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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 00:01


Cette expression est attestée dès le début du XVII° sous la forme : "Parler latin comme un vasque espagnol" (vasque = basque), dans le cadre d'une querelle sur la prononciation du latin (querelle que l'on retrouvera entre italiens et français au début du XX°, les italiens accusant les français de ne pas savoir prononcer le latin)...


Dès le milieu du XVII°, on dira "Parler français comme un vasque espagnol", et, avec le temps, vers le milieu du XVIII°, "vasque" s'est transformé en "vache"...

 

Comme quoi...

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Published by Serge Bonnefoi - dans Varia
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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 23:59

Civilisation a été pris par certains au sens que lui donnent Freud et Marcuse, c'est à dire comme synonyme totalement interchangeable de culture... Or, cette définition, si elle est éventuellement valable en psychanalyse, est inexacte en science politique (celle-ci considérant la culture comme une composante de la civilisation), et même en anthropologie (cette dernière considérant la civilisation comme sous-concept de celui de culture)... D'ailleurs, en posant la civilisation "européenne" (laquelle au fait ?) comme "des ténèbres", comme négative, certains ne créent-ils pas eux-mêmes une hiérarchie des civilisations ? Il y a donc contradiction interne se surajoutant à une culture (fait certes général dans le monde politique à de rares exceptions près) assez faible sur le plan conceptuel... Alors, s'il vous plait, Mesdames et Messieurs les Politiques, "Arrêtez !" pour reprendre le mot de Paul VI contre toute guerre ! Nul n'a à gagner, hormis les extrêmes, à ce spectacle indigent et plus encore indigne d'une démocratie que nous sommes ! Les propos tenus il y a quelques temps par un parlementaire ont été outranciers, voire clairement insultants (invasion, ténèbres, comparaison avec le nazisme, allusion aux sociétés européennes comme uniquement négatives, etc...)... Où va t-on ? Mais aussi, un dur questionnement... N'a t-on pas eu sous les yeux un témoignage de l'inculture et des uns et des autres ? Il y avait pourtant plusieurs contradictions superbes à exploiter dans les propos du député apparenté socialiste... Mais tous ne se sont arrêtés qu'aux mots "bruts", et encore entendus partiellement... Triste image de notre République... Ultime question... Puisque la civilisation européenne et occidentale est mauvaise, pourquoi ce Parlementaire a-t-il ressenti la nécessité de passer un Doctorat à la Sorbonne, phare de la culture et de la civilisation "occidentale" ?

 

Faut-il accuser les textes ou les hauts fonctionnaires et autres énarques qui font du nombrilisme franco-français, détruisent par incompétences des secteurs complets de l'économie comme par exemple la pêche ? Si Sarkozy veut traiter réellement d'Europe qu'il balaie un grand coup et éliminent ces fonctionnaires incompétents, ces fonctionnaires qui ignorent même les textes communautaires relevant de leur secteur ! Mais on a préféré ces dernières années nommer des gens de gauche plutôt que des gens compétents ! Au contraire, les gens compétents de droite, la droite elle-même a cherché à les écraser, à les détruire, ... !

 

Le gros problème n'est pas Schengen mais deux choses (au principal) :
- l'accord de réadmission avec l'Italie ;
- l'attitude de certains de nos magistrats (qui découle d'ailleurs des incohérences de la Cour européenne des droits de l'homme depuis son ouverture trop rapide aux magistrats des pays de l'Est qui l'a parfois transformée en loterie délirante)...
Et aussi le mélange avec le droit communautaire, même si les textes Schengen et équivalents sont soumis de droit aux dispositions du droit communautaire. Il ne faut donc pas se tromper de cible, mais bien agir au sein du Conseil des Ministres de l'Intérieur à Bruxelles !

 

Je rappelle que l'Accord et la Convention de Schengen (qui sont différents) concernent le franchissement des frontières ... terrestres ! Bien évident que le Royaume-Uni et l'Irlande ne soient concernés que par du ponctuel de l'acquis Schengen !

Les articles 77 à 80 du TFUE montrent bien que la question relève de politiques (Conseil, conseil de ministres, Parlement européen) et non de techniciens, la Commission ne prenant que des textes d'exécution après décision des Etats ! Et le comité technique Schengen n'est qu'un comité technique, d'où sa composition !

L'acquis Schengen reste politique, malgré le Protocole n° 19 au TFUE (qui ne dit d'ailleurs pas autre chose), sachant que les protocoles ne sont pas le Traité mais des norme d'interprétation comme l'a dit la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE)...

La coopération en cas d'urgence existe déjà. Voir notamment l'article 78, 3° paragraphe du TFUE...

Le principe "Pacta sunt servanda" est un principe général du droit international. Pour ce qui est des défaillances du seulement Schengen (alors que son principal est en fait devenu du droit communautaire), il peut donc être fait application des principes et des règles du Traité de Vienne sur les traités internationaux qui prévoient les problèmes de non réciprocité et de non respect...

Je rappelle aussi que les Traités communautaires ne parlent pas de la libre circulation de toutes les personnes, mais de celle des travailleurs, ainsi que de celle des citoyens de l'union européenne. Ils disent bien que l'espace de libre circulation et de justice sans frontières intérieures concerne "les citoyens de l'Union européenne", pas autre chose ! Les associations de défense des clandestins protestent d'ailleurs avec vigueur contre la dernière directive européenne en la matière, directive qui rentre en application ces jours çi, alors qu'elle a été adopté voici une année !

 

Hollande veut supprimer la mention de la race à l'article 1er de la Constitution Française... Outre que cela peut faire reculer la protection, veut-il aussi changer la déclaration universelle des doits de l'homme dont l'article 2 dispose en son premier paragraphe : "Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation." ?


Il lui faudrait aussi modifier l'article 3 en son paragraphe 3 de la Loi fondamentale allemande qui dispose que : "Nul ne doit être discriminé ni privilégié en raison de son sexe, de son ascendance, de sa race, de sa langue, de sa patrie et de son origine, de sa croyance, de ses opinions religieuses ou politiques. Nul ne doit être discriminé en raison de son handicap."

Et que faire de l'article 14 de la Convention européenne des droits de l'homme qui dit : "a jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Convention doit être assurée, sans distinction aucune, fondée notamment sur le sexe, la race, la couleur, la langue, la religion, les opinions politiques ou toutes autres opinions, l’origine nationale ou sociale, l’appartenance à une minorité nationale, la fortune, la naissance ou toute autre situation." ?


Hollande ignore t-il qu'un gouvernement socialiste a laissé passer et validé un rapport de l'INSERM au début des années 1980, rapport parlant de ... races et bien pire de ... sous-races (source : Spectacle du Monde) ? Alors, basta sur ce point !

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Published by Serge Bonnefoi - dans Politique
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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 09:45

Il y a eu en fait plus d'une vingtaine de lieux dénommés "Cour des miracles", et ce rien qu'à Paris...

 

Dès le début du XIII° : 

- les rues de la Grande et de la Petite-Truanderie (allusion au "truage", droit fiscal sur les marchandises) ;

- la rue du Sablon, entre la rue-Neuve-Notre-dame et l'Hôtel-Dieu (avéré en 1217).

 

Le premier lieu à porter le nom (avéré vers 1350) :

- la Maison des Francs-Bourgeois (rue des Poulies)

 

XIV°/XVI° :

- Cour du Roi François, près du ponceau Saint-Denis;

- cour Sainte-Catherine, 313 rue Saint-Denis ;

- cour Brisset, 4 rue de la Mortellerie ;

- cour de la Jusienne, rue Montmartre ;

- Emplacement du Palais des Tournelles (Place des Vosges).

 

XVI°/XVII° :

- cour rue Saint-Honoré, entre les rues Saint-Honoré, Saint-Nicaise et de l'Echelle ; 

- 63, rue du Bac ;

- divers lieux des faubourgs Saint-Germain et Saint-Marceau ;

- cour Gentien 81 rue des Coquilles ;

- actuel 226 de la rue Saint-Denis (Hôtel de Saint-Chamond) ;

- Porte Barbette.

 

La plus célèbre et la dernière "vraie" en date :

- cul-de-sac de la rue Neuve-Saint-Sauveur, avec prolongements vers la, rue Montorgueil et le couvent des Filles-de-Dieu, avec les rues Tire-Boudin, Merderie, de la Grande Truanderie, etc..., avec entrées rues Thévenot, rue des Petits-varreaux et 85 rue Réaumur (bref, près de l'actuelle rue Damiette)...

 

Un lieu assimilé vers 1880 : la Maison Frandin...

 

Sources :

- Dupille (Ch.), Histoire de la Cour des Miracles, Hachette, 1971

- Sauval (H.), Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, Charles Moette et Jacques Chardon, 1724 (http://architectura.cesr.univ-tours.fr/traite/Notice/FB1925.asp)

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Published by Serge Bonnefoi - dans Histoire
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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 11:30

[Attention : le présent texte, qui date de 2001, semble décousu. Il s’agit en fait d’une note de discussion avec diverses personnes avant de prononcer une série de conférences sur ce thème à leur demande. Donc plus des lignes de réflexion qu’un texte structuré. ] 

 

Même si chercher à présenter et à analyser la violence du sacré n'est pas vain, n'est-il pas fondamentalement impossible de traiter un tel thème ?

 

Différence entre la violence du sacré et la relation entre le sacré et la violence.

 

Si les questions du sacré et de la violence semblent éternelles, n'isole t-on pas des problèmes qui ne se rapportent qu'à des sociétés ou qu'à des individus donnés ?

 

Difficulté de traiter d'un même regard ce qui tient à la fois de l'universel et de l'individuel : le sacré est universel, la religion se veut comme telle, or la perception n'est qu'individuelle. Donc chaque élément du sacré sera perçu différemment et utilisé différemment (exemples des Croisades, des Talibans, ...).

 

Ce qui es perçu comme violent dans une société ou à un moment donné l'est-il dans un autre cas. Exemple : l'Eucharistie non violente pour le Catholique, blasphématoire en sa transsubstantiation pour le Musulman.

 

Problème de l'ethnocentrisme, mais bien plus accru qu'en anthropologie, car ce n'est pas le phénomène qui est influé par l'observateur, mais son jugement, sa définition même. Quelle base choisir ? Y a t-il un "bruit de fond" humain collectif identifiable ? Même les droits de l'homme ne sont pas perçus identiquement ni même universellement. Il en est encore plus des valeurs. Or, le sacré touche aux valeurs.

 

Si les problèmes de la violence et du sacré étaient intemporels, donc résumables, leur apparition dans le temps devrait être évidente et aller de soi. Or, il y a eu des périodes, et ce pour chaque religion, où la vision tant de la violence que du sacré a été différente. L'émergence de(s ?) phases est imprévisible, ce qui en fait un phénomène historique et non an-historique.

 

Impossibilité d'étudier dans les détails les conditions concrètes de chaque attitude individuelle, même si chacune se fond (-rait ?) dans le moule du religieux, donc du dogme, et plus encore du rituel. Le rituel est collectif, mais aussi perçu et vécu individuellement. or, le sacré ne se résume pas au seul rituel ni au seul dogme.

