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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 10:14

Suite de Chavez est-il un modèle ?

Mais vous me répondez : l’Inquisition ! Vous êtes non violent ! Vous ne pouvez admettre que l’Eglise soutienne l’extrême-droite ! C’est très bien d’être non-violent… Quant à l’accusation de soutien à l’extrême-droite, voyez Monseigneur Romero… J’en reparlerai peut-être…  Mais surtout, réfléchissez. Souvenez-vous que la violence est intrinsèque à la doctrine marxiste, notamment au travers de la théorie de la lutte des classes, le concept de révolution, ainsi que partiellement l'idée d'aliénation. Le Catholique parle d’amour, le marxiste de lutte ! De plus, l'idée de dictature du prolétariat est indissociable de la théorie marxiste, et son abandon n'est donc soit que tactique électoraliste, soit renonciation au marxisme en tant que tel, donc au communisme au sens contemporain du mot. L'idée de dictature est donc indissociable, sauf à renoncer au marxisme, au marxisme lui-même. Certes, cette dictature est parait-il dirigée par le peuple, mais elle est déjà élitiste puisque fondée sur le prolétariat seul, et encore sur la seule frange "éveillée" du dit prolétariat. Et puis, une question... Qui désigne cette frange, d'autant plus lorsque l'on connait la structuration contrôle interne des mouvements communistes athées ? L'éducation elle-même, visant à "libérer" des aliénations n'est en rien indépendante, et donc impose une idée unique, idée intégrant le rejet de toute idée religieuse... Certes, il y a les "lendemains qui chantent", l'idéal de la société sans classes, sans Etat, etc..., mais ce n'est qu'un aboutissement après une phase inévitable selon la doctrine même de Marx de dictature ! On ne peut donc pas être, là encore, chrétien et marxiste, ou alors il est nécessaire de limiter son marxisme à la seule dimension "politique économique", donc dépouiller le marxisme de sa dimension politique pure ! … mais ce n’est alors plus du marxisme ! Que l'on reprenne certains passages des écrits de Marx comme critique de certains excès possibles du capitalisme, c'est possible; par contre les solutions proposées sont encore pires que le mal, notamment en supprimant l'idée même de ... révolution comme possibilité de supprimer les abus et excès... Un régime marxiste ne peut qu'être "pur", donc pas de grèves, pas d'opposition libre, pas de liberté en dehors du seul service du corps social lui-même, etc...

 

Ceci est patent lorsque l'on reprend l'analyse que fait Marx de l'idée de classe dirigeante. La notion de classe dirigeante ne vaut selon lui que pour les capitalistes et leurs sociétés. Il refuse de tirer toute conséquence logique de l’existence d’une classe dirigeante dans la mesure où il refuse d’appliquer cette théorie et ce type d’analyse à tous les régimes politiques, y compris les régimes marxistes... Certes, la théorie de Marx s’explique parfaitement pour une raison sociale, Marx se livrant à une analyse sociologique -mais uniquement sociologique - sur ce qu’il voit (ou croit voir), c’est-à-dire sur les mécanismes étatiques et sociaux du capitalisme de son temps qui, il est vrai, était devenu, surtout en Angleterre et au Pays de Galles, déshumanisé et centré seulement sur le profit, rejetant toute morale chrétienne (ce que Marx oublie) ! En tout cas, lorsque Marx parle de société socialiste, il ne parle pas d’une société qui lui est contemporaine ; il prolonge les lignes de l’évolution historique qui lui semble inévitable. On est donc là non plus dans une partie sociologique mais dans une partie prophétique de sa théorie, et Marx n’est plus sur le terrain de l’observation de la société, mais sur celui de l’utopie, celui de la seule spéculation psychologique. Par ailleurs, la théorie de Marx s’explique aussi pour une raison idéologique. Karl Marx affirmait que la révolution communiste, a contrario de toutes les révolutions précédentes, n’a pas pour but l’appareil politique mais, bien plus, vise à la suppression de l’État ! Dans un système communiste, il n’y aurait donc plus d’État, plus de pouvoir politique, plus de domination de classe, et ce parce que, dans un régime socialiste, le phénomène de classe dirigeante disparaîtrait de lui-même avec le dépérissement de l’État. On aboutirait donc à une société homogène, oui, mais après une phase de dictature et de répression de tout ce qui serait jugé aliénation ou résistance !

 

 

Comment, vous insistez ? Vous me citez maintenant les Croisades ! Après l'Inquisition, bref les anachronismes classiques que l'on nous sert systématiquement lorsque l'on est à court d'argument ! Oh Oh ! Coucou ! Eh bien, puisque nous sommes au ras des pâquerettes, alors que je cherchais à élever le débat : C'était il y a combien de temps ? L'URSS, la Corée du Nord, la Chine, Cuba, la RDA, etc... c'était pas plus récent si on doit en rester aussi bas dans le débat ? L'Inquisition, combien de morts en six siècles (100.000 au plus selon son pire ennemi !) ? L'URSS, combien de morts en soixante-dix ans environ (dans les 45 millions) ? Réfléchissez-y un peu ! Si on doit en rester au niveau des pâquerettes, des caniveaux de l'histoire comme vous m’y invitez, je suis obligé de faire des comptes d'apothicaires ! Dans les deux cas pour un idéal identique (du moins à vos yeux dans leurs transcendances) ! Je vous rappelle que les communistes veulent le bien de l'homme sur terre ! Au moins, les Inquisiteurs croyaient le leur offrir au Ciel (le bonheur), mais comme il n'y a que matière et pas de ciel chez les communistes, ce n'est que de l'extermination (je reprends le mot de Fichte que l'on veut nous faire passer pour un grand humaniste lui aussi par interprétation erronée de sa Doctrine du droit (1812) puisqu'il n'y a pas d'au-delà et qu'une seule et unique vie, pas de solution alternative ! Quant à l'humanisme du créateur du KGB, du goulag, de l'Armée Rouge, du cloutage des galons sur les épaules des officiers blancs, etc..., bref de Trotsky, désolé, mais vous repasserez ! Le pire, c'est peut-être ce "communisme capitaliste" chinois ! A moins qu'il ne soit qu'une application volontaire de l'adage selon lequel les capitalistes seraient assez bêtes pour vendre la corde pour les pendre , qu'une forme de révolution par l'argent ? Mais, combien de victimes sur le chemin ? 800 millions de chinois sous le seuil de pauvreté je crois ! Et combien de millions de prisonniers politiques, combien ?

 

Au fait, avez-vous lu les livres de Guareschi ? Ne vous contentez pas du Don Camillo de Fernandel ! C'est beaucoup plus grave, plus violent dans beaucoup de cas (exception faite de Don Camillo et les contestataires, bref du dernier de la série) : - des enfants privés de nourriture parce que l'aide alimentaire vient des Etats-Unis, les pères étant frappés sous les yeux des dits enfants pour ne pas avoir respecté la ligne du Parti ; - des meurtres "pour le bien du peuple" ; - etc... ! Oui, parfois très loin de livres comiques, malgré les films !

 

A suivre : La fin justifie-t-elle les moyens ?

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Published by Serge Bonnefoi - dans Marxisme
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