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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 09:00

Il est devenu indispensable, comme avait tenté en son temps de le faire le général de Gaulle qui n'avait malheureusement pas été compris y compris par certains de ses plus fidèles parmi les fidèles, de briser les lignes Maginot imposées par les idéologies, les doctrines et les théories. Il nous faut briser la théorie des modèles, réfuter l'impérialisme de la statistique pour en revenir à l'Homme tout simplement qui doit être le seul centre de la pensée politique, philosophique et économique. Chercher le bonheur de l'homme au travers de la seule économie ne peut conduire qu'à sa perte. Il faut donc retrouver l'optimisme libéral, mais en le corrigeant par la neutralité de l'économie et en introduisant, à l'image de certains néo-marginalistes la notion d'influence du milieu social sur la valeur, cette dernière n'étant que subjective car seulement résultant d'estimations strictement individuelles. Brisons les carcans des modélisations et des estimations pour en revenir à la réalité : nul n'a tout à fait raison, mais nul n'a tout à fait tort; cherchons donc à concilier ce qui semble inconciliable, mais en aucun cas en recréant de nouveaux modèles, de nouveaux carcans, par nature limitant et restrictifs. Le Général de Gaulle nous a ouvert la voie, à nous de tracer le chemin et de consolider les routes qui conduisent la société vers son bonheur.

 

Comme il a été dit plus haut, se pose toujours la question de savoir si la lutte contre le chômage doit être la véritable priorité pour un Président de la République; n'est-ce pas là plutôt la tâche d'un Premier Ministre ? Comme le disait le général de Gaulle, le rôle du Président de la République est d'assurer l'unité et la sécurité de la nation, de veiller à la place de la France en Europe et dans le monde, d'assurer le fonctionnement régulier des institutions; ce sont d'ailleurs les propres propos de Jacques Chirac dans son livre Une nouvelle France (Une nouvelle France, NIL Éd., Paris, 1994, page 74). Il faut donc avant toute chose restituer à la République ses valeurs énoncées dans le Préambule de la Constitution de 1946, dans la Déclaration des Droits de 1789 et aux quatre premiers articles de la Constitution de 1958; il faut faire cesser les agressions dont démocratie et République ont l'objet de 1989 à 2002, même si ces dernières provinrent parfois de notre propre camp. Nous ne devons pas avoir honte de notre passé ! Ce passé est désormais immuable; il n'est pas là pour nous dire ce que nous devons faire; il doit par contre nous montrer ce qui ne doit pas être fait, la valeur tirant sa substance, certes de la connaissance, mais aussi de l'expérience, ces deux vertus étant inséparables.  C'est notamment cette longue expérience historique qu'a la France - et c'est là l'une de ses chances - qui nous démontre qu'une politique de grands travaux n'est qu'un pis aller ne faisant que repousser dans le temps la crise de l'emploi sans jamais la résoudre, voire même en l'aggravant à moyen terme. C'est ce que voulait dire Édouard Balladur lorsqu'il parlait de rendre leur confiance aux français, mais il est malheureux qu'il ait voulu dépasser son rôle, sombrant parfois dans une certaine dérive pono-physiocrate inadaptée à nos sociétés contemporaines. Édouard Balladur fut ainsi  un très bon premier Ministre, mais, par trop économiste, il donna trop priorité au quotidien sur les grands desseins, oubliant en cela les leçons que nous a donné le général de Gaulle qui parlait plus souvent de la France, de grandeur, d'État, de pouvoir que d'économie et de monnaie ; de même, Alain Juppé fut un peu trop technocrate, plus dans son discours que dans sa réalité, mais tel fut-il perçu ! C'est aussi pourquoi les français attendent des mesures réelles qui ne soient pas des resucées de mesures éculées et inadaptées... C'est pourquoi les Français attendent des mesures « révolutionnaires », non pas dans un sens de remise à plat et de destruction mais dans un sens de progrès, mesures qui devront être mises en œuvre par le chef du Gouvernement, technicien de la politique, après avoir été inspirées par le Président de la République, « philosophe » de la politique et gardien de la grandeur de la France. Seul un tel partage des pouvoirs, voulu par le général de Gaulle, permettra d'enrayer la dérive monarchique du pouvoir : le général de Gaulle voulait un Président souverain et non pas un monarque pantin ou un monarque absolutiste, aboutissement de toute vision physiocrate de l'État. Il nous faut donc proposer quelque chose de neuf, oser comme le disait Danton ... ou Rueff au général de Gaulle. Il ne faut plus à la France de « technocratie réchauffée » ou de néo-keynésianisme. Le général de Gaulle ne s'est jamais contenté de proposer : Il a fait, et Jacques Chirac suivit en cela son exemple en tenant ses promesses à l'occasion de ses deux passages à Matignon. Le général de Gaulle ne s'est pas contenté de constater, d'analyser et de dénoncer : Il a changé la société française - et l'Europe - en profondeur, en l'améliorant. Quel dommage que son œuvre - qui est celle d'un Grand Homme puisqu'il a su écouter ceux qu'il avait choisi pour le conseiller, ce qui est le plus dur pour tout homme politique - n'ait pas été comprise, qu'elle ait été suivie par un véritable « tsunami » de technocratie avec de trop brefs répits... Aujourd'hui, on analyse, on disserte, on critique, ... mais on oublie de faire. Redevenons des gaullistes, ce qui ne rime pas forcément avec parti politique, mais toujours avec grandeur de la France et Europe forte face aux blocs. Il nous est donc nécessaire de retrouver à la fois nos origines et nos idées afin de démontrer que nous sommes nous mêmes, que nous avons des idées propres, et, par là même, un dessein pour la France. C’est exactement la tâche à laquelle s’était attelé le tandem Jacques Chirac/Jean-Pierre Raffarin, avec leur nouvelle approche de la gouvernance ; c’est ce que tende de faire Nicolas Sarkozy aujourd’hui, dans le prolongement de son livre Témoignage.