 

dépassement du questionnement d'Abélard sur le fait que celui qui agit par ignorance ne pèche pas. Reprendre son exemple des bourreaux du Christ qui étaient persuadés d'accomplir une volonté de Dieu, donc tenus moralement de mettre le Christ en Croix. Donc, question morale : doivent-ils (peuvent-ils ?) adhérer à leur foi sans connaître l'autre, et surtout peuvent-ils être blâmés pour leurs actes (de foi ?) ? D'où l'importance fondamentale de la subjectivité, et devoir de porter un autre regard sur l'autre.

 

Résoudre la question ne serait-il pas donner à l'homme une nouvelle, échelle de valeurs puisqu'il pourrait désormais se penser par lui-même ? Donc, identifier la violence du sacré n'est-il pas faire violence au sacré ?

 

Quel point de vue au départ pour définir la violence ? La violence de certains rites primitifs ou encore hindouistes ne l'est qu'à l'autre de l'autre ! Donc, nécessité de rechercher a priori ce qui est non violent dans chaque religion et mode de penser avant de dresser toute liste du violent dans le sacré de l'autre. Mission impossible, ou alors cela signifierait une unité dramatique de la pensée et de la conscience humaine. Ceci est pourtant contradictoire avec le dessein de Dieu ou du moins de la divinité quelle que soit la religion.

 

Le sacré est-il la religion, dans la religion ? C'est une question qui peut se poser à l'aune du Bouddhisme ou encore de philosophie "hors de Dieu" comme certaines formes contemporaines de la Franc-Maçonnerie, ou le Nouvel Age sous certains aspects.

 

Violence naissant d'une lecture religieuse des rapports sociaux (fonction idéologique et politique de la religion, idée d'ordre divin, de cité terrestre, rapports de castes...) ? d'une identité forgée par la religion (fondamental) ? de la "délégitimisation" éthique de certains rapports sociaux ?

 

La peur d'avoir tort, de ne pas pouvoir répondre à l'autre ne conduit-elle pas au refus du non soi ?

 

Autre exemple délicat : les satanistes ont-ils conscience du mal ? Le mal n'est-il pas fils d'une société ? Ou alors adhèrent-ils au satanisme comme ces gens qui devinrent communistes par seule peur d'une invasion soviétique ? Pose alors la question de la tolérance de l'autre rejeté, y compris celle du mal. N'est-on pas cependant sataniste seulement en conscience, d'où une position particulière par rapport au sacré et aux autres croyances ?

 

Qu'est-ce que la violence ? Est-elle vraiment perçue de la même manière dans le temps, y compris dans la même société ? Voir l'approche de la guerre juste... Voir l'approche de nos sociétés contemporaines des incivilités et du crime (voir la criminalité et la violence urbaine ne serait-ce qu'au début du XX° siècle).

 

La violence du sacré, ce n'est pas savoir en quoi le sacré est violent, mais de savoir en quoi le sacré engendre la violence. Problème de la peur de l'autre, du rejet du non soi, donc du refus de toute vision non conforme à son propre cocon ?

 

Violence du sacré comme rite d'initiation, d'admission au sein d'une société ?

 

Si on analyse la violence du sacré au travers des rites, quelle approche ? anthropologie ? psychanalyse ? politique ? sociologie ? histoire ? morale ? et le dogme ? Voir les contradictions de Girard qui est obligé soit de concevoir un rapport d'homme à homme, soit d'homme à Dieu, mais non les deux à la fois, car axant tout sur la seule morale.

 

Liens du pouvoir au sacré... Le sacré découle t-il du pouvoir ? Le pouvoir découle t-il du sacré ? Le sacré ne fait-il pas des concessions au pouvoir et vice-versa ? Donc problème de la violence politique déguisée sous les habits du sacré. La violence du sacré n'est-elle pas en fait une violence intrinsèque à tout pouvoir ?

 

Néanmoins, le sacré ne peut-il pas exister en dehors de jeux de pouvoir ? Mais l'homme ne vit pas seul, mais dans une société. Donc, toute remise en cause de ce principe remet en cause soit la nature même de l'homme, soit le principe même d'ordre, qui existe y compris chez les anarchistes qui obéissent au minimum à l'ordre propre qu'ils se sont créés, même s'ils n'en ont pas conscience, car tote pensée non ordonnée n'est que folie. Mais la folie n'est-elle pas elle-même une normalité pour qui la connaît ?

 

Quel point de départ ? notre temps ? notre société ? La neutralité est impossible ! Or, dans le cadre d'une réflexion a priori interreligieuse...

 

Problème de toute analyse comparative : soit trop sélectif, soit déformé ! Comme l'a écrit saint Thomas d'Aquin, tout ce qui est perçu l'est selon le mode de celui qui perçoit. Donc, offrande de seulement une lecture possible de la question ?

 

De plus, l'approche doit-elle être synthétique, sectorielle, systématique, descriptive ... ?

 

Quel champ religieux ? Quelles limites ? De plus, les religions ne se réfèrent elles pas très peu dans leurs discours éthiques à leurs textes sacrés. Donc, peut-être un "coin" dans le travail, une brèche : si un ou des discours ont pu se faire hors des textes fondateurs, c'est qu'un substrat humain existerait, et qu'un discours philosophique reste possible. Peut-on entrevoir un bruit de fond commun à l'humanité ?

 

Le sacré est-il religion ou art de se comporter ? La priorité va t-elle au groupe ou à l'individu ? La philosophie est-elle même unique ? Pour l'Occident christianisé la vérité est une et la logique se limite à oui et à non, alors que dans le sacré par exemple japonais il y a plusieurs chemins vers la vérité et la logique est oui, non, oui et non, mais aussi ni-oui ni-non.

 

De plus, possibilité de vivre des expériences du sacré soit successives, soit combinées (exemple du Confucianisme et du Shintoïsme, voire même du Bouddhisme). Problème des syncrétismes, acculturations, inculturations, ...

 

Priorités absolues : définir le sacré, définir la violence. Finalement reprendre la règle des sept arts libéraux définie par Alcuin : établir des définitions, prévenir la confusion des catégories, distinguer entre littéral et figuré (le texte peut-il ou doit-il être dépassé ? question des textes révélés comme le Coran, question de la Tradition...)... Reste toujours l'obstacle de l'interprétation qui est individuelle, même dans le cadre d'une pression collective.

 

Questions de la crainte de Dieu, de la relation au prochain, de la relation au pouvoir, de l'existence ou non d'une hiérarchie, ...

 

Nécessité de voir large : au moins Christianisme(s), Islam(s), Bouddhisme(s), Judaïsme(s), Hindouisme(s), Taoïsme(s), Confucianisme(s), Shintoïsme(s), certaines religions africaines et amérindiennes, certains rites océaniens, plus diverses mythologies (grecque, latine, celte, scandinave, slave, ...) et religions anciennes... Et de plus sectes... Et certains phénomènes assimilables à du sacré comme une partie du nazisme... De plus, doit-on analyser la libre pensée et l'athéisme, ainsi que le refus de Dieu ?

 

priorité doit-elle être donnée au global ou à l'individuel, voire à l'individuel "collectif" ?

 

Quelle violence ? celle du sacrifice ? celle de la guerre ? celle contre l'autre (femme, enfant, étranger, païens, ...) ?

 

Violence ? physique/symbolique... acceptée/subie... réelle/virtuelle... individuelle/collective... légitime/illégitime... organisée/débridée...

 

Violence instrumentalisée ? le sacrifice... la recherche d'un bien supérieur... la nécessité de défendre la foi (auto-protection du système ?)... régulation interne... régulation éthique de la violence non légitime (question : qui et/ou quoi permet de définir la légitimité de la violence ? pour le nazi, l'extermination était légitime ... et même légale !)

 

La "mort de Dieu" doit-elle se situer dans la perception du sacré ?

 

Et la non-violence du sacré ? indispensable !

 

Eviter absolument toute approche apologétique affirmant que le contenu des religions est avant tout non violent. Ce serait comme dire que la Nature est en elle-même non violente ! Exemple : réfuter la phrase de Borgès selon laquelle le Bouddhisme est la seule religion n'ayant jamais été source de guerre.

 

Les racines de la violence se trouvent aussi dans le sacré, donc le religieux peut facilement servir de véhicule aux dérives de la violence. Exemples : le sacrifice, lutte bien/mal, expansion religieuse, prosélytisme, guerre "juste", ...

 

Chaque culte a donné naissance à un phénomène institutionnel, voir à un véritable ordonnancement juridique. Question de la sanction, du droit religieux...

 

Rapports éthiques à la peine de mort, à la légitime défense, à l'avortement, à la légitimité de la guerre, ...

 

Question de l'immortalité de l'âme comme source de violence, voire de sur-violence ?

 

Hindouïsme non réductible à l’ashimsa (ne pas causer le mal). Exemples : perspectives sacrificielles des Rig Veda ; appel aux Dieux de la guerre ; légitimité de tuer à la guerre dans le Bhagavad Gita ; signification différente du meurtre d’un intouchable ou d’un brahmane ; société de castes ; place de la déesse Kali (notamment la destruction) ; évolutions récentes tells que le Barattya Janaty Party…

 

Bouddhisme ? Importance de la vertu centrale de compassion. Néanmoins, une certaine recherche du néant n’implique t-elle pas une déresponsabilisation de l’individu, d’où une violence inversée par la non-intervention. De plus, la relation éthique/ intention autorise la réponse à la violence par une autre violence. Donc, violence non exclue même si non recherchée… Bien lire l’histoire ! Différents "véhicules"… Lecture fausse du Bouddhisme par Schopenhauer, influence d’une partie sur le nazisme (vogue de cette pensée pour lutter contre la "culture étrangère" !). De plus, l’idée de vacuité, amplifiée par exemple chez Ramakhrisna, n’est-elle pas violence contre soi-même ?

 

Islam ? Question des jihad (faire un parallèle avec la théorie augustinienne de la guerre juste et de la guerre intérieure)… Question de la justice prioritaire sur l’amour (parallèle à faire avec certaines formes du Judaïsme)… Evoquer l’opposition falsafa/Kalâm… problème de l’interprétation (et non pas de la traduction) du Coran, qui est pour le moins ambiguë… Question des hadiths abrogés, de l’ordre des sourates…

 

Judaïsme ? Toute la Bible n’est que violence en lecture littérale, du moins la plupart de ses livres car nuances… Dieu lui-même détruit ! Une violence peut-être symbolique cependant (Ruth, Judith, …) ? cependant aussi bien réelle (exemples du sacrifice d’Abraham, des guerres du Seigneur, du poids de la Loi, …)… Pourtant une violence régulée… Dieu à la fois Justice et Amour (cf. Isaïe)…

 

Christianisme ? Opposition entre le message du Christ et la réalité historique… Même culture que le Judaïsme pour son substrat… Existence de certaines phrases "scandaleuse" de Jésus !

 

Question du messianisme à évoquer…

 

Question du dépassement, mais aussi de la méthode de lecture des textes : littérale/symbolique… Le symbolique est souvent confondu avec la vérité littérale !

 

Le sacré n’induit-il pas le mépris de celui qui le pense autrement ?

