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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 15:13

Il est impossible de résoudre une telle question, celle des temps, même Jean Guitton n’ayant pu par exemple conclure véritablement dans sa célèbre thèse de 363 pages sur l’éternité et le temps chez Plotin et Saint Augustin (J. Guitton, Le Temps et l’Eternité chez Plotin et Saint Augustin, Boivin et cie, Paris, 1933). Cette question me semble d’une certaine manière insoluble. Je n’évoquerai pas, du moins pas directement, Einstein, qui évoque effectivement ce problème notamment dans Comment je vois le monde, parce qu’il est Juif, donc non catholique, et comme notre réflexion est ici catholique…, tout comme je n’évoquerai pas non plus, du moins directement, Teilhard de Chardin qui y a aussi pensé de manière très intéressante avec ses trois directions de l’évolution et ses six figures du Christ qui sont invitations et propositions dans le cadre d’un tel sujet ; mais il y a mise en garde de l’Eglise quant à la lecture difficile de Teilhard, lecture pouvant conduire à l’erreur en cas de mauvaise compréhension, même si on ne trouve nulle part trace d’une condamnation de Teilhard quant à ce que contenait son œuvre en matière de Foi.

Précisons d’abord que l’Ecriture ne voit pas dans le flux du temps régulier où s’écoule de soi-même, dans le vide et le néant, la réalité de chaque instant. Pour elle, le temps est toujours un temps structuré. C’est le temps du salut, où rien ne se répète purement et simplement, et où tout a un but ; le temps où se fait le salut de l’humanité et de l’individu (A. Darlapp, « Temps », in : H. Fries dir., Encyclopédie de la Foi, Cerf, Paris, 1967, tome IV, pp. 294-301). Le Catholique ne doit jamais perdre ceci de vue !

Monseigneur Lemaître distinguait le commencement de la création elle-même… Le commencement qui, dans la Genèse, précède l’acte de la Création est-il déjà dans le temps ou se situe t-il toujours dans l’éternité ? Ou alors, ne serait-on pas dans un premier cas d’interférence entre le temps et l’éternité, comme deux autres de ces interférences seraient la chute de Lucifer et l’Incarnation de Dieu par et en Jésus-Christ, le Nouvel Adam ? Ces deux points capitaux sont deux instants de la vie spirituelle du chrétien, car formant les deux limites de l’idée et de la totale réalité du péché originel, l’un ouvrant son cycle, l’autre le fermant pour ses aspects non physiques. Ce sont, a minima, deux points de rencontre majeurs entre le temps et l’éternité. Il faut en effet bien se souvenir que la chute de Lucifer précède la faute d’Adam, la chute d’Adam. Or, il y a un avant de Lucifer, créature, et un après de Lucifer, et il pourrait sembler légitime que le temps soit la conséquence de cette chute. Mais, fait paradoxal, il faut d’abord penser qu’Adam, créé après le commencement, donc après la création du temps, se  trouvait avant sa chute comme vivant encore dans le temps de Dieu, certes dans un espace, mais un espace sans temps mesurable et éternel, mais aussi et paradoxalement  déjà dans le temps de la création, donc dans un espace avec du temps physique, mais sans être pour autant marqué par le mal ! Par ailleurs, poser le problème dans le sens du temps conséquence de la chute signifierait que le venue du Christ serait synonyme de fin des temps, alors qu’elle n’est que fin d’un temps ! En outre, pour aller plus avant dans le temps, la création des anges se situe t-elle elle-même dans l’œuvre de création, car ils sont créatures, ou dans l’avant Création, donc dans l’éternité, temps spirituel, immatériel, sans mesure physique ? Semble nous le confirmer le concept de fin des temps, et non pas de fin du temps ! Dès lors, dans cette éviternitéEveternité (1) , l’aevum thomiste, n’a-t-on donc pas du temps spirituel, du temps divin, puisque la création des êtres spirituels est elle-même un moment, même si ce moment se situe dans une dimension uniquement spirituelle, mais dans une dimension spirituelle pouvant rejoindre la dimension terrestre, dès lors que les anges interviennent dans le monde des hommes, ne serait-ce qu’au moment de l’Annonciation ?

Tout en distinguant le temps de l’éternité, tant saint Augustin que saint Thomas d’Aquin admettent que le temps est un moment de l’éternité ! Il y a donc des moments dans l’éternité, et tout ce que l’on peut constater c’est le fait que notre vocabulaire est bien pauvre car ne pouvant définir dans le langage ces dits moments ! Je dirai donc que l’éternité est un temps hors du temps, bref un non-temps, mais en aucun cas un anti-temps, combinant un a-temps pré-α et un a-temps post- Ω, ou alors tant saint Augustin que saint Thomas d’Aquin  se seraient trompés  en faisant du temps  un moment de l’éternité ! Mais, dès lors, l’éternité est un temps sans limite ni première ni finale, mais un temps à la fois in-mesurable, inconnaissable et indéfinissable sauf à la fin des temps, et non pas du temps, le mot étant fondamental, car inscrivant l’éternité comme temps de Dieu, même s’il est a-temps et non-temps physique ! Comme l'a écrit Saint Thomas d'Aquin, seule la Trinité existe éternellement (Thomas d’Aquin, Somme théologique, Ia 61, a. 2). La fin des temps est à la fois fin du temps des hommes et fin du temps spirituel, redevenant l’éternité pure d’avant la création, mais plus riche des traces de cette création, de par la création spirituelle permanente des âmes !

Le kronos n’est pas identique au kairos et ainsi de suite pour les vingt-huit mots grecs utilisés dans la Bible et traduits par … tempus ou temps… Ce sont des réalités différentes, le kairos étant par exemple le point juste qui touche au but, pour en rester à ce seul exemple. De même, le français n’a pas de mode équivalent à l’optatif grec, ou encore de temps équivalent au futur du parfait grec… Comment dès lors ne pas laisser passer des risques d’erreurs sur le sens du temps, celui du futur lorsque le texte original n’est pas abordé ? Peut-être faut-il y voir la raison de la plus grande réflexion et de la plus grande profondeur de la patristique et de la théologie grecques quant à la nature et au temps de Dieu, quant à l’eschatologie ?

Pauvreté du langage français ou latin, … pauvreté que déplorait déjà saint Augustin dans ses Confessions, se plaignant d’être forcé de penser le temps en latin, avec et par le seul tempus… Il disposait par contre de cinq (…ou seulement quatre si on ne prend pas en compte le ea) , dont du ubi, du du lieu où l’on est qui lui permettait d’écrire : Là j’entendrai la voie de Votre louange et je contemplerai votre Joie (Augustin d’Hippone, Confessions, XI, 29)… En un lieu ! en cet ubi se rapportant pourtant à l’immutabilité toujours présente… Comme il le dit, réfléchissant sur le temps : O vérité, ô lumière ! éclairez-moi (Augustin d’Hippone, Confessions, XI, 23) …

Mais, saint Thomas d’Aquin nous dit bien que les anges réalisent des mouvements locaux (Thomas d’Aquin, Somme théologique, Ia, art. 3, sol. 2) … Peut-on concevoir un espace sans temps, même si ce temps n’a rien à voir avec celui que nous concevons, que nous mesurons ? Il faut garder à l’esprit que les espaces géométriques, donc sans temps sont des réalités, qu’ils soient à deux ou trois dimensions. Par ailleurs, des espaces de coordonnées (0,0,0,0), (¥,¥,¥,¥) ou encore (0,0,0, ¥) ne sont en rien impossibles mathématiquement !

