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11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 06:19

« Que penses-tu d’une mairie qui endette sa ville pour 12 ans ? C’est de la prévision en bon père de famille, un investissement d’avenir, casse-cou, ou une  fuite en avant? »

 

Vaste et difficile question !!!

 

Tout dépend du volume déjà existant de l'endettement... Tout dépend aussi du taux et du fait que ce taux soit fixe ou variable... Tout dépend également du prêteur... On ne peut donc se prononcer sans connaître ces données... Pour un ménage, le taux acceptable supérieur de remboursement annuel est de 33 % environ de ses ressources annuelles, pour une collectivité publique entre 60 et 80 % en général (sauf exceptions, tout dépendant aussi des ressources des communes et de leur perspectives de maintien ou de développement de ces ressources)... Il faut aussi connaître la part du budget de fonctionnement dans le global... Pour faire simple... Reste une grosse incertitude : l'Etat qui ne cesse de transférer des compétences, sans transférer les budgets équivalents (alors qu'il les perçoit pourtant ces sommes, les compétences pré-existants...)... La grosse dérive ce sont ces communes qui finalement n'ont qu'une marge d'investissement réel de 10 % pour 90 % de fonctionnement et qui empruntent plus que ces 10 % en remboursement pour en fait cacher derrière l'investissement l'encours de la dette... Un particulier qui ferait cela serait poursuivi... Reste aussi à savoir quelle est la réalité de l'endettement : réel ou uniquement dû à des règles comptables inadaptées (cf. l'exemple allemand dont je te parlais naguère, car en France on compte parfois trois fois la même chose en difficile)... Donc, difficile de répondre sans les dossiers et les pièces comptables !

 

 

En fait, pour reprendre une image, c'est exactement comme en voile... Tu tires sur une écoute avec la même force, tu donnes un même angle à ton bateau, mais, selon les circonstances, c'est soit la cata, soit la réussite, pour le même geste ! Ce qui compte, ce n'est pas la statistique (qui règne hélas en matière de finances publiques), mais le feeling, les circonstances précises à l'instant t ! Et c'est pourquoi il est si dur de répondre à ta question, et c'est pourquoi la décision budgétaire ne peut correspondre qu'avec un instant t en espérant que cette décision pourra convenir avec les circonstances nouvelles, le monde étant comme la mer, en permanent changement, jamais le même, toujours autre même si l'on en est totalement partie ! Tu notera que souvent les bons gestionnaires des deniers publics sont de bons marins, car ils ont le feeling, car ils sentent, savent quand lâcher du lest ou résister, ressentent le bout de corde dans leurs mains ! Tu peux expliquer dans les grandes lignes ce qui est en mer, mais si on ne le vit pas, cet éternel changement qui n'est jamais retour du même, impossible à faire totalement passer pour imitation si l'autre ne ressent pas ! Il en est de même pour les questions de finances publiques, n'en déplaise aux purs mathématiciens et adorateurs des chiffres qui nous gouvernent !

 

En fait, il y a en finances publiques comme en voile quelques règles de base incontournables, mais dans leur application, tout dépend de tant de facteurs extérieurs, du talent des acteurs... Ce sont des arts et non pas des sciences, même si, comme dans chaque art, il y a des règles de base... Mais donnons la palette de Michel Ange à un âne, on n'aura rien (sauf dans le cas de Boralino  )… Mais apprendre par cœur le cours des Glénans ne suffit pas, son application stricto sensu pouvant être dramatique ! De même, alors que beaucoup dépend de la situation du navire et des voiles, de leurs réactions, beaucoup dépend de l'état initial de la commune ! En forçant le trait, un poète ou un marin sera toujours meilleur gestionnaire public qu'un mathématicien ou qu'un comptable !


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Published by Serge Bonnefoi - dans Varia
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commentaires

Serge Bonnefoi 30/05/2014 19:54


Je crois que tous nos politiques devraient
faire un peu de voile histoire :
1/- d'apprendre à savoir d'où vient le vent et à estimer;
2/- d'apprendre à savoir appréhender des situations délicates ;
3/- d'apprendre à faire des choix à partir de données tant réelles que subjectives ;
4/- histoire enfin d'apprendre que l'erreur se paye cash à la voile !
et 5/ s'ils ne se sentent pas capables dans certaines situations, d'apprendre à céder la place, même temporairement à plus compétent, et à choisir un équipage compétent et complémentaire
!

Serge Bonnefoi 28/05/2014 16:08


Tout à fait ! Il faudrait qu'ils fassent deux choses très régulièrement : de la voile et jouer à la belote (ni au poker, ni aux échecs) ! Histoire de comprndre la
finesse  dans un cs, la réalité du mythe de la croissance dans l'autre ! 

Nathalie 27/05/2014 15:02


Donc nos politiciens devraient faire de la voile