 

Question du suicide ?

 

Influence et problèmes des littératures apocalyptiques.

 

Existe t-il une seule société, a t-il existé une seule société sans violence ? La violence n’est-elle pas un élément de  nature ? Même si la jungle a ses règles, la loi de la jungle n’est-elle pas pire que les lois du sacré ?

 

Mais … N’y aurait-il pas plus de violence sans le frein du sacré ? Questions de la sanction dans l’au-delà, de l’humain lui-même, de l’éternel rapport liberté/absolu…

 

Avoir "inventé" le péché originel a t-il conduit au fatalisme de la violence ou à son contrôle par la volonté de chercher à dépasser cette marque infamante ?

 

Les intégrismes ne sont-ils pas le fruit a) d’une volonté de soumettre la société, b) d’assurer un pouvoir par l’alibi-ciment religieux omniprésent, c) de peur de l’autre, fondant les relations humaines non pas sur l’individu mais sur le global, donc sur la peur du non soi ou du non fondu dans ce même global ?

 

Une religion révélée ne se caractérise t-elle pas par les concessions qu’elle doit faire au politique et aux pouvoirs sociaux, même si ces concessions ne correspondant pas à son éthique ?

 

Le sacré n’a t-il pas été appelé à combler des vides structurels, en venant ainsi à devoir se dépasser lui-même ?

 

La violence du sacré est-elle juste ? Exemple : la question du tyrannicide…

 

Problème d’une hiérarchisation de la société non forcément née des textes sacrés, mais du refus de toute autre autorité que celle autoproclamée que l’on s’est attribuée ? Alibi de Dieu pour le sur-individualiste ?

 

Pour le Chrétien, la guerre, même juste, même "sacrée" reste un mal (exemple de Godefroy de Bouillon en 1099, Saint Augustin et le grand jeu des démons, …)… Il n’en est pas de même de toutes les religions… Néanmoins, 14/18 ne fut-elle pas "sacrée" (pourquoi Sainte Jeanne d’Arc ?) ?

 

Quelle relation réelle entre le religieux et le sacré ? question organisationnelle ? structurelle ? pas forcément liée à l’existence de la divinité…

 

Violence du sacré, violence sacrée, sacralisation de la violence, …

 

S’interroger sur les rites d’initiation. Sont-ils violence aux yeux de ceux qui les imposent ? aux yeux de ceux qui les vivent ? Donc, retour à la question de la définition et de la conscience de la violence. Ce qui est violent vu de ou par l’extérieur l’est-il pour le groupe (l’individu ?) vivant cette violence ? N’y a t-il cependant pas souvent vice chez celui qui a vécu mais continue à faire subir ?

 

Tout rite n’est-il pas violence d’une certaine façon ?

 

Question du rapport violence/souffrance. Tout ce qui créée de la souffrance est-il violence ?

 

La violence du sacré ne dépasse t-elle pas en fait le sacré et la violence ?

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Published by Serge Bonnefoi - dans Théologie
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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 11:29

ATTENTION ! ARTICLE NON TOTALEMENT TERMINE... MANQUENT ENCORE DES COMMENTAIRES, AINSI QUE DES REFERENCES DE SOURCES !


 

Eschyle, c’est le tragique de la némésis ! Tout d’abord un rappel. Némésis est la fille de la nuit, et ce dès le commencement du monde. Personnifiant la vengeance divine, elle punit les crimes et poursuit l’hybris (c’est-à-dire l’orgueil, l’insolence, le bouillonnement, l’injure faite aux dieux par contestation de sa condition humaine, …), la réussite excessive et l’orgueil démesuré des mortels qui croient pouvoir s’élever au-dessus de leur condition humaine (source : G. Hacquard, Guide mythologique, Hachette, 1985, page 184).

 

Né à Éleusis dans une famille célèbre de la classe des Eupatrides, ancien combattant de Marathon, de Salamine, d’Artémision et de Platée, Eschyle reste l’un des plus célèbres acteurs et poètes de l’Athènes ancienne. Même s’il n’est pas, contrairement à une idée reçue, le père de la tragédie, Thespis et Phrynichos l’ayant précédé sur cette voie, il n’en reste pas moins vrai qu’Eschyle aura le véritable fondateur de ce mode ; en effet, dès la fin du VI° siècle était apparue le drame tragique, issu du dithyrambe, poème chanté en l’honneur du dieu Dionysos, et Eschyle ne commença véritablement à s’imposer qu’à compter de sa victoire au concours tragique de ~484. Eschyle avait en fait réformé la tragédie en introduisant un second acteur et en développant le dialogue, tout en continuant à laisser une grande place au chœur. On voit donc qu’il se diffère de Sophocle, en ce sens que son successeur introduisit un troisième acteur, passant ainsi du dialogue au débat dans la tragédie, même si le chœur reste important, passant de douze à quinze choeurètes, faisant entrer la tragédie grecque dans le modèle trine indo-européen. De plus, lorsque Sophocle utilise le dialogue, celui-ci est stichomythique, c’est-à-dire fondé sur une rapide succession de courtes répliques d’un seul vers, accélérant l’action… Le chœur reste le personnage principal de la pièce, son fil conducteur, alors qu’il ne sera plus, avec Sophocle, que le commentateur de l’action.

 

Eschyle se distingue aussi de Sophocle en ce sens que ses pièces n’ont pas véritablement d’action, d’intrigue, de passions réelles. Ses personnages, même s’ils sont animés d’une volonté farouche, manquent de souplesse, de grâce. Par contre, il reste unique de par les effets de terreur ou de force induits par ses personnages, par l’ampleur des idées morales qu’il porte à la scène, par la puissance évocatrice des images grandioses et tragiques qu’il présente. Malgré tout, la tragédie reste simple chez Eschyle ; elle ne se développe qu’autour d’un fait unique, même s’il est étendu, d’un fait ne peignant qu’un seul sentiment, par exemple la volonté indomptable dans Prométhée enchaîné.

 

De ce fait, les personnages n’ont pas d’intérêt par eux-mêmes, car, organisés autour d’une idée unique, ils sont en fait toujours poussés par une divinité : la fatalité, le destin, même lorsque ces personnages sont les dieux eux-mêmes. C’est la moïra (à ce propos, une question… Le latin mores, mœurs, qui a donné le français morale, ne viendrait-il pas du grec moïra ? Les mœurs sont-elles à suivre parce qu’elles sont ?), cette destinéeimpérieuse, inflexible et menant toute chose à sa fin que l’on trouvait déjà chez Homère dans l’Iliade (Iliade, 24, 209), et dont il parle notamment dans Les Euménides (Les Euménides, 334), cette fatalité que Zeus lui-même ne peut empêcher, nul ne pouvant y échapper (Prométhée enchaîné, 511) …Et de plus, cette fatalité reste poussée par la vengeance, par Némésis, d’où la permanence d’une terreur religieuse, comme par exemple dans son Agamemnon. Malgré tout, il y a subsistance d’une liberté humaine, car, si les héros sont poussés par la fatalité, comme Oreste, ils ont aussi un libre-arbitre ; mais, cette liberté n’est exercée que pour assumer la fatalité, comme le roi d’Argos dans Les Suppliantes. Le défi posé à l’homme n’est donc pas celui du choix, mais celui de confondre ses passions avec le destin, ce qui pose un véritable problème métaphysique, celui d’un prédéterminisme auto-choisi, auquel l’homme ne cherche pas à échapper, au risque de se perdre, comme Prométhée…

 

Par ailleurs, le thème de la justice est très présent chez Eschyle. Si un destin capricieux règne sur le monde, l’émergence de Zeus parmi les dieux fait naître une justice intelligente ; néanmoins, cette justice elle-même reste soumise au destin… Mais il est important de noter que cette justice, qui reste distincte du droit, se déplace dès que l’on en abuse ; celui qui, pour venger un crime ou défendre son droit, dépasse son droit, se trouve à son tour puni, mais toujours par le destin car l’on reste dans une vision de némésis :

« La violence a coutume d’engendrer la violence. » (Agamemnon, 764)

« Qui frappe est frappé, qui tue expie. » (Agamemnon)

 

Il ne peut donc y avoir qu’une seule règle de vie, la sophrosunê, bref la modération en toute chose, car la mesure est le bien suprême (Agamemnon), alors que la démesure est fille de l’impiété (Les Euménides, 531). Les passions sont donc limitées et contrôlées afin d’obéir au destin… Par contre, Eschyle nous donne peu de leçons politiques… On reste dans le cadre du modèle archaïque avec un basileus, qui consulte de temps en temps le peuple pour cadrer avec une justice prédestinée, prédéterminée, rien de plus, comme on peut le lire dans Les Suppliantes :

« …Non pas qu’un vote de la cité nous ait condamnées à être bannies pour être tuées… » (Les Suppliantes ),

les décisions les plus graves ne pouvant être assumées que collectivement par le corps vivant de la cité. Reste qu’il semble favorable à l’idée d’autorité, posant la discipline commemère du succès (Les Sept contre Thèbes. Dans Les Sept contre Thèbes (467), Eschyle décrit en termes poignants les malheurs de la guerre (v. 287-368) et met en scène la guerre fratricide mais justifie indirectement la guerre de résistance (v. 79-181)), tout en condamnant la tyrannie, la mort étant  plus douce que la tyrannie (Agamemnon, v. 1365. Dans Agamemnon (458, ainsi que les deux pièces suivantes formant L'Orestie), Clytemnestre, en tuant le roi, son époux, venge la mise à mort de sa fille Iphigénie mais est surtout l'instrument de la justice divine pour les diverses fautes lors de la guerre de Troie).