Il faut aussi bien distinguer Dieu lui-même de sa création, de toute sa création, l’être en lui-même étant distinct de l’être créé. Dieu, en lui-même, est absolument sans temps, ce dernier étant une création (Thomas d’Aquin, Somme contre les gentils II, 35, 6 : « Dieu produit ensemble la création et le temps »), et comme l’être ne peut être précédé par sa créature, tout comme la créature ne peut précéder son créateur… Pourtant, Dieu intervient aussi dans le temps des hommes… Il y a ainsi trois instants décisifs : la création des anges, la création de l’homme et l’Incarnation qui, paradoxalement, nous a rendu Dieu si proche qu’Il en est encore plus infiniment inaccessible ! C’est la paradoxale immanence/transcendance chrétienne ! Dieu est infiniment inaccessible parce qu’Il s’est rendu infiniment proche, allant jusqu’à s’incarner en Jésus-Christ, vrai Dieu, mais vrai homme ! Mais il faut aussi garder à l’esprit que l’homme pourra voir Dieu dans sa totalité une et trine à la fin des temps. Néanmoins, l’homme étant une créature reste dans le temps, ce qui fait que l’après-fin des temps reste du temps pour la créature, mais pas du temps physique ! Ou alors cela signifierait que la créature serait Dieu lui-même et que l’éternité offerte par Dieu à sa créature serait en fait intégration/confusion entre la créature et Dieu, ce qui est absolument hérétique catholiquement parlant ! Il faut donc bien distinguer le temps de Dieu, qui est éternité sans avant et sans après, du temps des hommes qui est lui borné, a minima par la création, les deux temps pouvant se retrouver dans le paradoxal temps spirituel. Mais Dieu n'est pas séparé du monde, en ce sens qu'Il est le Dieu qui, par delà l'espace et le temps - pas en opposition, pas en dehors, mais par-delà ! - , le peut et le veut et qui mettra Sa Toute Puissance en oeuvre pour ce dessein (Catéchisme de l'Eglise Catholique (CEC), 205). Vient à l'appui de ce qui vient d'être dit le canon du quatrième Concile du Latran qui nous dit depuis 1215 qu'il est de Foi que Dieu, au commencement du temps, a créé de rien tout l'ensemble des deux créatures, spirituelle et corporelle, à savoir l'ange et le monde, donc il y a bien deux lieux, l'un spirituel et l'autre corporel, donc deux temps, l'un céleste, l'autre terrestre. Comme le dit le Catéchisme de l'Eglise Catholique (CEC, 326), le Ciel est le "lieu" des créatures spirituelles - les anges qui entourent Dieu -, des êtres spirituels, non corporels, et ce comme vérité de Foi (CEC, 328), qui sont des créatures spirituelles, personnelles et universelles (CEC, 330). Il ne s’agit évidemment pas d’endroits géographiquement distincts puisque le mot géographiquement ne se réfère qu’à la réalité corporelle ou matérielle. Un événement de la réalité spirituelle peut être vécu à un endroit de la réalité matérielle. Il y a distinction mais aussi coexistence de ces deux réalités, des lieux de chacune d’elles. N’oublions pas la bonne nouvelle proclamée par Jésus lui-même : Le Royaume des Cieux est tout proche, parmi nous ! Le CEC met d’ailleurs fort opportunément le mot lieu entre guillemets et ce afin d’éviter toute confusion ; il est même indispensable d’y être attentif pour comprendre le début de la Genèse où l’événement du péché originel va se vivre dans une coexistence de ces deux lieux, où le récit des origines nous parle de ces deux réalités. Lire le récit de la chute comme se produisant exclusivement dans le lieu invisible de la création spirituelle est tout aussi trompeur que de le lire comme se produisant exclusivement dans le lieu visible de la création matérielle.

Il y a eu, je me répète, des points de conjonction entre le « temps de Dieu » et le « temps des hommes », les deux acmés de ces points de conjonction ayant donc été la chute de Lucifer, plus exactement ici le couple (chute de Lucifer/faute d’Adam) et l’Incarnation, la troisième acmé devant être le retour du Christ, du Christ toujours Nouvel Adam ! Mais il y a d’autres moments de rencontre entre cette éternité et le temps des hommes, le temps mesure physique, avec les venues des anges, ces derniers étant à la fois - hors du temps par l’éternité, - dans le temps spirituel dans le monde de Dieu qu’ils servent, acte induisant action et temps, - dans le temps des hommes ; éternels, comme l’homme d’ailleurs qui finalement tout en étant dans le temps physique échappe à ce dit temps, à la fois par son âme et par son esprit, mais aussi et surtout par l’espérance de la résurrection !

Le temps est une création, donc l’être en lui-même qui l’a créé ne peut être précédé par sa créature, même si dans le non-temps, nouveau paradoxe, Il est a la fois avant, pendant et après. Mais ce simple paradoxe montre en lui-même qu’il y a un temps divin, car justement Dieu ne peut être précédé à aucun moment par sa propre création ! En fait, il se pose à notre intelligibilité  la question de Dieu avant la Création, avant le temps physique et créature ! Ceci est très difficile à aborder, voire même insoluble, inconnaissable, car, outre le fait que nous contemplerons Dieu - et non pas nous fusionnerons en Lui -, pourrait-il y avoir un avant dans un temps qui n’existerait pas ? Dieu précède le temps physique, mesurable, quantifiable, mais il nous est impossible de concevoir ce temps dès lors qu’il n’est pas mesurable, alors qu’il n’existe pas en tant que créature, alors que le temps de Dieu, in-commencé précède le temps étant l’éternité. Donc, le temps des hommes est quantifiable, alors que le temps de Dieu est éternité sans avant et sans après, même s’il y a superposition à un certain moment de l’éternité au temps, coexistence de cette éternité avec le temps physique…

Il faudrait donc pour aller plus loin aborder les questions de la sensation, de l’intellection - celle-ci échappant au temps physique (cf. Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils III, 84, 5) -, de l’abstraction, mais aussi de la mesure, tout comme il faudrait nettement distinguer le saint Augustin des Confessions de celui de La Cité de Dieu, le saint Thomas d’Aquin de la Somme théologique de celui de la Somme contre les Gentils… Mais passons… Néanmoins, n’oublions pas que le concept thomiste d'eviternité selon lequel l'âme et les esprits purs ne sont pas soumis au temps puisqu'ils ne sont pas soumis à mouvement, ... sauf lorsque les anges rencontrent la terre, ce qui n'exclut pas leur durée qui n'est pas l'éternité, ce qui impose un commencement … N’oublions pas aussi les deux sens qu'il donne au temps (tempus) : (a) la mesure du mouvement, mais qui ne peut connaître sa réalité complète que dans l’esprit ; (b) la durée de l'être en mouvement, qui est dans ce cas le temps réel, le temps physique.

N'oublions pas également que pour Saint Thomas l'effet surnaturel (pour simplifier car il n'utilise pas le mot) produit ou dans le surnaturel est au-dessus de la nature. Enfin, pour Saint Thomas, l'esprit est une forme qui est par elle-même principe et sujet, la forme constitutive de l'homme étant à la fois âme et esprit ; or, l'esprit, qui échappe à la matière est pourtant humain, donc est à la fois dans le temps et hors du temps matériel. On pourrait aussi évoquer les quatre terres de Saint Thomas d'Aquin... Et puis, saint Augustin distinguait lui-même le temps de Dieu du temps des hommes, la Cité de Dieu étant spirituelle et dans le temps de Dieu - même s'il n'est pas physique et coexiste avec le temps physique - et la cité des hommes qui est dans le temps des hommes - qui lui est uniquement physique -. Thomas d’Aquin ne disait pas autrement : Tout ce qui est en quelque partie du temps que ce soit, coexiste avec l'éternel par une sorte de présence, bien que par rapport à une autre partie du temps, il soit passé ou futur (Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils Ia, 66, 7ème paragraphe ). Enfin, tant Saint Augustin que Saint Thomas d'Aquin n'ont jamais remis en cause l'éternité de Dieu et de Lui seul, - et tout particulièrement Saint Augustin - en écrivant, par analogie, que Dieu est, était et sera, tout comme la Prière chrétienne ne fait pas erreur en proclamant : A celui qui est, qui était et qui vient, cette perspective étant située dans la perspective de l'histoire de l'homme et non de celle de Dieu, même si l'histoire de l'homme tend vers Dieu, et même si Dieu peut rencontrer l'homme en étant venu et en revenant !

