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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 14:38

Quelques réalités que l’on a tôt fait d’oublier :

 

-          plus qu'un territoire, la France est une idée et une culture ;

-          les deux plus grandes frontières de la France ne sont pas européennes mais avec l'Australie -Terre Adélie - et avec le Brésil - Guyane -, ce que l'on oublie, alors que ce sont des atouts; de plus, cela permet de mieux comprendre les enjeux des querelles australo-françaises ;

-          la France n'est pas un hexagone seulement  géographique du fait de son territoire métropolitain, mais bien plus un hexagone-idée en relation avec six espaces.

-          Europe(s) : UE, OSCE, Conseil de l’Europe, etc… ;

-          Intégration économique, G20, OCDE, G8, etc… ;

-          Ordre géopolitique spécifique : ici, la francophonie que l’on méconnait ;

-          Espaces régionaux transcontinentaux : Méditerranée, Afrique dans le cas de la France ;

-          Conseil de Sécurité + puissance nucléaire ;

-          Mondial : Amérique, Pacifique, Atlantique

 

La France est mondiale (1) car américaine, pacifique et atlantique, et la perte des cailloux de l'Empire serait le déséquilibre de sa puissance, et la plus grosse des « conneries » à faire serait par exemple de lâcher la Nouvelle Calédonie, car celle-ci serait reprise soit dans la sphère australienne, soit dans la sphère étasunienne (les Etats-Unis soutenant d’ailleurs plus ou moins ouvertement certains mouvements indépendantistes canaques) en offrant à celle-ci un pion inespéré de puissance. On peut constater l’intérêt de ces cailloux tant par la présence possible dans des enceintes non-européennes qu’à l’occasion d’interventions hors de l’Europe. Des « cailloux porte-avions » permettant l’entrisme et l’influence internationale, mais aussi faisant d’un État de 550.000 km2 une puissance maritime de 10 millions de km2. À méditer…

 

La France est européenne (2) par sa métropole, avec l'OSCE, l'Union européenne, etc…

 

La France est internationale (3) par ses économies, par le G8, par l'OCDE…

 

La France est langue et culture (4) par la francophonie, ce qui induit un ordre géopolitique différent de l'ordre géopolitique anglo-saxon (en fait le seul contre balancier existant !

 

La France est Méditerranée et Afrique (5), le rôle clé de ces zones ayant été démontré par l'histoire des deux guerres mondiales.

 

La France est enfin décideuse (6) de par son siège au Conseil de sécurité des Nations unies. Le perdre serait priver la France d'un élément majeur de sa puissance, au profit d'un espace non encore stabilisé, et surtout  déchiré entre trois courants pilotes : francophone, anglophone et saxon…, donc sans aucune garantie de transfert de puissance…

 

À titre de comparaison, l'Allemagne n'a que trois un tiers de ces dimensions : européenne (1), économique (2) et géographique par les PECO (4), la fonction internationale (5) n'existant que partiellement de par l'appartenance à l'ONU. Et le Royaume-Uni n'en a que quatre et demi, avec une partialité de dimension  mondiale que ne compense pas le Commonwealth, et l'absence de tout hinterland tant méditerranéen, qu'africain que centre-européen; et encore, sa fonction (5) est limitée en ce sens que cet État n'a pas un contrôle total et réellement indépendant de sa puissance nucléaire du fait de la « double-clé. »

 

En fait, et on tend à l'ignorer en se soumettant aux diktats non pas forcément de l'Europe, car ces diktats – lorsqu’ils sont importants – sont décidés à l'unanimité ne l'oublions pas, mais à ceux de l'Allemagne, par simple frilosité politique, par manque de courage, la France perd volontairement et sans contraintes extérieures sa position de seule contre-puissance  globale potentielle !

 

N'oublions pas que la France reste l'un des pays les plus riches du monde ! N'oublions pas que chacune de ses régions est à elle seule plus riche que plus de la moitié des États du monde ! Elle a les moyens de ses ambitions, mais seulement si elle le veut et ne se crée pas ses propres handicaps !!!

 

Il est ainsi à déplorer que l’on veuille toujours avant d’agir savoir si « ça marche » en théorie ; avec une telle approche, ce n’est qu’après cette étape théorique que l’on voit si l’on passe à la pratique. En digne héritière de la philosophie grecque, la France ne croit et ne veut faire que ce qu’elle sait expliquer et démontrer, excluant certes tout empirisme pratique, mais se privant par là même de toute réactivité face à l’irrationnel ou à l’immédiat, alors que cette réactivité est impérative lorsque l’on se veut puissance. Il faut certes ne pas réagir n’importe comment, mais ceci ne doit pas correspondre en une absence de toute action. Or, en se privant de tout droit à l’erreur, on se prive de beaucoup de moyens d’action tout en donnant une image d’immobilisme. Peut-être vaudrait-il donc mieux substituer à la modélisation théorique des démarches de vérification-validation-action bien plus réactives car permettant de corriger in itinere une démarche plutôt que de ne rien faire, et ce tout en préparant ex ante des simulations à valider selon la démarche du « quoi ? » (le produit, le moyen, le fait, …), du « qui ? » (l’organisation, les acteurs, …) et du « comment ? » (le processus, les modes d’action, etc…). On aurait ainsi une organisation englobante définissant a priori des actions, des processus et des projets englobants, réactifs, combinant l’intuitif et le pratique, donc permettant l’action…


Quelques autres handicaps ? la perte de certains moyens industriels stratégiques, la mauvaise répartition des charges, la non-maîtrise du chômage, la tradition des divisions internes, la perte de maîtrise sur la monnaie..., et surtout le fait que la France n'ait pas confiance en elle-même !

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Published by Serge Bonnefoi - dans Géopolitique
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