 

Eschyle reste donc marqué par l’époque héroïque, par l’époque archaïque. Il ne fait que traduire dans la tragédie Hésiode et ses thèmes de la résignation et de la justice, ne faisant que prolonger la morale de l’honneur homérique… La comédie, fille de la démocratie, des difficultés et de la guerre qu’elle tourne en dérision, n’existait pas encore, même si elle commençait à balbutier dans la satire et dans la fête dyonisiaque des pressoirs. Mais, jusqu’en ~486, la comédie restera surtout un art de la rue. Avec la comédie, le public est invité non plus à méditer ou à moraliser, mais à réfléchir sur lui-même, sur ses actes…

 

D’ailleurs, Eschyle ne fait que porter à la scène des poèmes d’Homère ou des faits semi-légendaires antérieurs de quatre à cinq siècles à son propre temps… Il est vrai qu’en appeler à la culture basique du public, sans pour autant prendre le risque de l’actualité comme le fit Phrynicos (cet auteur fit jouer en ~494, l’année même de l’événement, Le sac de Milet, montrant la destruction de cette ville d’Asie mineure par les Perses, mais fut condamné à une amende de 1.000 drachmes pour avoir traumatisé les spectateurs par les scènes de violence évoquées, et surtout leur avoir donné du remords d’avoir abandonné les miléens à leur triste sort… Dès lors, la plupart des tragiques se méfieront des pièces d’actualité, même si Eschyle joua Les Perses huit ans après Salamine, en ~472, mais il est vrai qu’il ne fait dans ce cas qu’illustrer la défaite d’un ennemi…), était bien plus facile, le public pouvant se laisser porter sans remords, même s’il y a appel à sa réflexion. Mais même l’histoire sombre souvent dans le légendaire, et le légendaire dans la morale… Pourtant, Eschyle ose, ce qui reste nouveau, par exemple en condamnant la guerre et l’autocratie dans Les Perses, son statut d’ancien combattant glorieux lui évitant certainsennuis, d’autant plus qu’il va moins loin de Phrynicos en évitant ce qui pourrait froisser la susceptibilité athénienne… C’est pour cela qu’Eschyle deviendra très vite un classique

 

Son inspiration reste proche de l’épopée, est profondément religieuse. Eschyle est en fait un moraliste religieux, ou plutôt superstitieux, se distinguant ici du quasi-matérialisme d’Hésiode. C’est aux dieux que l’on demande ce que l’on doit faire, c’est à eux que l’on demande la punition des meurtriers, comme dans Les Choéphores (littéralement : les porteuses de libation.s. Dans Les Choéphores, Oreste et Électre, pour venger leur père, tuent leur mère. Selon de telles règles, le meurtre devrait toujours succéder au meurtre ; mais les Euménides présentent un jugement d'Oreste devant l'Aréopage : l'ordre de la cité finit par triompher des vengeances privées aveugles), tout comme ce sont eux qui protègent :

« Même les fugitifs épuisés par la guerre trouvent un refuge contre le malheur près d’un autel que protège la crainte des dieux. (…) Un autel vaut mieux qu’un rempart : c’est un bouclier infrangible. » (Les Suppliantes, première réplique de Danaos)

 

Le droit d’asile existait donc dans l’Antiquité…

 

Surtout, par delà et bien plus que la justice, la vengeance est sur-dominante ; mais elle n’est pas personnelle, car elle est voulue par les dieux et guidée par le destin, ce qui, finalement, permet tous les excès, en l’absence de toute morale prédéterminée. Pourtant, cette morale commence à émerger avec la crainte même des dieux, comme l’ont montré les extraits précédents…

 

Arrêtons nous maintenant quelques instants sur Les Perses, et sur sa leçon :

« Là les attend d'endurer les pires malheurs, rançon de leur superbe et de leur impiété. »

Cette tragédie d'Eschyle fut présentée la première fois en 472, soit huit ans après la célèbre défaite des Perses à Salamine à laquelle la pièce fait référence.

 

La pièce se déroule chez l'ennemi, entre la Salle du Conseil, le palais impérial et le tombeau de Darius (Darius I, empereur perse de la dynastie mède, ayant régné de 522 à 485, protagoniste de la première Guerre Médique contre la Grèce et défait à la célèbre bataille de Marathon en 490, père de Xerxès (485 – 465) ayant conduit la seconde Guerre Médique se terminant à nouveau par une défaite perse lors de la bataille navale de Salamine (480), confirmée par une défaite terrestre à Platées quelques mois plus tard). Les chœurs commencent par décrire la puissance perse mais Eschyle insuffle dès les premiers vers un doute, une angoisse par rapport à cette puissance. Le doute est relayé par un songe de la reine-mère et confirmé aussitôt par le récit d'un messager annonçant la défaite de l'armée perse, en des mots sublimes qui restent la meilleure description historique de la bataille de Salamine (v. 353-432). Le chœur et la reine invoquent l'ombre de Darius qui, dans un dialogue avec la reine, tire les leçons de cet échec. Après cette scène, Xerxès arrive au palais et confirme le désastre.

 

En situant toute la scène du côté perse, Eschyle réussit à éviter toute polémique helléno-perse et même tout sentiment anti-perse. A peine, quelques sentiments de fierté grecque affleurent d'ici de là, et ce en réponse à une question de la reine à ses conseillers sur les mœurs des Grecs :

« Ils ne sont pas esclaves, ils n'obéissent à aucun homme » (v. 242).

Dans l'inventaire des pertes perses après la défaite de Salamine, Eschyle énumère avec complaisance les possessions retrouvées par les Grecs (v. 870-907). D'autre part, en attribuant à ses personnages perses des réflexes religieux grecs (le chœur perse attribuant à Arès, c’est-à-dire au dieu grec de la guerre, le changement de fortune de l'armée (v. 93) ; Darius lui-même disant : « Zeus fait aboutir à mon fils la prophétie... »(v. 740), ou évoquant « Zeus, exacteur implacable » (v. 827)), Eschyle s'adresse clairement au public grec et, au-delà, à la conscience universelle. La leçon qu'il en tire est aussi universelle par son contenu : tout ce qui est démesure finit par échouer. Peu importe que, chez Eschyle, la sanction soit encore présentée comme action divine, cette leçon deviendra un des piliers de l'humanisme grec. Néanmoins, en ce qui concerne la philosophie de la guerre, ce principe reste trop général. Il peut fonctionner comme avertissement mais ne constitue pas une analyse des mécanismes conduisant à la violence ni une voie pour gérer celle-ci ni une discussion du bien-fondé de cette guerre. Entre autre, la question n'est pas posée de savoir ce qui mène à la démesure.

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Published by Serge Bonnefoi - dans Personnages
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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 17:37

Un jour Standard’s cessa AAA
Les notes s’mirent à tomber BBB
Ca devait tout casser CCC
Nous faire tous quémander ABCD

Devait plus y’avoir d’feu EEE
Et plus d’aéronefs FFF
On devait surnager GGG
Ou s’faire prendre à la hache EFGH

Mais il y a eu Moodie III
Qui n’a pas réagi JJJ
Qui n’en fit aucun cas KKK
Et tout reste tel quel IJKL

Et il en va de même MMM
Avec la crise hellène NNN
Mais ils veulent de l’impôt OOO
Toujours plus nous pomper MNOP

Alors on l’a dans l’c.. QQQ
Car il y a des guerres RRR
Mais y’a aussi la Grèce SSS
Qui est si mal notée QRST

La Bourse nous a bien eu UUU
Et aussi la TV VVV
C’était leur idée fixe XXX
Il faut bien qu’on les aide UVXZ

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Published by Serge Bonnefoi - dans Politique
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15 décembre 2011 4 15 /12 /décembre /2011 10:33

Nous célébrons aujourd'hui le cinquième centenaire de la prédication du frère Antonio Montesinos à Saint Domingue en 1511. Cette prédication fut préparée de manière communautaire pour défendre les Indiens. Elle a marqué l'histoire de la défense des droits humains.

 

Elle est aussi très actuelle à l’heure des crises…

 

« C’est pour vous faire connaître tout cela que je suis monté dans cette chaire. Je suis la voix de celui qui crie dans le désert de cette île et c’est pour cela qu’il faut que vous m’écoutiez avec attention, non pas avec une attention quelconque mais avec tout votre cœur et tous vos sens. Cette voix est la plus neuve que vous ayez jamais entendue, la plus âpre et la plus dure, la plus épouvantable et la plus dangereuse que vous ayez jamais entendue.

 

Cette voix vous dit que vous êtes tous en état de péché mortel, et dans le péché où vous vivez et mourrez à cause de la cruauté et de la tyrannie dont vous accablez cette race innocente. Dites-moi : quel droit, et quelle justice vous autorisent à maintenir les Indiens dans une si affreuse servitude ?

 

Au nom de quelle autorité avez-vous engagé de si détestables guerres contre ces peuples qui vivaient dans leurs terres de manière douce et pacifique, où un nombre considérable d’entre eux ont été détruits par vous et sont morts d’une manière encore jamais vue tant elle est atroce. Comment les maintenez-vous opprimés et accablés, sans leur donner à manger, sans les soigner dans leurs maladies qui leur viennent des travaux excessifs dont vous les accablez et dont ils meurent. Pour parler plus exactement vous les tuez pour obtenir chaque jour un peu plus d’or.

 

Et quel soin prenez-vous de les instruire de notre religion pour qu’ils connaissent Dieu leur créateur, pour qu’ils soient baptisés, qu’ils entendent la messe, qu’ils observent les dimanches et fêtes d’obligation ? Ne sont-ils pas des Hommes ? N’ont-ils pas une âme raisonnable ?

 

N’êtes-vous pas obligés de les aimer comme vous-mêmes ? Vous ne comprenez pas cella ? Vous ne sentez pas cela ? Comment êtes-vous plongés dans un sommeil si profond ? Comment êtes-vous si léthargiquement endormis ?

 

Ne sont-ils pas des Hommes ? »

 

(trad. fr. Manuel Rivero, op)

 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 14:46

Rappel... Plus que l'euro, c'est la forme du passage à l'euro - qui n'a pas été organisée comme il le fallait, ni même selon les règles demandées par Bruxelles - et la gestion des finances publiques à ce moment-là qui est l'une des causes de la crise actuelle ! 
Qui était ministre des finances à l'époque ? Dominique Strauss-Kahn (PS) de 1997 à 1999, Christian Sautter (PS) de fin 1999 à 2000, Laurent Fabius (PS) jusqu'en 2002... Et Premier ministre ? Lionel Jospin (PS)... Pourquoi l'oublie t-on ? Pourquoi ne le dit-on pas haut et fort ???
 
La balance des paiements de la France est déficitaire de 33,7 milliards d'euros... Mais, là-dedans, on compte en déficit les 63,5 milliards d'euros investis directement par les entreprises françaises à l'étranger, et en gain les 25,6 investis par des étrangers... Si on retire ce double flux, finalement comptable, on a une balance réelle (car, de plus, les investissements français à l'étranger peuvent être une action favorable) ... positive de 4,2 milliards d'euros... En fait, il faudrait surtout distinguer dans ce chiffre de 63,5 milliards la part de l'investissement réel de celle des délocalisations... On aurait alors un chiffre, certes non "comptable" selon les règles de France Trésor, mais réel !!!
 
Le drame actuel, en fait depuis Thatcher qui a perverti toutes les finances publiques, c'est que l'on veut gérer les Etats comme des entreprises privées... Et encore, car si les agences de notation disent qu'un Etat ne doit pas dépasser 60 % de son PIB en endettement, elles admettent 120 % du chiffre d'affaires pour les grosses entreprises et ... 334 % (!!!) des avoirs pour les banques !
 
Les banques et les Etats peuvent contracter simultanément et en croisé un prêt et un emprunt portant sur deux devises différentes, à des taux fixes ou variables. Il s’agit d’une opération de trésorerie et de rien d’autre, mais qui permet d'éviter toute inscription au bilan ou au compte administratif ! Le plus souvent, on met en branle deux opérations de change : l'une au comptant, l’autre à terme, d'où échange uniquement comptable de capital, tant à la mise en place qu’à l’échéance. Ainsi, rien au bilan, pas d'impôts, des chiffres volontairement dégonflés, tant en profit qu'en dette selon ce que l'on cherche... Cela s'appelle un "swap de devises"... Essayez de faire de même, vous simple particulier..., et c'est direct la « case Prison » ! Cavalerie, escroquerie, fraude fiscale, faux bilan, etc... Mais, pour paraphraser La Fontaine, selon que vous soyez banque (Etat de moins en moins pour que les banques puissent gagner à tous les coups) ou misérable... C'était selon beaucoup d'analystes l'un des "jeux" favoris de la Grèce d'avant Papandréou et de l'actuel Premier ministre grec lorsqu'il était banquier...
 