Comme l’a écrit Jean Guitton en conclusion de sa thèse, la relation du temps à l’éternité est incompréhensible en soi, parce qu’elle assemble l’infini au fini, mais elle regagne un sens lorsque nous agissons spirituellement, tout comme il y avait conjonction lors de l’Incarnation. Il y a dans l’éternité même la connaissance du temps, et de tout ce qui est, a été ou sera dans le temps ! Et enfin, n’oublions pas que Dieu-lui-même s’est fondu dans le temps, de Sa propre volonté, certes à l’instant de l’Incarnation, mais aussi lors de ses théophanies, tout comme Il y intervient par ses anges ou par ses miracles ! Mais par contre, comme l’a écrit saint Thomas d’Aquin, aucune puissance finie ne peut se mouvoir dans un espace infini (Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils Ia, 20).

Il n’y a pas de sens (au sens de direction) au temps de Dieu ; il n’est donc pas mesurable car sans avant et sans après car partout à la fois (Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils I, 55, 7ème paragraphe : « L'intelligence divine qui na pas d'avant et pas d'après ne saisit pas les choses successivement, mais toutes en même temps. ») ! Mais ce temps inclut le temps des hommes qui, lui a un sens, une direction unique, une flèche vers la fin des temps et non du temps, ce temps des hommes qui a un avant et deux après, l’un la fin des temps, donc sans sens rejoignant le temps de Dieu, mais aussi … la même fin des temps, mais ici comme Oméga, donc uniquement physique, annihilation du sens ! Ce sens même inscrit d’une certaine manière le temps de Dieu dans le temps des hommes, mais uniquement dans une perspective humaine, pas dans une perspective divine, même si cette inscription est tension vers Dieu ! Il y a inscription puisque le temps des hommes n’est qu’un moment de l’éternité, puisqu’il est mesure et mouvement physique mono-directionnel, axé, alors que l’autre temps, le temps spirituel, étant tout à la fois, sans pour autant avoir de dimensions, se trouve de facto inclus et être, mais sans sa dimension Dieu, mais avec ses dimensions Jésus et Esprit Saint ! Le temps de Dieu se trouve à la fois partout et en un point unique, ce qui fait qu’il est toujours hors de l’histoire, même s’il y est aussi tout en étant au-dessus (Thomas d’Aquin, Somme contre les Gentils II, 55, 11 : « Le mode propre d'existence de la substance intellectuelle est situé au-dessus du temps ». Je précise que saint Thomas ne dit pas en dehors ou indépendamment, mais au-dessus !), même s’il y a été par l’Incarnation, y est par les anges et les miracles ! D'ailleurs, Saint Thomas d'Aquin nous parle bien du présent invariable de l'éternité qui coexiste avec toutes les parties du temps (Thomas d’Aquin, I Sent 37, q. 2, a. 1, ad. 4), nous précisant que ce qui existe temporellement, quand il existe, coexiste à toute éternité, celle-ci étant indivisible, même si ce qui est temporel n'y coexiste pas totalement ! Penser au photon et à sa nature, au chat de Schrödinger, à tous ces paradoxes de la physique !

En créant le temps au commencement, Dieu s’est volontairement aussi installé dans le temps tout en restant dans Son éternité, son œuvre n’étant pas un point t0 quelconque, mais une durée, celle des six jours. Le point même de la Création est-il lui-même du temps, et ce du fait même de l’éternité ? Nous nous souviendrons qu'au sens propre, car ce mot a théologiquement trois sens (significations), l'éternité désigne une durée qui ne convient qu'à Dieu seul, car elle est sans commencement, sans fin et sans succession, un présent stable et immobile (A. A. Goupil sj, Dieu. Unité et Trinité, Paillard, Paris, 1938, 2ème éd., page 43. cf. Boèce, De consol. phil. 5, 6, ou encore (Dt 32), (Ps 90), (Ps 92), ...).

Il nous faut donc toujours ne jamais oublier lorsque l’on parle :  (a) que le vocabulaire théologique et philosophique reste encore incomplet, notamment en français ;  (b) que Dieu et sa créature sont distincts d’une manière absolue et non susceptible de fusion totale ou de confusion, ce qui est le cœur du problème, mais sans oublier aussi qu’après la création l’homme participe à l’œuvre de Dieu, qu’il a été prédestiné à l’éternité, ce qui fait qu’il y a bien deux mondes, l’un terrestre et l’autre spirituel, et deux temps pour le seul homme, celui de la terre et celui de Dieu, puisqu’il y a eu un commencement, y compris pour chaque âme, bien individualisée et créée, âme prédestinée à l’éternité ; (c) que l’Incarnation a d’une façon certaine pour le Chrétien changé le temps ; (d) que le temps est ce qui passe, alors que l’éternité est ce qui demeure comme le disait Malebranche en écrivant que l’éternité n’est pas tant dans le temps que le temps dans l’éternité.

En conclusion, éternité - temps infini, sans avant et sans après, sans changement continuel, donc de Dieu - et temps physique se rencontrent parfois, même si le temps physique n’est qu’une création et qu’un moment de l’éternité, notamment, et par delà l’Incarnation, avec les anges et avec les miracles, d’où d’ailleurs la nécessité de l’instantanéité du miracle car le « temps de Dieu » n’étant pas temps physique son intervention dans le monde ne peut être qu’instantanée, d’où le caractère rare du miracle vrai ! C’est le Fils de Dieu, dans Son mystère de l’Incarnation qui épouse le temps des hommes. L’union de la nature divine avec la nature humaine fait entrevoir aux hommes l’union de l’éternité et du temps… Dans l’Incarnation, le Verbe assume le temps des hommes et l’élève à hauteur du temps de Dieu, dans l’éternité. Le Fils de Dieu est entré dans le temps pour que nous entrions dans son éternité ! Admirable échange !

Comme le disait Jean-Paul II le 31 décembre 1999 : Avec l'incarnation du Fils de Dieu, l'éternité est entrée dans le temps, et l'histoire de l'homme s'est ouverte à un accomplissement transcendant dans l'absolu de Dieu. (...) Le pèlerinage de la vie terrestre est donc un chemin qui a lieu dans le temps de Dieu. L'objectif est Dieu lui-même, plénitude du temps dans l'éternité. La vie chrétienne comporte déjà un avant-goût du Ciel, saint Paul n’hésitant pas à dire aux chrétiens qu’ils sont déjà ressuscités avec le Christ de par leur Baptême !

Dans la Somme théologique, Thomas d’Aquin nous écrit dès qu'il, ce quipeut surprendre à sa lecture : Et ainsi, dès qu'il veut manifester son concept, l'autre le connaît (Thomas d’Aquin, Somme théologique Ia, q. 107, a. 1, ad. 1m. Le jam ici utilisé par saint Thomas d’Aquin (et que l’on retrouve aussi chez saint Augustin) recouvre, à la fois dès lors et désormais, donc rapport au temps…). Néanmoins, cette citation peut s'éclairer et s'expliquer à la lecture de divers passages de saint Thomas d'Aquin - et pas que par analogie -, et tout d'abord de la première objection posée au LIV (intitulé : Raisons alléguées contre la possibilité de la vision de Dieu en son essence et leur réfutation) du livre III de la Somme contre les Gentils que saint Thomas d'Aquin réfute aussitôt en affirmant que la divine substance ne dépasse pas à ce point l'intelligence créée qu'elle lui soit totalement étrangère (...) L'intellect créé a donc besoin d'être renforcé par quelque lumière divine pour voir l'essence de Dieu. On peut ensuite, comme nous le conseille le Dictionnaire de Théologie Catholique (DTC I, 1231) retenir ce que nous dit saint Thomas d'Aquin dans la Somme théologique (cf. Thomas d’Aquin, Somme théologique Ia q. LI ), c'est-à-dire que si l'ange est une substance intellectuelle et n'a donc pas de corps, il peut prendre un corps étranger par lequel il agit, dans lequel il ne vit pas, mais qu'il meut de façon à ce que ce corps le représente. De même, si Saint Thomas d'Aquin nous dit que l'ange n'est pas dans un lieu au sens matériel, à la manière des créatures corporelles, n'ayant ni étendue, ni dimension, mais néanmoins une durée car immortel et non pas éternel, il peut cependant être dans un lieu à la manière des créatures corporelles par l'application qu'il fait de sa puissance à ce lieu. Mais, sa puissance étant finie, il ne peut l'appliquer à tous les lieux, ni à tous les temps, ce qui fait qu’il ne peut être qu'en un seul lieu et en un seul temps à la fois (Thomas d’Aquin, Somme théologique Ia, q. LII ), ni même avant leur propre création. Mais l’ange peut néanmoins se mouvoir d’un lieu à l’autre sans avoir besoin de passer par des lieux intermédiaires, saint Thomas d’Aquin ne ne semblant pas évoquer la question des « délais » (Thomas d’Aquin, Somme théologique Ia, q. LIII ).