 

Cet idéal, repris de la pensée du général de Gaulle, se retrouvait d’ailleurs dans l'article 2 des statuts du Rassemblement Pour la République, et ce sont les diverses propositions de cet article, véritable Credo du Gaullisme adapté à son temps qui doivent servir à notre réflexion :

 

« Le Rassemblement a pour but de réunir tous les hommes et toutes les femmes de France décidés à remplir leur devoir envers la Nation et à exercer leurs droits politiques, économiques, sociaux et culturels dans le cadre des institutions de la V° République. Il se propose de soutenir une politique fondée sur le respect intransigeant de la souveraineté du peuple et de l'indépendance nationale, de la responsabilité et de la dignité de l'homme. Il s'inspire des principes de tolérance, de justice et de solidarité dans la poursuite du progrès économique et social par la participation. Il entend s'attacher à l'abolition des privilèges et à la suppression des inégalités que ne justifient ni le travail, ni le talent, ni les services rendus au pays. »

 

La pensée gaulliste, concrétisée au travers du Rassemblement Pour la République, est donc tout à la fois un but, une politique et des principes, et il est de notre devoir de la prolonger au sein de l’UMP.

 

Les propos qui suivent ne visent pas à constituer par eux-mêmes une politique immédiatement transposable dans les faits ; ils visent simplement à rappeler ce que nous sommes et à devenir des éléments décisifs de décision dans l'élaboration d'une politique pratique, à la fois du quotidien et de l'avenir. Ils visent à rappeler que la pensée du général de Gaulle était une pensée universelle, dépassant les clivages politiques et économiques, bref une véritable politique de l'homme, neutre au sens idéologique mais globale et positive au sens politique. La pensée du général de Gaulle n'est ni de gauche, ni de droite, ni du centre; elle peut, dans le refus des extrêmes, servir de guide pour toute politique non exclusive, et c'est ce qui fait sa grandeur et son actualité. C'est en lisant la pensée du général de Gaulle que l'on peut réconcilier ce qui semble inconciliable, que l'on peut mener une politique sociale « de gauche » et une politique économique « de droite » , sans remettre pour autant en cause son identité. Et c’est exactement à quoi s’était attaché à exposer Jean-Pierre Raffarin dans son livre Pour une nouvelle gouvernance publié en 2002.

 

Être gaulliste n'est pas facile ! Être gaulliste c'est être partisan de la nation, du peuple et de la dignité de l'homme ! Être gaulliste, c'est conduire et poursuivre l'idéal d'une France libre et forte dans une Europe forte face aux blocs, qu'ils soient financiers ou politiques ! Être gaulliste, c'est donner la parole au peuple, mais à tout le peuple, les SDF et les pauvres, certes, - ce que Jacques Chirac avait compris en créant par exemple le SAMU social à Paris -, mais aussi les artisans et les professions libérales qui sont les moteurs de l'économie, mais aussi les travailleurs et les employés qui sont ceux qui paient des impôts, qui cotisent à la sécurité sociale, qui peuvent en avoir marre de trembler pour leur avenir alors qu'ils sont la force de la France ! Ne parler que des pauvres, que des SDF serait une grave erreur. C'est ce qu'a compris Le Pen qui parle à la nation sans fractures, et qui trouve ainsi son substrat dans un monde de petits bourgeois, de commerçants, d'artisans, d'employés, d'ouvriers qui ne sont pas des fascistes mais qui ont peur pour demain ! Et c'est ce qu'ont compris Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy dont le message s'adresse à tous en une volonté de rassemblement et de redistribution de certaines richesses non mobilisées pour la France et pour l'emploi…

 

 

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Published by Serge Bonnefoi - dans Science politique
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