La dette étasunienne est de 100 % du PIB, soit 14.500 milliards de $, dont 4500 de plus depuis 2008... A titre de comparaison, celle de l'Italie est de 1900 milliards... La note des agences est-elle donc bonne pour les USA ou pour l'Italie ???
 
Au fait, dans la "règle d'or" proposée au vote des Parlementaires, où voyez-vous une obligation d'équilibre budgétaire, de réduction du déficit et de la dette ? Moa, y'en a pas voir ça ! On ne parle dans le projet que d'une loi d'équilibre budgétaire, en renvoyant à une loi organique... Et puis, que je sache, c'est déjà dans le Traité, ... donc obligatoire en droit français, y compris s'imposant aux normes de plus haut niveau... Et puis, il existe déjà la Loi organique "Finances Publiques" du 1er août 2001... Il est vrai qu'il semble selon la Cour des Comptes que l'administration qui la connaisse le moins soit ... les Finances ! Véridique !
 
Il est notable que les Parlementaires ont, lors des débats sur le projet de loi constitutionnelle « finances publiques », très heureusement supprimé les dispositions proposées par le Gouvernement confiant à ce dernier (et non plus aux Parlementaires) le soin de définir les impôts et les taxes... C'est peut-être aussi cela, qui était en fait le principal du texte, qui a fait que le Gouvernement a été bien mou à présenter au vote...
 
Notons que l'opposition est assez nulle puisqu'elle n'a pas relevé ces points pourtant évidents, tout comme elle n'a pas soulevé les quelques erreurs de Nicolas Sarkozy dans son discours de Toulon d'il y a quelques jours... l'incompétence règne chez les politiques, alors que les fonctionnaires compétents, que les personnes compétentes sont tous mis sous le boisseau...
 
Je dois être idiot... Quand un pays sera en crise et aura un déficit, on lui mettra des pénalités financières... Histoire de combler le déficit et de réduire la dette ???
 
Je dois toujours être idiot... la BCE prête à 1 % aux banques pour qu'elles prêtent entre 3 et plus de 10 % aux Etats... Les banques françaises sont en crise de n'avoir que 415 % du PIB et de n'avoir une dette grecque ne représentant que moins de 5 % de leurs bénéfices trimestriels ! … Même remarque pour certaines aides de la BEI... En tout cas, pourquoi ne pas mobiliser plus dans ce cas, pour contourner l'article 123 TFUE, la Caisse des dépôts et consignations ?
 
Au fait, mais on ne doit pas y réfléchir, combien les gentils milliardaires grecs ont-ils transféré hors de leurs frontières à l'aube de la crise grecque, d'ailleurs née d'un mensonge de leurs amis (aujourd'hui revenus au pouvoir) ???
 
Le slogan réel c'est "Travailler plus pour gagner moins; spéculer plus pour gagner plus !"
 
Au fait, mais là encore faut pas le dire, le déficit extérieur ne serait pas si on en déduisait les investissements français hors de nos frontières qui devraient compter comme des avoirs et non comme des dettes ! Il serait même en excédent... Voir les chiffres donnés par la Banque de France, France Trésor, etc...
 
Les banques se prêtent entre elles pour prêter... Pourtant, la cavalerie est interdite aux particuliers, tout comme d'ailleurs la compensation...
 
Je dois être idiot... La Grèce a un besoin urgent de 8 milliards d'euros, ... mais participe à hauteur de 22 milliards d'euros au nouveau Fonds de soutien à l'euro…
 
Lénine disait "Les faits sont têtus"... Les chiffres aussi ! Mais encore faut-il savoir les lire et ne pas demander aux spécialistes de la spéculation ce qu'ils veulent dire !
 
Une obligation d'Etat AAA intéresse t-elle, son rendement étant faible ? Une obligation d'un Etat en crise n'est-elle pas plus attractive de part son rendement 4 à 5 fois supérieur, même si son risque est d'un demi ou de 1 supérieur ? Bref, le système n'entretient-il pas l'épargne spéculative, d'autant plus que la Bourse, elle aussi, ne compte pas les noyaux stables mais seulement les 1 à 2 % au plus de mouvements de capital ? Mais on nous parle alors d’effet de levier…
 
Le projet de loi constitutionnel relatif à l'équilibre des finances publiques (cf. "petite loi" 722 rect.) n'oblige en rien à l'équilibre, ni au respect des critères de convergence... Il a même peut-être moins de portée que la LO du 1er août 2001...
 
Il faudrait peut-être en fait compléter l'article 2 de la "petite loi" en ajoutant après le point précédant le "fermez les guillemets" : "Ces projets doivent tenir compte lors de leur élaboration des critères définis à l'article 1er du protocole n° 12 annexé au Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne en sa version en vigueur au 1er décembre 2012."
 
Notons en passant que le protocole n° 12 sur les déficits excessifs, ainsi que l'article 126 TFUE font partie intégrante du TFUE, et qu'ils font donc déjà partie du droit français et des autres Etats de l'UE ayant ratifié ! Toute la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne, ainsi que celle du Conseil constitutionnel ou d'Etat le confirme, notamment du fait des dispositions du titre XV et des articles relatifs à la portée des Traités de la Constitution du 4 octobre 1958. Il suffit donc, non pas de gesticuler "règle d'or", "règle d'or" (pour paraphraser De Gaulle évoquant l'Europe), d'appliquer la Loi, que la Loi, toute la Loi ! La règle d'or est déjà dans notre droit puisque le TFUE y est !
 
Par contre, on pourrait revoir le système européen de comptes économiques intégrés, dès lors qu'il interdit la prise en compte des opérations commerciales, alors que la formule de la FBCF (formation brute de capital fixe) devrait être adaptée pour tenir compte de l'existence du marché intérieur... Quand à la dette, elle devrait, mais les critères de Maastricht ne font pas ainsi, être certes le total des dettes brutes, mais à valeur réelle, non pas à valeur nominale comme indiqué au 4° tiret de l'article 2 du protocole n° 12...
 
Je rappelle aussi que l'article 126, § 2, du TFUE indique que l'on peut seulement tendre vers les fameux critères de déficit, tout comme il permet de les dépasser temporairement ! On l'oublie trop souvent !
 
Chypre est membre de l'Union européenne... La Turquie occupe illégalement une partie de Chypre, donc de l'Union européenne... L'Union européenne verse à la Turquie une dotation de préadhésion... Allez y comprendre quelque chose... Je sais bien que la défense européenne (UE), n'a rien à voir avec la défense de l'Europe qui dépend de ... l'OTAN, et que la Turquie est un pion fondamental de l'OTAN pour les Etats-Unis... N'empêche qu'en droit international, il y a violation du dit droit par la Turquie...
 
Un rappel... Juste en passant, les notes que Standard & Poor's donne à Moody's : - Long terme étranger : BBB+ ; - Court terme étranger : A-2 ; - Long terme intérieur : BBB+ ; - Court terme intérieur : A-2. Et c'est "ça" qui nous note ? qui donne des leçons ? Sans autre commentaire... Pourquoi ne pas évoquer la propre fiabilité de ces boîtes qui donnent de grandes leçons, menacent, font quasiment chanter ??? Au fait, ce sont des boîtes cotées à la Bourse de New York et propriété pour une grande partie de fonds de pension... Sans commentaire !
 
Et les notes de Goldman Sachs, qui a causé les crises européennes mais a qui "on" a donné la BCE, le gouvernement italien, etc... ? Foreign Long Term A perspective négative ; Foreign Short Term A-1 ; Local Long Term A perspective négative ; Local Short Term A-1…
 
Après lecture et relecture du dernier discours de Toulon (ainsi que de celui de 2008), je ne peux que constater une grande convergence, hormis sur deux points : - j'insiste moins sur la crise de l'euro, car elle est monnaie de réserve pour les BRICA qui n'ont pas intérêt à le voir chuter. Par contre, il y a risque en ce sens que la Chine, première puissance détentrice de monnaie au monde, peut jouer l'euro contre le dollar, bref mettre en opposition et en conflit l'UE et les Etats-Unis ; - par contre, je le trouve un peut optimiste quant il parle des trois nouvelles données de la croissance, car, selon moi, nous ne sommes pas revenus dans une phase où la qualité prime la quantité. Il devance ses désirs, ce qu'il faudrait... Mais aujourd'hui, sur ce point, la croissance reste "Je dépense donc je suis"...
 
Un point où il faudrait approfondir, c'est lorsqu'il dit que la crise de la dette privée se prolonge en crise de la dette publique. Oui et non ! Car la dette privée représente, pour la France, environ 150 % du PIB... Mais ce n'est qu'un détail, même s'il est important.
 
En fait, comme je l'écrivais, il manque deux ans à Sarkozy, car ses réformes ne peuvent pour beaucoup n'être qu'à l'international, alors que la RGPP - qu'il faut renforcer (mais pas au détriment de la paye de nos militaires... Attention à la manif' de leurs épouses le 17 décembre) - ne donnera aussi ses pleins effets premiers que dans 18 mois environ... Mais je constate avec plaisir qu'il a bien intégré, contrairement aux autres et même à beaucoup de l'UMP, le caractère multidirectionnel de la crise, et bien insisté sur le rôle de la peur qui a d'ailleurs conduit au AA du rating de marché de la France... Il doit faire face non pas à 30 ans, mais à 37 ans d'absurdité économique, sociale et financière...
 
En fait, le capitalisme ne fonctionne pas aujourd'hui justement parce qu'il n'y a plus de vrais capitalistes, c'est-à-dire de détenteurs du capital le mettant en jeu, mettant en jeu leur propre argent, et, lorsqu'ils le veulent, les mécanismes financiers actuels ne leur donne pas la parole, malgré les élucubrations de la Gauche sur ce point. Le travailleur n'est pas pour autant le propriétaire du capital. Ceux qui jouent en bourse ne jouent pas leur argent (0,5 % de capital échangé en Bourse peut entraîner une chute de cours de 5 %, ce qui veut dire que dans le système actuel de cotation les noyaux durs n'ont pas leur mot à dire, ce qui est absurde !). Et c'est pourquoi il faut revenir aux idées gaullistes de participation et de noyaux durs de capital...
 
On nous parle du AAA qui est le rating de la dette court et long terme. Mais on n'explique pas le différentiel de taux entre l'Allemagne et la France. Or, ici c'est le rating de marché, très peu connu, qui s'applique. Or, celui de la RFA est AAA, alors que celui de la France de ... A+ tendant vers AA, même si cette tendance semble se ralentir, ce qui explique pourquoi, alors que nous sommes l'un des six AAA de la zone euro, nous ne sommes que 5° pour les taux appliqués aux emprunts de la France ! Ce rating de marché est distinct du rating souverain dont on nous rabat les oreilles ! C'est en fait la prime de risque donnée par les marchés financiers eux-mêmes !
 
Sur le discours de Toulon, tout OK, sauf deux questions : - que vient faire Schengen dans le développement sur la libre-circulation des marchandises ? - pourquoi ne pas exiger l'application des dispositions anti-dumping de l'OMC ? Un Etat peut agir unilatéralement en cas de défaillance de la Commission...
 