Duns Scot, le Docteur subtil, va plus loin en nous précisant que les anges peuvent se mouvoir dans le temps et dans l’espace (Duns Scot, II Sent., dist. II, q. IX-XII ).

En fait, on peut déduire de l’ensemble de la théologie scholastique qui s’est particulièrement penchée sur ce thème après le quasi-silence de ses prédécesseurs, l’ange a deux temps, si vous me pardonnez ce raccourci linguistique faute de mot adapté : - un temps de béatitude, éternel présent par imitation de celui de Dieu ; - l’autre dans le temps des hommes dès lors que Dieu l’a chargé d’une mission dans l’univers visible. Mais le commandement même de cette mission donnée par Dieu ne se fait pas dans l’état de béatitude, ni encore dans le temps de l’homme, mais les anges, dès lors qu’ils quittent leur béatitude se trouvent à un temps de commencement par rapport à la volonté de Dieu, non par rapport à Dieu qui reste dans Son éternel présent (le présent est d’ailleurs un temps en grammaire, temps exprimant le moment où l’on parle, qu’il soit de l’indicatif, du subjonctif, du conditionnel, de l’impératif, infinitif ou participe, ces six modes étant souvent ignorés, au seul profit du présent de l’indicatif) … Pour Saint Thomas d’Aquin, il est donc incontestable que les anges sont en rapport, même à et en un temps court, avec les corps, l’espace et le temps, même si Dieu, Lui, reste dans Son éternel présent ! Toujours selon saint Thomas d’Aquin, la volonté des anges a pour objet le bien universel, ce qui fait qu’ils peuvent intervenir dans le monde terrestre, y compris dans son temps (cf. Thomas d’Aquin, Somme théologique Ia q. CX, a. 1 ; Ia q. CXII, a. 1) !

J’ai parlé de l’éternité de Dieu ! Cette éternité, c’est Son éternel présent ! Mais chaque créature a un début, ce qui fait que son présent rejoint en fait en permanence le présent de Dieu, mais si ce présent est aussi le passé et sera le futur de cette même créature, à la différence du présent de Dieu qui est totale simplicité ! Et ceci vaut aussi pour les anges qui sont des créatures !

Par ailleurs, je rappelle qu’il est de Foi que Dieu est le créateur de l’univers visible et de l’univers invisible, donc distincts avec d’un côté des anges incorporels et purs esprits, de l’autre des hommes corporels et terrestres.

Basile de Césarée (Basile de Césarée, In Hexameron homel. I, 5) nous dit que le ciel est plus ancien que le monde visible, le ciel étant éternel, sans relation avec le temps. Mais il admet aussi que le ciel soit distinct du firmament, créé dans le temps (Basile de Césarée, In Hexameron homel. I, 4), ce qui fait qu’il y aurait au moins deux cieux ou au moins deux niveaux dans l’univers invisible, même si le firmament est en fait limite entre l’univers visible et l’univers invisible et vice-versa. Et on pourrait même, à la suite de Théophile d’Antioche, parler de trois ciels, Cyrille de Jérusalem ne disant pas autrement, alors que l’on peut aussi penser ici à l’élévation de saint Paul (2Co 12, 2), seul le troisième ciel, celui de Dieu et lui seul, étant éternel présent. Saint Thomas d’Aquin évoque d’ailleurs la question du ciel (cf. Thomas d’Aquin, Somme théologique Ia, q. LXI, a. 4 ; Ia, q. LXVI, a. 3 ; Suppl. q. XCIII et XCIV) ; il nous dit (notamment in : Somme théologique Ia, q. LXVI, a. 3) qu’il n’y a rien dans la révélation sur la nature réelle du ciel, même s’il nous engage à ne pas le confondre avec le firmament, la seule certitude étant que les élus jouiront ensemble de la vision béatifique. Ciel doit ici s’entendre comme la demeure de Dieu et des élus, mais les élus dans la vision de Dieu, ainsi que des anges lorsqu’ils connaissent eux aussi la vision béatifique !

Il faut donc dans tous les cas éviter les illusions de la gnose mais au contraire nous en tenir à la prudence de l’Eglise, et plus encore ici à celle de saint Thomas d’Aquin précitée, même si nul catholique ne conteste l’existence de l’univers visible et de l’univers invisible, tous deux dans le temps, même si ce temps est différent, ainsi que celle du ciel de toute éternité dans le présent de Dieu, du ciel non créé car « non-lieu » de Dieu, sans temps et sans espace !

Il n’y a donc pas remise en cause d’Aristote, de Schrödinger, de Monseigneur Lemaître… C’est autre chose, mais quelque chose qui ne s’oppose pas !

Pour en revenir au ciel, les divers catéchismes catholiques que j’ai consultés en donnent en fait cinq sens (significations) : (1) les régions ultra-terrestres ; (2) le séjour de Dieu (par exemple, en 2, 4 ; Gn 11, 5 ; Mt, 3, 17) ; (3) les habitants des cieux, et tout particulièrement le monde des anges distinct du séjour de Dieu ; (4) l’endroit où les élus jouissent de leur bonheur ; (5) le bonheur lui-même !

En tant qu’endroit où les élus jouissent de leur bonheur, ce qui est attesté par les Ecritures (par exemple, en Gn 25, 8 ; Sg 3, 7 ; Mt 25, 24 ; Col 1, 12 ; 2Co 5, 1), il faut savoir que ce bonheur est double avec la vision béatifique (cf. Mt 18, 10) et l’amour béatifique, bref la vue et l’amour de Dieu. La vision béatifique n’est pas compréhensive, car il est de Foi impossible qu’une intelligence finie comprenne jamais l’infini. Mais, ici, les Ecritures ne nous parle pas d’un endroit précis, notons le ! Croire en la vie éternelle est aussi dans le temps, car lié à l’homme qui a eu un commencement, l’âme, substance spirituelle ne pouvant périr, vivant une vie sans fin, même dans l’Enfer ! L’âme est esprit (… d’où la distinction augustinienne citée ), n’ayant rien de matériel comme le corps, mais elle est cependant un esprit lié à un corps, d’où sa différence d’avec les anges ; et elle est voulue par Dieu immortelle, ce qui ne veut pas dire éternelle car elle a eu un commencement !

Le temps est ce qui permet de distinguer radicalement tout ce qui est créé, par nature limité et temporel, de Dieu seul qui n’y est pas soumis ! Les anges sont donc liés au temps. Il y a aussi deux autres approches du temps non contradictoires et complémentaires à ce que j’écrivais: (a) une approche du temps comme mouvement, comme durée de l’être temporel. C’est le temps extérieur comme source d’instants et qui permet de compter, de mesurer ; (b) le temps intérieur qui est le mûrissement de l’existant, le déroulement de l’événement toujours unique où l’existence se décide librement devant Dieu (cf. Saint Augustin, Confessions XI, 13-29). Ce temps peut aussi concerner les anges. Il n’est pas durée au sens propre mais échappe à toute perception matérielle, étant un instant, un point de temps, un présent en lui-même ! C’est, comme l’a écrit le Père Darlapp, l’unité devant Dieu du commencement et de la fin, où le commencement se rejoint lui-même dans sa fin (A. Darlapp, « Temps », in : H. Fries dir., Encyclopédie de la Foi, Cerf, Paris, 1967, tome IV, page 300), et le temps extérieur n’est dès lors que la condition qui rend possible la temporalité intérieur de l’existant.

