chaque pression de la détente, ou toute arme assemblée ou conçue et fabriquée de façon à pouvoir le faire. De son côté, est considérée comme arme semi-automatique toute arme à feu à répétition qui nécessite une pression distincte de la détente pour chaque coup tiré et qui utilise l'énergie de la décharge pour accomplir une partie du cycle de fonctionnement, les mécanismes semi-automatiques sont parfois appelés mécanismes à rechargement automatique.

La frontière est donc parfois très floue pour le non spécialiste, car basée sur la rapidité du tir (qui dépend de plus de la "qualité" de l'utilisateur) et sur un mode d'utilisation de l'énergie de décharge. Dans l'absolu, une arme semi-automatique peut être bien plus dangereuse qu'une arme automatique, surtout en tenant compte du tireur ou du progrès technique. Cette différenciation est reprise par diverses législations, telle la législation criminelle canadienne.

Maintenant, selon la directive n. 91/477/CEE du 18 juin1991 (ann. I, pt. IV), les définitions sont différentes. Ainsi, est considérée comme arme automatique toute arme à feu qui, après chaque coup tiré, se recharge automatiquement et qui peut, par une seule pression sur la détente, lâcher une rafale de plusieurs coups. Par contre, est considérée comme arme semi-automatique toute arme à feu qui, après chaque coup tiré, se recharge automatiquement et qui ne peut, par une seule pression sur la détente, lâcher plus d'un seul coup.

La définition communautaire est donc plus claire, la différence étant basée sur le nombre de coups lâchés. La plupart des armes dénommées "pistolets automatiques" (PA) sont donc en fait des armes semi-automatiques, dont les Walther, puisqu'ils ne peuvent tirer en rafale. Néanmoins, dans de nombreux cas, la confusion est faite par le vocabulaire, y compris des professionnels. On en prendra quatre exemples :

⑴ la dénomination comme PA du pistolet semi-automatique de l'Armée française "MAC 1950". La même remarque vaut pour le "PA" de l'Armée belge ;

⑵ la dénomination comme PA du "Colt 1911 A" (pistolet utilisé par diverses autorités US), alors qu'il est semi-automatique. Les planches descriptives officielles mentionnent en effet la mention Colt Government model automatic pistol calibeer .45 ;

⑶ les publications classiques et à grande diffusion telles que Encyclopédie des armes (éd. Atlas) ou encore des sites Web d'associations de tireurs expérimentés (exemple : www.ctcmr.org, du club de tir des cadres militaires réserve Nice-Côte d'Azur, notamment à la rubrique "calibres") ;

⑷ selon le catalogue "Walther" ou encore le site très connu "gunsworld.com", les pistolets semi-automatiques Walther PPK et Walther PPK/s utilisent – notamment - des munitions de calibre ".32 ACP", c'est-à-dire du 7,65 Browning. Or, ACP signifie "Automatic colt pistol", ce qui accroît la confusion. Ce calibre .32 ACP est reconnu officiellement par la réglementation américaine.

Néanmoins, la consultation des catalogues "Walther" (www.carl-walther.de), "Beretta" (www.beretta.it) et "Browning" (www.browning.com) confirme la classification des armes type Walther PP ou équivalent parmi les armes semi-automatiques, puisque figurant sous la rubrique "pistolets semi-automatiques". On peut trouver sur le site "Walther" les caractéristiques des divers pistolets semi-automatiques fabriqués par cette entreprise (PP, PPK, PPK/s principalement pour le calibre 7,65, ainsi que la capacité des magasins, le plus souvent 7 munitions par ce calibre), ainsi que des accessoires (chargeurs surdimensionnés par exemple).

 

 

 

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Published by Serge Bonnefoi - dans Droit
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