Le problème est que la BCE ne peut (ne veut ?) émettre des bons du Trésor européens... C'est aussi pourquoi Sarkozy en réclamait lui ! Mais on a fait une monnaie unique n'importe comment, ou plutôt avec un encadrement de monnaie commune coexistante avec les autres monnaies... Pourquoi a-t-il changé d’avis ?
 
La Loi DALO ne déploie pas tous ses effets... La Loi DALO est imparfaitement appliquée... OK, c'est vrai... mais, déjà, il fallait avoir le courage de l'adopter, ce qui n'avait pas été fait par ceux qui critiquent; et puis, ce n'est pas en quatre ans que l'on solutionne 35 ans d'immobilisme... Ne pas l'oublier !
 
Deux questions : - la conférence de Durban commence. La France va t-elle encore unilatéralement se mettre des handicaps ? - Moody's menace de baisser globalement les ratings européens. Un particulier qui ferait cela ne relèverait-il pas de l'article 312-10 du C. Pénal (chantage) ou de l'art. 421-1-7° (terrorisme lié à délit d'initié) ?
 
Fantastique, l'article de "Marianne" (n° 761, 19 nov. 2011, page 14 et suiv.) sur "Sarkozy : la faillite" ! Je n'avais encore jamais lu un article donnant autant de chiffres vrais, mais autant isolés de la réalité, déformés, sortis de leur contexte à des fins bassement politiques ! Même "L'Humanité" est bien plus honnête ! Jamais je n'avais lu un article aussi vrai et aussi faux à la fois, un article visant à la seule et unique manipulation ! Un chef d'oeuvre de désinformation ! A croire qu'ils ont recyclé un ancien spécialiste du KGB de la désinformation !
 
Juste en passant de quoi méditer et montrer pourquoi Sarko insiste tant sur l'international... Depuis que le CAC 40 a été créé, sa valeur a été multipliée par 3, le prix du pétrole par 9,25 (le prix de celui de la mer du Nord étant d'ailleurs environ 11 % plus cher que celui du reste du monde), l'or de 3,33 fois, les dividendes de 636 % à une vache près, alors que les prix n'ont augmenté que de 54 % et le PIB monté à 2,30 fois ce qu'il était en janvier 1988.
 
On s'obsède sur les cours de la Bourse, alors que la capitalisation boursière c'est ... 40 % du PIB, ... soit moins que la valeur réelle des entreprises, que 1,7 % de cette capitalisation échangée peut entraîner une chute de plus de 6 %, ce qui explique pourquoi Sarko veut réguler tout ça, notamment les ventes à découvert et les CDS... Au fait, les actifs des banques françaises, c'est 415 % du PIB, et leur rentabilité est de 13,3 %... Et puis, nous n'avons que 4,2 % de dette improductive en fait..., ainsi qu'un rapport dette publique/PIB inférieur à l'Allemagne...
 
Sarko est un gros malin... Il a augmenté la dette publique en % du PIB d'environ 10 %, mais d'une manière telle qu'en cas de crise réelle, d'autres que le contribuable devront payer ... 25 %, et pas des français ! On dirait un de ces champions de dames qui éparpillent les pions sur le damier, qui semblent jouer incohérent, mais qui d'un coup te bouffent 7 à 8 pions... Osé, mais face aux enjeux actuels, il fallait des couilles. Simone Veil disait en 1979 que la politique française en manquait, là, c'est plus le cas... Je lui tire mon chapeau... D'où la colère des analystes financiers (dont je te parlerai dans le document) qui sentent qu'ils se sont un peu fait baiser et tentent de réduire les pertes qu'ils risquent d'induire aux autres si Sarko jette certaines valeurs sur le marché... Très malin, même si le processus est très difficile à résumer... En fait, il fait du tous azimuts parce que la situation l'impose... Bref, il applique à cette "guerre" financière les principes gaullistes en matière de Défense nationale...
 
N'y a t-il pas une erreur dans la note de données économiques et financières de l'INSEE du 10 novembre 2011 diffusée sur Internet (http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=17&sous_theme=4) ? Dans la partie secteur fiscal, Dette en milliards d'euros, ils disent : derniers chiffres 1591,2 et chiffres précédents 1194,0... Or le second chiffre me surprend fort, ne correspondant pas à la somme de ses composantes. Si ce sont ces données que l'on transmet, je comprends la crise et Moody's... En clair, selon ce document officiel de l'INSEE, la dette publique française aurait augmenté en quelques mois de 400 milliards d'euros, et de seulement 3 % du PIB, ce qui est totalement incohérent ! De plus, pourquoi ne citent-ils pas les indicateurs de solidité financière donnés par le FMI ?
 
Hollande avait comme copain de chambrée au régiment Castries. Selon certains ils seraient restés liés. Or, Castries, c'est AXA. Et AXA c'était Graham Sachs jusqu'à mi-2010, bref la banque qui a "fabriqué" avec la complicité du gouvernement grec (socialo soit dit en passant) la crise grecque avec les swaps de devise qu'elle lui a proposé (donc une spéculation contre l'euro entre autres)... Il n'y aurait rien à tirer de cela si vraiment Hollande et Castries sont restés très liés ???
 
Je ne savais pas que le volume de la dette française était supérieur à la dette allemande et son rapport au PIB supérieur à celui de la RFA... Je croyais, me référant à Eurostat, que c'était le contraire... Mais je dois me gourer.
 
Le(s) plan(s) comptable(s) est (sont) l'une des plus grandes stupidités que je connaisse ! Inadapté par exemple pour les entrepreneurs individuels et les professions indépendantes ! Et avec des rubriques poil-de-cuteuses au public, voire contradictoires !
 
On ne fait plus de l'économie mais de la comptabilité, plus de la recherche de richesse globale mais de la trésorerie…
 
Pourquoi certains m’ont-ils « flingué » en politique ? Parce que depuis plus de vingt ans je défends la non marchandisation de la monnaie et l'utilisation dans les échanges uniquement des valeurs converties en DTS, bref en "monnaie FMI"... La Chine le demande d'ailleurs aussi depuis des années, car ça éviterait des crises et des spéculations monétaires...

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 10:46

 

Sur les principes

 

Relancer le principe gaulliste de la participation.

 

De Gaulle : « L’intendance suivra. » à Il faut une pensée avant l’action, les moyens suivront. Cf. Toynbee et les USA qui furent grands quand ils agissaient d’abord, après avoir réfléchi, les moyens accompagnant, quitte à les créer (cf. 2° GM où ils étaient peut-être moins industrialisés que le Japon) à Position réelle de l’Allemagne face à la France : veut d’abord changer les Traités alors que la France veut d’abord agir

 

On en est resté à des réflexes de $ non flottant, alors que tout a changé depuis 1971, et surtout depuis l’émergence de l’euro, ce qui fait que les USA ne peuvent plus faire payer les autres pour eux (jusqu’à 283 % de dette publique)

 

L’économie doit à nouveau primer sur la finance. On recherche aujourd’hui la rentabilité immédiate plutôt que la stabilité financière. Donc, même pas de la finance

 

Le capitalisme libertarien est aussi archaïque que la gauche ou que certains syndicats

 

Veut-on pour le Sud ce que l’on a fait de l’agriculture, une propriété des banques ?

 

En finir avec la fausse morale, avec la morale des braves gens

 

Ne plus confondre prévention et précaution

 

Renforcer la compétence personnelle de certains personnels du SGAE.

 

Problème de la bêtise et de l’incompétence de certains hauts fonctionnaires et des politiques qui savent tout dès qu’ils sont élus ou nommés

 

Prendre l’exemple du foot français et de la DNCG

 

Austérité + fiscalité

 

Une politique de petit boutiquier

 

Une crise de confiance fondée plus sur la rumeur que sur des chiffres, d’où la connerie d’avoir fixé les critères de Maastricht alors qu’ils n’étaient que des objectifs

 

Redistinguer l’épargne et l’investissement

 

Ne pas appliquer les rapports Grip & Plagnol et Attali

 

Sur la crise

 

Feuilleter www.les-crises.fr

 

Mobiliser l’épargne dès lorsq u’elle n’est pas investissement

 

Les émeutes du Royaume-Uni ne sont-elles pas très bien tombées pour certains financiers ?

 

Un problème de cybercriminalité ? les problèmes informatiques et de calcul du CAC 40 à Paris au tout premier jour de la dernière crise ?

 

Sur les causes

 

La fin des agents de change a brisé les équilibres patiemment mis en place. Y penser à l’heure où l’on veut mettre en place aux forceps les propositions du rapport Attali de 2007/2008 qui n’est qu’une élucubration d’un énarque ayant toujours vécu coupé des réalités et du peuple

 

L’euro ? Une monnaie unique alors qu’elle aurait du être commune

 

L’argent est devenu un marchandise. Il est créé par les bourses et non plus par les banques centrales !

 

La crise est inhérente à tout système vivant

 

Mettre les PIGS sous tutelle

 

20 % de sous-emploi et de chômage + 17 % ne vivant que de la rente ! Improductif dans les deux cas !

 

La subvention n’est pas un droit mais une oppotunité qui doit rester politique et non devenir mécanique

 

Développer l’accompagnement plutôt que le contrôle. Par exemple, les fonds structurels sont devenus des bombes à retardement, dangereux…

 

On a supprimé tout ce qui pouvait constituer des ressources pour l’Etat en appliquant et en négociant connement à Bruxelles. Prenons l’exemple des autoroutes

 

Une cocneption de l’Etat qui en fait le responsable de tout. Il faut que l’Etat existe, mais il doit être arbitre et impulseur, pas substitut aux risques du privé…

 

L’idéologisme des années 1980

 

Les querelles internes aux partis

 

La surencère politique

 

Un passage à l’euro non vraiment organisé et accompagné (merci Fabius ?)

 

Une industrie ayant abandonné le basique pour le High tech illusoire (cf. crise du début 2000) et axée uniquement sur la voiture

 

Le fait que les gens ne sont jamais contents, réclament toujours plus, comme le dernier jeu vidéo pour le petit, la dernière télé, la dernière bagnole, etc…, bref tous les faux besoins créés par la société de consommation et faisant une fausse croissance. Et l’Etat de payer, et les entreprises de payer… Ces mêmes gens réclament des emplois – mais en bas de chez eux -, des usines, du traitement des céchets – mais pas en bas de chez eux -, des autoroutes – mais avec un surcoût imposé de quelques milliards chaque fois pour ne pas déranger quelques grenouilles et ne pas les déplacer de quelques mètres, alors que l’on détruit les maisons et les cultures situées sur le parcours sans état d’âme !

 

Une société devenue trop individualiste et ayant perdu tout sens du commun, … d’où le communautarisme et le repli sur soi

 

Sur les marchés

 

Tant l’arbitrage des marchés que le référendum peuvent conduire au chaos, même si les referenda islandais ont fait plier ceux qui faisaient chanter l’Islande.