Un esprit, voire même un homme dans la mesure où il est aussi esprit, possède une existence qui peut ne pas être sujette au changement ou au mouvement local, et ce même si subsiste toujours un moi distinct de Dieu ! Il ne se trouve plus dans le temps coïncidant avec la mesure de quelque déplacement dans l’espace ! Il existe dans une durée qui n’est pas le temps, une dure pure, mais qui n’est en rien l’éternel présent de Dieu. Ici, le temps, totalement intérieur, ne coïncide plus avec une mesure. C’est le temps de l’extase, c’est le temps de la prière profonde, c’est le temps de la réception du Corps et du Sang du Christ (cf. H. Paissac op, Initiation théologique, Cerf, Paris, 1957, tome II, page 95).

Et c’est là aussi pourquoi il ne faut pas oublier le Mystère de l’Incarnation sur lequel j’insistais, car le Christ, Seigneur du temps, a assumé dans son propre temps, de par sa vraie divinité et sa vraie humanité, à la fois le temps intérieur et le temps extérieur comme son propre temps. C’est l’accomplissement des temps dans son agonie, prolongation eschatologique de cette double dimension temporelle sur les hommes et sur toute la création, donc aussi sur les anges !

Pour revenir un peu en arrière, je redis que l’Eglise distingue bien le monde céleste du monde visible, même s’il y a autonomie du monde terrestre, des réalités terrestres ! L’univers visible et l’univers invisible sont dans le Symbole de Nicée-Constantinople (cf. CEC,  325-327 et 337ss.). N’oublions pas que le monde invisible est le chef d’oeuvre de l’amour divin, car il est le futur de notre immortalité ; il est celui où se trouvent les créatures parfaites, même s’il y a une distance infranchissable séparant Dieu de toute créature si parfaite soit-elle (cf. Thomas d’Aquin, Somme théologique Ia, q. L, a. 1 ; cf. Col 1, 16 ; 2, 8-18). Dieu se met au niveau du monde invisible de Sa propre volonté, monde invisible au dessus duquel Il est, même s’Il est en tout lieu à la fois car n’ayant pas de lieu au sens matériel, ce en tout ne devant surtout pas se lire au sens gnostique, animiste ou panthéiste ! Or, on s'expose à ce risque en oubliant que la Somme contre les Gentils ne s'adresse pas à des commençants, mais à des missionnaires déjà formes en théologie, et de plus dans le cadre de réponses à la philosophie musulmane ou juive, à Avicenne... C'est à ce risque que l'on s'expose en oubliant que le livre III traite du retour à Dieu de toutes choses au travers de la seule raison, seul le livre IV abordant le moment central de la Foi du chrétien qu'est l'Incarnation !

Que devrait-on sinon entendre par Plus haut des Cieux du Sanctus ou encore par le troisième ciel de (2Co 12, 2), si ce n’est l’existence du monde céleste, de l’univers invisible, etc… ?

Reste la question du temps comme mesure, et que nous le connaissons depuis les Grecs…

En premier lieu, il faut retenir que rien dans la Révélation, dans les Ecritures ne permet de création, donc commencement, y compris pour l’espace physique, l’espace visible, bref l’espace où les lois répondre à votre question, si ce n’est par analogie. Nous admettons tous qu’il y a eu acte de physiques s’appliquent, donc les concepts de dimension(s). Par ailleurs, nous admettons aussi que la création a aussi concerné l’espace invisible ! C’est un premier point de mon développement.

Nous admettons aussi que le temps est en fait une succession d’instants ! Pour moi, cela signifie donc qu'il peut ne pas être que dimension ! Mais il est aussi, selon la manière dont on le regarde, avant, après, pendant ! Il est curieux de voir comment les temps grammaticaux peuvent varier selon les cultures…

Par ailleurs, jusqu’à ce qu’il soit chassé du jardin d’Eden, l’homme, ayant la vision béatifique et étant créé immortel et non éternel, n’avait aucune angoisse, aucune crainte de la mort ! D’une certaine manière, l’homme n’avait pas besoin de mesurer l’espace où il vivait, ni de mesurer le temps… C’est l’angoisse de la perspective de sa mort qui l’oblige à mesurer le temps, le temps de ses actes, celui l’approchant de sa mort…

Mais ce temps qui approche l’homme de sa mort est aussi, pour son âme (entre autres), celui du retour à la proximité de Dieu… Or, l’âme esprit et le corps … corporel ne sont pas dans les mêmes espaces ! Mieux, alors que physiquement l’homme aurait tendance à vouloir ralentir le temps, son âme peut très bien avoir l’envie de l’accélérer, histoire de rejoindre plus vite le monde spirituel ! Donc, finalement, il y a deux temps, l’un à bas rythme, l’autre à haut rythme. Et l’exemple que tiré d’Einstein de ces cosmonautes n’ayant plus le même âge, encore qu’il faille être désormais très prudent quant à certaines de ses conclusions, n’est en rien contradictoire ! Cet exemple d’absence de temps universel n’est en rien contradictoire, la mesure n’étant finalement qu’une convention liée à une situation donnée, à un espace donné ! Pendant longtemps, le mètre-étalon était lié à une convention, plus des conditions d’hygrométrie, de pression, de température, etc… ! Le mètre reste une convention, mais dans notre espace terrestre ! La mesure du temps est une invention de l’homme visant à le rassurer, tout en l’angoissant finalement ! Les temps, eux, sont fruits de l’œuvre de la création !

En fait, même s’il y a temps puisque succession d’instants, conscience de la vision de Dieu, et suite d’un commencement, le monde spirituel, sis dans l’immortalité n’a pas besoin de mesurer le temps ! Cette idée n’a, d’une certaine manière aucun sens dans le monde céleste, alors qu’elle devient par contre douleur insoutenable en Enfer, mais, sachant l’éternité, du moins dans son +¥ comme seule perspective, le temps n’a plus de sens en tant que mesure physique ! Il est impossible de concevoir la souffrance, notamment celle des âmes du Purgatoire ou de l’Enfer, hors du temps ! Par ailleurs, -¥ et +¥ ont-ils un sens (signification) si l’on tient compte uniquement de l’atome primitif de Monseigneur Lemaître et du point Ω du Père Teilhard de Chardin ? Pour moi, Non, car ce serait négation de l’éternité, et limitation de l’œuvre de Dieu bien plus qu’elle ne l’est voulue par Dieu Lui-même !

Alors, pourquoi vouloir des mesures dans les deux espaces, dans les deux mondes ? Des mesures physiques dans le monde physique ? Oui… Mais quelle utilité d’une telle mesure dans le monde céleste ? Aucune, puisque, finalement, seul l’instant compte, seule compte la vision béatifique ! Peut-être est-il plus rapide, peut-être est-il plus lent ? Mais, par exemple, lorsque nous prions profondément, ressentons-nous le temps passer ? Lorsque nous admirons les splendeurs de la création, ressentons-nous le temps passer ? Lorsque nous entendons un beau morceau de musique, ressentons-nous le temps passer ? Non ! Mais, au sortir de cet instant, nous nous disons : déjà fini, ou encore si longtemps s’en m’en rendre compte ! C’est là la divergence des temps intérieur et extérieur ! Nous n’avons plus ressenti le besoin de compter le temps, de le mesurer, et pourtant, dès que l’on « revient sur terre » pour reprendre l’expression consacrée, nous avons à nouveau besoin de nous référer au temps. Simone Weil disait que le risque était un besoin existentiel de l’âme… Et si le temps, du moins sa mesure, était un besoin existentiel du corps !

Donc, finalement, la réduction du temps à une dimension, qui est de plus finalement assez récente dans l’histoire humaine, née d’un doute sur notre devenir, sur le que sommes-nous, est-elle toujours pertinente ?

Par ailleurs, n’est-il pas surprenant que le temps convention mesuré par un chronomètre ne soit pas perçu de la même manière selon les personnes, selon les circonstances, selon les lieux où l’on se trouve ? Une patrouille d’un quart d’heure dans Beyrouth en guerre peut sembler aussi longue, voire plus, qu’une après-midi à la campagne, au milieu des fleurs et des oiseaux ? Dix minutes de tel chorégraphe peuvent sembler bien plus longues que cinq minutes d’un autre ! Pourquoi si le temps n’était que dimension, ce qu’il est incontestablement dans le monde physique (mais avec des variabilités selon les lieux, même au fond des abysses par rapport au sommet de l’Everest il y aurait des écarts, infimes mais réels), même si le besoin de sa mesure (c’est là la question centrale, celle de ce besoin !) n’est que tardif ! Finalement, n’a-t-on pas, par l’abandon de notre innocence et par la faute d’Adam, perdu le vrai sens du temps qui serait de n’être qu’une succession d’instants psychologiques et non pas une suite normée de secondes ? Un enfant connait-il le temps, alors même qu’il lui est corporellement imposé ?

Voilà ! Il est impossible de répondre de manière absolue à la question des temps ! Plus qu’affaire de mesure, le temps est aussi question de sensation(s), tout comme l’espace ! Certains sont agoraphobes et ne se sentent bien que reclus ; d’autres au contraire sont claustrophobes… De mêmes mesures physiques et pourtant des sensations différentes d’un même espace !

Dans tous les cas, une telle discussion n’aurait pas lieu sous cette forme si le vocabulaire philosophique n’était pas finalement si pauvre en français ! En chinois, le temps a au moins cinq idéogrammes !

Pour Dieu, venir sur terre, descendre aux enfers, ce n'est pas des secondes, c'est zéro secondes, car il est éternel présent ! Mais notre temps physique peut très bien s'écouler pendant ce ... temps là ! Ah, faiblesse du vocabulaire ! C'est pour cela d'ailleurs que je parlais de a-temps, de non-temps pour définir ... du temps, au début de ce texte !

Il y a des légendes, des mythes, y compris dans la Légende dorée de Jacques de Voragine pour prendre cet exemple, donc des "mythes" chrétiens, où le temps s'est écoulé différemment pour le saint, qui n'a pas vu passer les siècles, et le profane, dont il ne retrouve que les arrière-arrière-…-petits-enfants ! Comme si le temps céleste était plus lent... Et, là encore, pas de contradiction avec les exemples tirés de la relativité ! Ce sont deux chemins différents pour reprendre l'expression de Monseigneur Georges Lemaître distinguant les acquis de la Foi des acquis de la science, les deux pouvant se recouper, se rencontrer, mais n'étant pas forcément un, loin de là ! Il existait deux chemins pour atteindre la vérité. Je décidai de les suivre tous les deux. Rien dans ma vie professionnelle, rien de ce que j’ai pu apprendre dans mes études scientifiques ou théologiques ne m’a fait changer d’avis. Je n’ai pas de conflit à résoudre. La science n’a pas ébranlé ma foi dans le religion, et la religion ne m’a jamais fait remettre en question les conclusions que j’ai atteintes par des méthodes scientifiques (G. Lemaître, in : New York Times Magazine, 19 février 1933, cité  in : Les génies de la science, n° 30, févr.-avril 2007, page 76)

[La foi du scientifique] surnaturalise ses plus hautes comme ses plus intimes activités ! Il reste enfant de Dieu lorsqu’il met l’œil à son microscope et, dans sa prière du matin, c’est toute son activité qu’il place sous la protection de son Père des Cieux. Lorsqu’il pense aux vérités de la foi, il sait que ses connaissances sur les microbes, les atomes ou les soleils ne lui seront ni un secours ni une gêne pour adhérer à la lumière inaccessible et qu’il lui restera, comme à tout homme, à tâcher de se faire un cœur de petit enfant pour entrer dans le royaume des Cieux. Ainsi foi et raison, sans mélange inconvenant ni conflit imaginaire, s’unissent dans l’unité de l’activité humaine (G. Lemaître, communication au 6ème congrès catholique de Malines, 1936, cité in : Les génies de la science, n° 30, févr.-avril 2007, page 76). L’Ecriture ne voit pas dans le flux du temps régulier où s’écoule de soi-même, dans le vide et le néant, la réalité de chaque instant. Pour elle, le temps est toujours un temps structuré. C’est le temps du salut, où rien ne se répète purement et simplement, et où tout a un but ; le temps où se fait le salut de l’humanité et de l’individu (A. Darlapp, « Temps », in : H. Fries dir., Encyclopédie de la Foi, Cerf, Paris, 1967, tome IV, pp. 294-301). Le Catholique ne doit jamais perdre ceci de vue !

Il ne faut pas confondre Dieu et l’acte de Dieu ! Dieu est éternel présent, alors que chacun de Ses actes pour l’homme s’inscrit dans le temps, car intervenant dans le domaine de la création ! Dieu, Maître de l’Univers, est entré par ailleurs volontairement dans le temps avec l’Incarnation de Jésus, d’ailleurs appelé Seigneur du temps ; avec l’Incarnation, Dieu, totalement hors du temps, s’est trouvé aussi totalement dans le temps, mobile et non pas immobile, et encore, cette immobilité n’est pas au sens commun mais en ce sens qu’Il occupe totalement Son propre espace, créé et incréé, visible et invisible, infini dans Sa nature mais fini dans Sa Création visible, sans qu’Il soit pour autant tout !

La seule perception de Dieu ne serait-elle pas que a-perception ? a-temps de Dieu, commencement, t0, création des deux premiers jours, création des jours trois à six, repos de Dieu le septième jour, temps des hommes, point Oméga, Temps de Dieu et du Christ… N’y aurait-il pas dans l’éternité trois moments : le commencement, la création, la Résurrection ? Seul Dieu échappe par, de et en son essence et sa nature au monde du temps physique mesurable, sauf lorsqu’Il le rejoint de Sa propre volonté - théophanies, venue du Christ, adresses aux anges - !

Abordons la question de la prévision des futurs, qui est lié à celle du temps. On ne peut prévoir un futur qu’à partir du moment où il est déterminé ad unum ou prédéterminé. Un événement n’a lieu qu’après qu’ait été levée toute indétermination à son sujet, après avoir été déterminé ad unum. Pour ce qui est des différents événements qui se produisent simultanément, en l’instant présent : (a) les uns ont été déterminés ad unum à l’instant même, la levée d’une ultime indétermination étant l’ultime condition à leur actuation ; (b) les autres sont déjà déterminés ad unum depuis plus ou moins longtemps, et ils sont la conséquence automatique d’une levée d’indétermination qui a eu lieu en un instant plus ou moins ancien, ce qui implique en particulier que, dès après cet instant, le libre-arbitre de l’agent n’avait désormais plus pouvoir ni d’enrayer le déroulement de cet automatisme, ni d’empêcher que cet événement se réalise à l’instant où il a lieu.

Dès lors, cet événement pouvait, dès après son instant de détermination, être prédit, être prévu par quiconque aurait connu l’existence de cet automatisme, de ce dynamisme indépendant de l’homme et qui tire des conséquences de nos décisions libres. Un tel événement pouvait donc être prévu par Dieu, en Sa totale connaissance et préscience, y compris de l’intimité de l’homme, dès cette date et ainsi le révéler par les Prophètes.