 

Réformer en profondeur, donc y compris la fiscalité et le contrôle des marchés

 

Rassurer les marchés sans pour autant se mettre à leur service

 

Le solide est devenu anti-commerce, alors que la merde l’est car elle créée de la croissance, mais fictive

 

Sur les bourses

 

Il faudrait estimer les bourses en une unité de compte théorique, et ce afin de mettre en évidence la réalité des cours. Une hausse de 3 de l’euro et une baisse de 2 du cours équivaut à une hausse réelle de la valeur. Important dans le cadre d’une monnaie forte, mais toujours oublié. Bref, tenir compte du fait que l’argent est devenu une marchandise

 

Une bonne nouvelle ? une hausse faible des bourses ! Une rumeur ou une mauvaise nouvelle, même cyclique ? une baisse faible des bourses

 

Seuls l’instable, le prédateur et le con manipulent la bourse. Donc proportionaliser les coûts au volume des échanges ! Ceux qui sont stables, qui travaillent, qui veulent assurer le fond des entreprises ne boursicotent pas

 

Sur les agences

 

Moody’s : actionnariat ? cotation ? Une entreprise cotée possédée par des fonds de pension et des banques douteuses à juge et partie ?

 

Moody's menace de baisser globalement les ratings européens. Un particulier qui ferait cela ne relèverait-il pas de l'article 312-10 du C. Pénal (chantage) ou de l'art. 421-1-7° (terrorisme lié à délit d'initié) ?

 

Les agences de notation ne jugent pas de l’économie d’un pays, mais uniquement de sa dette

 

Sur la presse

 

Quand elle parle de AAA, lequel ? quelle agence ?

 

Un rôle dans la crise de la peur, mais, paradoxalement, un rempart contre la panique

 

Sur les banques

 

Imposer une distinction entre banque de dépôt et banque d’affaire.

 

Les assurances ne devraient pas s’impliquer dans la banque.

 

Les banques françaises détiennent 50 MM de dette italienne et 2 MM de dette grecque (cf. la pub de la Société générale disait que cela n’affectait même pas un trimestre)

 

Recapitaliser les banques ? OK. Mais uniquement par le privé. Imposer un « actionnariat » du type Banque Populaire ! Une seule place pour une seule action !

 

Attaques contre les politiques pour les banques

 

Sur la dette

 

Dette non connue dans son détail (structure, délai, etc…)

 

Pourquoi la loi interdit-elle la connaissance des créanciers de la France ?

 

Faire le bilan de la dette. L’annuler pour les possesseurs douteux !

 

Quatre exemple de revolving jugés « tueurs » pour les particuliers

 

A

B

C

D

Moyenne

Capital

33,8

44,4

19,1

28,9

31,5

Intérêts

46,3

37,9

54,2

49,3

46,9

Assurance

19,9

17,7

26,7

21,8

21,6

Sur 6 ans avec des taux officiels de 16 à 19 %. Or, que fait la France ? cf. http://aft.gouv.fr/aft_fr_23/cadre_budgetaire_25/principaux_chiffres_89/charge_dette_93/index.html àdes chiffres interpellant !

 

La France a des contraintes ONU, défense, recherche dont profite les autres sans participer

 

Economiser 200 MM sur 7 ans

 

Sur la BCE

 

La BCE n’a pas d’autre pouvoir qu’un pouvoir de nuisance.

 

Absence de contrôle réel de la BCE par les Etats

 

Sur le fonds européen de soutien

 

Il s’agit de la force de frappe européenne dans le cadre de ces crises. Diffuse t-on la clé de l’arme nucléaire ? Non ! Donc, pour réagir vraiment, taire le montant réel du fonds, sinon les prédateurs s’organiseront toujours !

 

Sur la fiscalité et les chargtes

 

Revoir le bouclier fiscal. L’augmenter en le réorientant vers la dette publique

 

Toute cagnotte doit être consacrée à la dette

 

Sportifs à la source, comme au UK (cf. Nadal)

 

TVA sur Cerfa

 

Fiscaliser ceux qui critiquent en fuyant en Suisse pour « manger tranquille des Mac Do »

 

Impôt à la source

 

Sur le reste du monde

 

S’appuyer sur les BRICA

 

Sur Bruxelles

 

Des efforts réclame Bruxelles… Et les fonctionnaires UE ? Ils n’ont pas été revalorisés ? leurs salaires ne sont-ils pas disproportionné au reste ? N’ont-ils pas fait grève trouvant qu’ils ne touchaient pas assez

 

TVA et PIB bases du budget UE

 

Sur nos partenaires

 

Grèce ? un pays très pauvre dans les faits, mais sous la tutelle des fonctionnaires (voir leurs taux de rémunération et de retraite) et de milliardaires peu soucieux de l’intérêt national (fuite des capitaux aux premières heures de la crise… Qu’a t-on fait de cet argent ?)

Pour l’Est, Europe vache à lait

 

Sur le pétrole

 

A la mi-novembre, le Brent était à 112,39 $ et le pétrole à 101,20 $ (contre 25 environ en 1988)

 

Sur l’argent

 

L’argent étant devenu une marchandise, il ne devrait donc plus y avoir de libre circulation des marchandises avec les Etats non Eurogroup, ou alors calculer des droits de douane intégrés dans le PIB alors qu’ils sont compensés pour les Etats en dehors par les variations de taux de change et l’euro fort.

 

Sur les critères de Maastricht

 

CERN sur-coûteux pour rien

 

Economie et défense. Cf. Ancienne étude du CHEAr

 

Il faut sortir du déficit maastrichien  les missions ONU, OTAN, les étudiants accueillis gratuitement

 

Sur le social

 

Réforme de la carte Vitale

 

Supprimer la distinction cotisation salariale/cotisation patronale, car tout sort de la poche du patron

 

3 droits, 3 fiscalité, 3 cotisations sociales : Grosses entreprises et CAC 40, PME/PMI, TPE/TPI/artisanat/PL

 

Le social n’est pas de la fiscalité, mais du handicap dans un système capitaliste vrai, car un chômeur est un consommateur de moins. La solution trouvée a été de faire que l’Etat paye pour ce consommateur

 

Une approche mécaniste de la question sociale

 

L’absence de tout réel dialoguie social, des deux côtés… Renforcer le CESE ?

Sur la RGPP

 

LA RGPP doit, dans une nouvelle phase, juger de l’opportunité des politiques

 

 

 Sur le droit

 

3 droits, 3 fiscalité, 3 cotisations sociales : Grosses entreprises et CAC 40, PME/PMI, TPE/TPI/artisanat/PL

 

Dépénaliser le droit fiscal et le droit des affaires, en ce sens qu’il faut éviter la triple peine : mort de l’entreprise, amende, prison

 

Sur la Chine

 

La Chine est entrée dans l’OMC le 11 décembre 2001, mais vue uniquement comme un marché potentiel, jamais comme un concurrent réel (cf. Peyreffitte)

 

Sur le Japon

 

En 1989, Tokyo détenait 40 % de la capitalisation boursière asiatique. Par des jeux de fusions/acquisitions, elle a camouflé des pertes. Rôle des Yakuza important ?cy

 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 09:40

Nous parlons aujourd’hui de crise ! D’accord, mais de quelle crise parlons-nous, car il y a beaucoup de crises actuellement !  Et c’est cela qui rend la situation complexe et la compréhension difficile, tant il y a interaction entre de multiples crises

Crise de l’euro ? pas vraiment malgré les apparences…

Crise de la dette ? oui, chez certains…

Crise environnementalo-industrielle ? oui, … même si les Marseillais ne doivent pas oublier que la colline Saint-Charles était à 4 kilomètres de la mer il y a huit millénaires et que la grotte du Cosquer était très au-dessus de l’eau… 

Crise de modèles inadaptés ? totalement…

Crise de la finance ? indubitablement !

Crise du capitalisme ? Partiellement, surtout dans la querelle entre libertariens (rejet de l’Etat) et libéraux, les libertariens étant dominants dans les milieux de la finance et de … Bruxelles…

Crise de la mondialisation ? partiellement, car la mondialisation existe dans les faits  depuis le XVI° siècle, mais camouflée sous le voile de la colonisation…

Crise sociale ? oui, surtout du fait que l’on a inventé, en privilégiant le très court terme, de nouveaux besoins sans chercher à d’abord consolider les besoins vitaux…

Crise industrielle ? oui, cette dernière est liée à ce qui précède ; à trop chercher le profit à court terme on en est arrivé à ce que nos avions ou nos fusées – pour en rester à ces exemples - dépendent pour près de leur moitié de l’étranger, la sous-traitance ayant été détruite… Notons en passant que Sarkozy en a conscience en disant qu’il fallait maintenir protéger et recréer de la sous-traitance française, la France ayant paradoxalement une chance par rapport à beaucoup de ses partenaires, celle d’avoir un usage de sa capacité industrielle de seulement 81 %, ce qui lui laisse de la marge si l’on veut bien agir… Mais il y a loin de la parole aux actes…

Crise de la confiance ? totalement… , et les gens sont prêts à gober n’importe quelle donnée dès lors qu’elle ne vient pas des politiques en place… Rumeur, quand tu nous tiens… Que penser par exemple de la diffusion d’une dette par habitant dont on fait défiler le chiffre en permanence, et en croissance permanente, alors que cela ne veut rien dire, car isolé du contexte et de toute notion de temporalité ? Il faut dire que les politiques y mettent du leur…

Crise de « peur ambiante » ? totalement… Et c’est ce qu’il y a plus grave, car totalement irrationnel. Les crises américaines de 1797, 1819, 1837, 1857, 1873, 1893  et 1907 sont directement nées de mouvements de panique, alors que ce même type de phénomène a fait de la crise de 1929 la « Grande crise », alors qu’elle aurait du avoir des effets aussi limités que les autres… A noter que beaucoup d’agences de notation sont pour la plupart nées – sus leur forme actuelle –  des crises de 1893 et de 1907 (par exemple, Moody’s en 1909, Fitch en 1913), crises nées d’un manque de confiance en les politiques ferroviaire et de construction. Plus de 15.000 entreprises et de 500 banques disparaissaient dans la tourmente de 1893, d’où l’intérêt de la notation pour juger de la qualité des banques, des entreprises, mais aussi justifier la politique d’industrialisation et d’extension du chemin de fer.

D’où les actions et réactions de Nicolas Sarkozy qui cherche à tout régler globalement, car la solution ne peut être que globale, à la fois sociale et macro-économique, à la fois culturelle et micro-économique, à la fois sécuritaire et méso-économique ! Sentiment d’insécurité et malaise face aux crises ne sont en fait que deux facettes du même problème, ce qui rend la mission de Sarkozy bien difficile, d’autant plus qu’il a du composer avec des fonctionnaires pas toujours compétents, une presse hostile, un bilan hérité pas terribles, des handicaps pas possibles – y compris laissés par Chirac -, des « amis » pas toujours aussi « amis » que cela ou alors ne le comprenant pas !