Prenons l’exemple de la mort du Christ, librement consentie, librement offerte pour sauver tous les hommes. Elle a été annoncée comme certaine par les Prophètes, mais cela n’impliquait pas que cette acte se produirait sans liberté. Eclairés par Dieu, les Prophètes ont pu (sa)voir que l’Incarnation et la mort du Christ pour nous était la seule solution capable de répondre au désir divin, l’incapacité des autres solutions résidant non en Dieu lui-même, mais dans ces solutions elles-mêmes, car Dieu avait bien le pouvoir de choisir une autre solution que la mort humaine du Christ, et c’est donc en toute liberté qu’Il a choisi cette solution. Mais, pour qui y voit assez clair, par exemple ici les Prophètes, il n’était pas difficile de (sa)voir que ce serait la mort humaine que Dieu choisirait, car cette décision était une décision future, parfaitement libre et totale pour faire disparaître les effets spirituels du péché originel, dont on pouvait avoir, avec l’aide de Dieu, la préscience 1) en se mettant « à la place » de Dieu, dans la réflexion sur son dessein, tout 2) en étant éclairé sur ce que Dieu pourrait faire en tenant compte de l’intelligence et de l’attrait des divers possibles ! Bref, en agissant en total liberté d’amour, comme une maman connaissant bien son enfant ressent que, dans certaines circonstances, ce dernier réagira de manière rétive, donc librement, dans tel sens et pas dans tel autre !

A notre échelon humain, nous ignorons quasiment tout de ces liaisons automatiques, des ces activités aveugles et inconscientes, même et car si elles sont seulement en nos âmes. Nous savons toutefois qu’il existe des lois strictes, des liaisons strictes sur terre, tant en physique qu’en chimie - même organique - qu’en biologie - même humaine - qu’en psychologie. Il est donc à prévoir que bien des événements futurs sont, sans que nous nous doutions desquels il s’agit, prédéterminés rigoureusement par l’attitude libre de notre volonté à l’instant présent, ce qui fait que ces événements sont à coup sûr connus par Dieu ! C’est le Christ annonçant à Pierre qu’il allait Le renier trois fois avant que le coq ne chante !

Il y a cependant loin de là à soutenir que les futurs contingents - qui ne sont connaissables qu’au moment où ils se réalisent - sont prédéterminés dès à présent. Que certains futurs, dont nous ignorons qu’ils sont la conséquence automatique, inévitable d’une levée d’indétermination qui a déjà eu lieu, c’est-à-dire que certains futurs que nous croyons à tort contingents sont prédéterminés dès à présent, d’accord… Mais, justement, ce ne sont plus des futurs contingents ; ils l’ont été, mais ils ne le sont plus ! N’étant pas encore déterminé ad unum, aucun futur qui est dans le présent contingent ne peut être prévu, même par Dieu. Mais, attention, cette incapacité n’est pas du côté de Dieu qui est dans l’éternel présent, mais uniquement du côté de l’objet qui est la source de ce défaut (au sens d’absence) ! Par contre, Dieu connait tous ces événements, mais ne les pré-connait pas, et ce en ce sens qu’il est coexistant en permanence aussi bien selon notre système de référence qui est futur, qu’à ce qui est du présent et du passé, car il est éternel présent dans sa simplicité !

Dans la Somme théologique, saint Thomas d’Aquin dit d’ailleurs que l’infaillibilité de la science divine confère une nécessité aux futurs contingents, mais uniquement dans la mesure où ils sont l’objet d’une connaissance vraie (Thomas d’Aquin, Somme théologique Ia q. XIV, a. 13, ad. 2) !

Au sujet de la fin des temps, les disciples demandèrent à Jésus quand cela aurait lieu. Jésus leur répondit : Le Fils de l’homme ne connaît ni le jour, ni l’heure. Le Père seul le sait.  » (Mt 24, 36) …

Ceci montre bien que Dieu « voit » toute la ligne du temps humain d’un seul coup d’œil, et donc aussi les futurs, mêmes contingents, mais uniquement par ce qu’Il coexiste à toute cette trajectoire dont Il est la source et l’éternel présent ! Au contraire, si Dieu se place dans le système de référence humain, ici en tant que l’Incarné, malgré toute Sa science et Son intelligence, il ne peut prévoir tous les futurs, ne pouvant savoir que l’avenir de ce qui n’est déjà plus contingent, bien que non encore arrivé à son épanouissement dans l’existence du présent !

Par analogie, en géométrie, une surface de type donné dépend de plusieurs paramètres, de plusieurs variables indépendantes. On peut dès lors s’imposer ou ne pas s’imposer autant de conditions que l’on voudra pourvu que le nombre imposé de conditions soit inférieur au nombre des paramètres indépendants dont dispose le géomètre, et celui-ci arrivera toujours à réaliser son but, c’est-à-dire la construction d’une surface respectant les conditions pré-décidées ! C’est l’une des deux significations majeures de la prédestination de l’homme, l’autre étant sa prédestination au bien, ou du moins à sa réalisation ! D’autre par, dès qu’une personne aura décidé que la surface passerait par tel ou tel point, il sera déjà possible d’affirmer que, outre ces points là, toutes les surfaces satisfaisant aux conditions premières passeront aussi par le même tel ou tel point. Elles forment un faisceau ayant en commun une ligne de points. Ainsi donc, alors que la surface est encore contingente, voire déterminée ad unum, le choix de tel nouveau point entraîne automatiquement que la surface passera par toute une ligne de points !

Il en est de même pour Dieu, Seigneur du temps et de l’espace ! En premier lieu, Dieu est si au-dessus des créatures qu’Il ne diminue en rien sa faculté de tracer tel chemin qu’Il lui plaît au monde, à l’humanité, en donnant aux hommes toute liberté pour Lui « imposer » leurs actes et leurs volontés, même allant contre le bien ! Quelques draconiens que soient ces vouloirs humains, il restera toujours à Dieu un chemin à Son gré ! Donc, Dieu n’est en rien à la source du mal ; Il ne peut que le constater, et ceci concerne tout autant l’univers invisible, et donc l’épisode de la chute de Lucifer, car toutes les créatures ont été créées libres !

D’autre part, à chaque fois qu’un homme pose un acte de libre vouloir, c’est-à-dire « impose » à Dieu un fait dans le présent, il impose et s’impose du même coup sans s’en rendre compte que le chemin de la Providence passera aussi dans le futur ou par tel autre ensemble d’événements. Chaque acte du libre-arbitre d’un homme détermine des « arêtes » dans l’univers, des chaînes de Grâce ou de tentations, de facultés ou de pouvoirs physiques, biologiques, techniques, psychiques, chaînes surnaturelles qui « mordent » sur l’avenir, « mordant » aussi sur les autres hommes ! C’est en ce sens qu’il y a solidarité de l’espèce humaine, entre les hommes qui peuvent se mériter les uns aux autres aides, difficultés, équilibres ou déséquilibres… Cette solidarité est aussi dans le temps par répercussion des actes actuels sur l’avenir, non seulement des êtres actuels, mais aussi de tous les êtres de l’Univers !

Insistons sur la notion de liberté… Nous considérons la liberté comme un pouvoir. Nous sommes tous tentés de penser que quelqu’un qui peut faire le bien et faire le mal a plus de pouvoirs que celui qui ne peut faire que le bien, donc semble être plus libre. En fait, être libre dans ses actions, c’est aussi et avant tout avoir la faculté d’exécuter ce que l’on veut faire. C’est de ne pas être empêché de réaliser ce que l’on voudrait faire ; c’est l’absence de contrainte, le respect de notre spontanéité. C’est ainsi qu’une pierre abandonnée à elle-même tombe en chute libre, car son mouvement spontané est respecté, car elle est en liberté de spontanéité. Mais est-ce là le sens chrétien pour l’homme ? Car, Lui, Dieu, est parfaitement libre ! Tout ce qu’Il veut, non seulement Il peut dès lors le réaliser, mais, en plus, dans Son éternel présent, il n’y a aucun décalage de temps entre Son acte de volonté et la réalisation effective, même si cela a pris du temps pour l’homme ou pour l’ange en charge de la réalisation ou de la réception de cet acte ! J’évoque ici les anges, car comment seraient-ils susceptibles de réaliser des mouvements locaux (cf. Thomas d’Aquin, Somme théologique, Ia, art. 3, sol. 2) s’ils ne connaissaient ni temps ni espace ?

De même, la Bienheureuse Vierge Marie, tout comme tout homme vertueux, ne posent que des actes bons, mais ceci ne tient pas d’une absence de liberté, d’une contrainte brimant leur spontanéité, mais à ce que, en fait, tous leurs vouloirs sont bons, sont tendus vers Dieu ! Leurs actions, totalement libres, correspondent toujours à leurs vouloirs, donc sont libres ! De même, dans la vision béatifique, on ne peut vouloir que Dieu, aucun objet autre que Dieu. Ici, ce ne sont pas eux qui sont impuissants ou non libres ! Ce sont les objets autres que Dieu qui sont impuissants, incapables de plaire ou d’être voulus par celui bénéficiant de la vision béatifique !

Bref, les saints, qui bénéficient de la vision béatifique, restent libres de vouloir des objets autres que Dieu, donc de retourner pleinement dans le temps mesurable, y compris dans l’univers invisible, tout comme la Vierge reste libre de vouloir le mal, tout comme Dieu Lui-même pourrait vouloir faire le mal ! Mais, la Vierge est celle qui a dit Oui, et Dieu est Lui absolument libre, la somme infinie de tous les pouvoirs ! Mais on peut affirmer, sans risque de se tromper, que jamais les saints ne voudront un objet autre que Dieu, que jamais la Vierg

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Published by Serge Bonnefoi - dans Théologie
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commentaires

Verdier 10/09/2011 09:16



En lisant le developpement, je comprends bien la distinction avec le temps que vous tentez de demontrer. Ma critique est plutôt sur l'immortalité et l'éternité. Puisque Dieu possede un esprit
(Esprit Saint) et que cet esprit arriva à des moments précis sur terre donc dans notre temps (Pentecote et le jour du bapteme de Jesus), on peut dire que l'esprit est une entité distincte et
séparée de Dieu et lui même l'aurait volontairement envoyé dans ses deux evenements. Ce qui me pousse plus loin de dire que nous qui sommes fait à l'image de Dieu, nous possedons egalement un
esprit, mais à l'inverse nous ne pouvons pas l'envoyer à des endroits hors de nous, par conséquent notre esprit tant qu'on est en vie dans le temps nous l'avons pas accès. Et indirectement nous
avons donc la vie qui est aussi le souffle que Dieu nous a donné pour rendre fonctionnel la matiere physique qui nous compose dans la vie en temps et c'est seulement lorsqu'on aura plus cette
vie(ce souffle) que notre esprit commence à exister ou devient operationnel. Donc Ame = Vie et esprit c'est apres le depart du temporel. La demonstration simple de celà est que l'homme physique
que nous sommes ne meurt pas, mais par contre arrete de vivre autrement dit sa vie s'arrete ou encore son ame meurt et non son esprit qui au contraire commence son regne.  Pourquoi l'homme
phyisique ne meurt pas ? tout simplement parce qu'une fois la vie finie, la matiere retourne à la terre comme elle est venu, et cette matiere peut servir à nourir d'autre choses sous d'autres
formes et la seule maniere d'y arriver là c'est lorsqu'elle n'a plus de vie. Si elle était morte elle ne devrait plus servir à rien, et on voit bien que notre matiere organique peut bien encore
servir, d'ailleurs nos organes peuvent etre prelevé et fonctionné sur un autre corps sans pourtant etre le notre. Pour revenir sur l'eternité, l'esprit ne peut pas simplement etre immortel
puisque son evolution apres la fin de la vie n'est pas en croissance, en d'autre mot, l'esprit ne peut pas grandir plus que son pere, puisque qu'etant une creature de Dieu et etant ses enfants,
ne peut donc pas etre plus évolué que son createur ou de son pere, l'allure d'un esprit ne peut donc etre supérieur au Pere puisque logiquement c'est le pere le plus grand, on est par consequent
plus jeune que le pere et comme lui est eternel l'allure morphologique d'un esprit humain ne peut donc etre que l'allure d'un enfant par rapport a son pere et ne peut jamais allé au dela ce qui
veut dire que l'esprit ne grandit pas morphologiquement donc ne viellit pas et est par consequent dans le meme temps de Dieu et donc Eternel et pas simplement immortel.


C'est mon point de vue



Serge Bonnefoi 17/09/2011 10:53



Monsieur.


Je viens de voir que vous aviez écrit un commentaire. Je vous en remercie. Je vais le lire à votre attention, et vous y répondrai la semaine prochaine, manquant de temps actuellement du fait
d'obligations professionnelles.


Bonne fin de semaine et bon dimanche.


Cordialement.



Serge Bonnefoi 12/03/2010 10:14


Ceci ne remet en rien en cause mon tableau. Quelle que soit la "vitesse" de déroulement du temps, la ligne entre alpha et oméga (pour le temps) reste la même pour mon tableau, sinon, il aurait
fallu répèter à l'infini la ligne du temps...


de passage 12/03/2010 10:12



Bonjour Serge

Pour en revenir au temps, il y a une chose étonnante dans la théorie de la Relativité (aussi bien Restreinte que Générale):
ce n'est pas facile à concevoir et encore moins à expliquer, mais : tout dépend des OBSERVATEURS (et des REFERENTIELS), et si l'un est FIXE ou en MOUVEMENT par rapport à l'autre.

Je vous cite un passage du site http://www.journaldunet.com/science/espace/dossiers/05/0512-relativite/6.shtml
que je vous conseille de visiter (car il y a un dessin que je n'ai pas reproduit ici ):


"La totalité de l'espace-temps visualisée comme un gros cake.
Pour un observateur immobile, une coupe à angle droit du cake représente le "présent", soit l'ensemble de l'espace à trois dimensions à un moment donné. L'extrémité la plus éloignée du cake
représente donc le Big Bang.

Pour un observateur en mouvement, ce qu'il appelle le "présent" n'est pas un coupe à angle droit. La relativité restreinte affirme en effet que son horloge est
ralentie par rapport à celle de l'observateur immobile : deux événements simultanés pour le second ne le sont pas pour le premier.
A l'inverse, l'observateur en mouvement considèrera comme simultanés deux événements situés sur un plan de coupe du "cake espace-temps" légèrement incliné par rapport à l'angle droit. L'effet
est généralement minime si les observateurs sont proches, mais important si leur séparation spatiale (c'est le cas du schéma ci-dessus) est grande. L'observateur
en mouvement considérera comme appartenant à son présent des événements situés loin dans le passé de l'observateur immobile (respectivement loin
dans le futur) s'il s'en éloigne (respectivement s'en approche).

Comme tous les observateurs sont équivalents, tous les présents le sont, donc la totalité du cake espace-temps, et non seulement l'une de ses tranches, constitue ce que l'on doit appeller la
réalité. Sans la relativité, la réalité ne serait qu'une coupe à angle droit, avec, le passé et le futur deviennent aussi réels que le "présent" sans que ceci ne viole toutefois la causalité."


Il y a de nombreux exemples amusants qui mettent en évidence le fait que le TEMPS NE S'ECOULE PAS DE FACON HOMOGENE PARTOUT ET POUR TOUS (le Paradoxe des Jumeaux, le train et le tunnel, la
montgolfière, le tapis roulant, l'horloge dans la cave et l'autre au grenier etc...)

Cela nous amène à la "critique" de votre tableau :
il ne tient pas compte de la Relativité (par exemple, le ralentissement des horloges en mouvement)
Il est basé sur une conception "ancienne " du temps : un temps qui s'écoulerait de façon uniforme ...
(enfin, c'est ce qui m'a semblé, mais je l'ai peut être mal compris)

Que dites vous de ce temps humain décrit par la Relativité et qui n' a rien à voir avec un "long fleuve tranquille" qui s'écoule uniformément ?


Serge Bonnefoi 12/03/2010 10:06


... à moins que ce ne soit le concept même de dimension qui soit inadapté dans le cas des Anges !



de passage 12/03/2010 10:06


Nous sommes donc bien d'accord : l'aevum (ou eveternité ou eviternité) seul est un concept insuffisant en soi

UNE SEULE DIMENSION (temporelle) NE SERT A RIEN ...