 

Maintenant, il ne faut pas oublier une chose, c’est que dans la vie réelle – c’est vrai, pas dans l’orthodoxie marxiste -, la crise est une réalité ! Tout système vivant – ce qu’est une société – est sujet à des crises… Je renvoie ici à Jacques Rueff, même si ce dernier tombait dans l’excès du « bienfait des crises »… Les crises sont inévitables… Les problèmes naissent lorsque l’on ne prévoit pas les crises, ou alors lorsque l’on pense que le système est rigide, structuraliste, exempt de tout risque… Et puis, arrêtons de confondre crise et risque (ce que font beaucoup d’agences de notation, … même si certaines, notamment Standard & Poor’s ont mis en place des ratings distincts afin de bien mettre en évidence les différences), tout comme l’on confond d’ailleurs prévention et précaution… Ce sont deux choses bien différentes, même si elles se trouvent liées…

 

En fait, les multiples crises que nous connaissons sont peut-être la traduction du fait que nous sommes dans une phase de transition, dans un monde qui change, qui se trouve confronté à des choix imposés, certes par la mondialisation, mais surtout par la crise de l’énergie et par le trop rapide changement climatique qui impose des décisions de développement durable devant donner leurs pleins effets en 2050 au plus tard. Il faut donc à la fois rassurer et changer les mentalités, ce qui est dans les deux cas très difficile ! C’est une crise d’évolution, une crise de la conception même de la société, une crise des choix ! Cette crise multi-facettes est en fait la preuve que nous nous trouvons en un temps de changement de paradigme sociétal

 

Petit historique des crises depuis 1970  (Source : Standard & Poor’s, 2009)

 

1970-1971

Crise des taux d’intérêt aux Etats-Unis sous l’influence d’une inflation galopante.

 

1973-1974

Crise pétrolière née d’un embargo des pays de l’OPEP sur les Etats-Unis – Déclin des stocks américains qui se reportent de plus sur les marchés parallèles – Stagflation – Nationalisation des compagnies pétrolières – Hausse massive des coûts de l’énergie

 

1979-1980

Crise pétrolière au Royaume-Uni combinée à une politique de réduction des dépenses publiques et d’une politique monétaire visant à réduire l’inflation.

 

1982-1983

Crise de récession aux Etats-Unis du fait d’une mauvaise politique de contrôle de l’inflation et de la mise en place d’une politique de contrôle du crédit qui freine la consommation.

 

1981-1982

Crise de la dette en Amérique latine liée au développement d’une politique d’industrialisation et d’infrastructures – De graves déficits fiscaux et extérieurs en découlent.

 

1989-2009

Crise dite de la « bulle japonaise » née d’une volonté de publier de vrais chiffres, correspondant aux normes internationales.

 

1990-1991

Cette crise, passée inaperçue, a eu de graves effets de récession sur toute la côte Ouest des Etats-Unis.

 

1990-1991

Récession d’une durée de six mois au Royaume-Uni du fait d’un fort déficit fiscal et commercial – Pressions de la Communauté européenne pour que les Britanniques modifient leur système de change – La Livre s’appuie sur le Mark allemand après avoir spéculé contre lui – Les effets de la récession dans le secteur bancaire se font ressentir aux Etats-Unis et en Suède, du fait de l’obligation faite d’être plus clair sur les systèmes de change.

 

1990-1991

Crise bancaire, du crédit et de dénationalisations dans tous les pays nordiques, notamment en Suède.

 

1994-1995

Crise mexicaine suite à des années de déficits publics et privés, de laxisme dans les comptes, de déficit commercial – Dévaluation du peso, crise bancaire, hyper-inflation, récession – Une aide étasunienne  de 20 milliards de dollars permet de résorber la crise, cette aide étant remboursée en 1997.

 

1997-1998

Crise en Thaïlande, se répercutant sur l’Indonésie, la Malaisie, la Corée du Sud, et, partiellement, sur Singapour.

 

1998-1999

A la suite de la crise financière asiatique, les coûts des facilités de paiement s’effondrent en Russie – La Bourse de Moscou s’effondre de 75 % - L’inflation atteint 84 % -  Le rendement des bonds établis en roubles explosent de 200 %.

 

1998-2002

C’est la crise argentine. Le peso était aligné sur le dollar, mais des facilités de paiement, des pertes fiscales, la dette publique et privée, un déficit des exportations allaient conduire à une crise grave qui allait aboutir à la « mise en faillite » de l’Argentine résolue par un sévère moratoire sur toute la dette souveraine argentine.

 

2001-2002

Divers scandales sur les experts-comptables et les services comptables, ainsi que l’explosion de la bulle technologique, induisent une modeste récession.

 

Arrêtons de déconner ! Je rappelle que les notes des Etats-Unis (car il y en a quatre principales) données par Standard & Poors sont : - pour le long terme AA+ (marché local) et AA+ (marché extérieur), - pour le T&C rating : AAA (le maxi), - pour le court terme (A1+ (le maxi), soit, converti en notes sur 20 (ce qui est facile puisque ces agences ont entre 20 et 23 niveaux de cotation) … 19/20, 19/20, 20/20 et 20/20 ! Et on panique !!! Quel parent ne serait pas fier de son enfant avec de telles notes au baccalauréat ? D’ailleurs, le A1+ sur le court terme explique en partie les magouilles actuelles sur la Bourse. Les interventions actuelles à court terme baissières sur les bourses sont en fait sans risques pour les « gros » qui peuvent sans risque plumer les « petits » que les médias paniquent ! Et ici, une question : pourquoi la presse ne diffuse t-elle que les indices négatifs, cette question dépassant ici la seule problématique des estimations de crédit au niveau mondial ?

 

Quelle différence entre le AAA et le AA+ ?

 

Un support noté AAA a une capacité extrêmement forte d’assurer ses engagements financiers. AAA Est le plus haut niveau de crédit attribué par Standard & Poor’s.

 

Un support noté AA+ a une très très forte capacité d’assurer ses engagements financiers. Il ne diffère du AAA que sur d’infimes détails.

 

Rappel : Le T & C ratingou (Transfer & Convertibility assessment) définit le risque de convertibilité des devises et des capitaux, ainsi que de leur transférabilité. Bref, il évalue le risque qu’il y a qu’un Etat empêche la sortie de devises ou de monnaie, la conversion de sa monnaie dans une autre monnaie ou encore le transfert de fonds privés vers des créanciers non résidents.

 

Nota : Standard & Poor’s est la plus ancienne des agences de notation, puisque créée en 1860. Elle est aussi la plus influente des agences de notation financière avec Moody’s Corporation, et, selon moi, la plus sérieuse…

 

Source : Standard & Poor’s (www.standardandpoors.com/ratingsdirect), document General criteria : Understanding Standard and Poor’s Rating Definitions.

 

De plus, ces agences sont-elles infaillibles ? Souvenons-nous ici de quelques « oublis » des ou plutôt de certaines agences américaine de notation – d’ailleurs 100 % privées et commerciales, donc répondant aux demandes de clients, clients qu’elles ne peuvent peut-être pas « dévaluer » faute de les perdre - : la crise de 1929, les crises sud-américaines des années 80, la crise actuelle, l’affaire Enron, etc…, etc…, etc… Il faudrait plonger dans les archives pour l’emprunt franco-russe ! Et, pour mémoire, l’Allemagne nazie ne fut pas particulièrement maltraitée avant  l’entrée en guerre des Etats-Unis contre l’Axe (sauf par Standard & Poor’s… Cette agence nota en effet le risque allemand AAA, c’est-à-dire au plus haut niveau possible de risque !) … En tout cas, « beau » palmarès de loupés ! Mais passons…, car, à l’inverse, ces agences ont permis de faire des Etats-Unis la première puissance économique mondiale du XX° siècle en leur redonnant confiance en eux-mêmes, d’éviter la plupart des crises de panique, de limiter les faillites bancaires… Ce n’est donc pas leur principe qui doit être remis en cause mais le fait 1) que l’on ne puisse admettre qu’elles ne sont pas infaillibles ; 2) que l’on se serve d’elles aujourd’hui pour induire des mouvements de panique ! Car, paradoxalement, je pense qu’elles n’avaient pas forcément tort sur les subprimes, mais que ce sont les banques d’affaires étasuniennes et les spéculateurs qui ont détournés les chiffres et les données à leur profit, aidés en cela par certains capitaux troubles, ainsi que par une politique incohérente des Républicains et de la Banque centrale des Etats-Unis !

 

Juste en passant, souvenons nous que Moody’sfut déjà à l’origine d’une crise grecque en 1931 en dégradant la note de la Grèce, crise conduisant à la restauration de la Monarchie et à un coup d’Etat… Remarquons que suite à ces événements, Moody’sdevait avouer s’être trompée et avait annoncé l’arrêt de toute notation des dettes publiques… On oublie trop cet « incident »…, et on constate combien Moody’s a tenu sa promesse… Mais il faut aussi savoir que ces cotations ont repris suite à la demande des … Etats eux-mêmes , … dont la Grèce ! Notons en passant que la Grèce – contrairement à la France, au Royaume-Uni, à l’Allemagne ou encore à l’Italie –  sollicite l’agence Standard and Poor’s pour être notée… Alors, qu’elle ne se plaigne pas de ses deux CCC, n’accuse pas cette entreprise qu’elle paye… C’est aussi la démonstration  que les réponses de cette société ne sont pas forcément là pour faire plaisir à ses clients, ce qui démontre de manière indirecte son sérieux ! Et si des Etats n’ayant pas demandé de ratings sont notés, … c’est à la demande d’autres Etats, par exemple de la Grèce pour la France…

 

Notons aussi que Moody’s a bien plus récemment reconnu avoir commis des erreurs, mettant cela sur le dos de l’informatique, ce qui est à la fois facile mais aussi pas si faux que cela. Je cite ici un extrait de La Tribune.fr  du 27 juin 2008 :

« Selon des informations du Financial Times la semaine dernière, une erreur de codage au sein de l’agence aurait abouti à des notes indues accordées par Moody’s à des produits dérivés de crédit. Des produits complexes connus sous l’appellation de "Constant Proportion Debt Obligations" (CPDO) ont ainsi pu obtenir par erreur de la part de l’agence américaine la note maximale "AAA". Moody’s a déclaré avoir noté 44 tranches européennes de CPDO totalisant environ quatre milliards de dollars (2,53 milliards d’euros). Il a ajouté avoir engagé le cabinet d’avocats Sullivan & Cromwell pour enquêter sur les sources d’une erreur de codage dans un modèle informatique, qui a abouti à noter ces produits quatre crans plus faut que de raison. Mais le gendarme boursier a également envoyé des lettres aux autres agences de notation américaines Fitch et Standard and Poor’s afin d’examiner leur méthodologie. La SEC leur a également demandé de fournir des explications sur la politique et les procédures concernant d’éventuelles erreurs dans la notation de produits financiers. Les agences sont même appelées à déclarer toute erreur enregistrée ces quatre dernières années. »

Le gros problème, c’est lorsque l’on a une « foi » absolue en la machine, en l’espèce l’informatique, et dans les seuls mathématiques qui ne peuvent de plus prendre en compte les critères humains, culturels et sociaux, ces derniers n’étant pas monétarisables. Notons juste en passant que ces « erreurs » portaient sur des produits financiers complexes et sur le marché européen…

 

Y a-t-il donc risque réel avec un abaissement de la note souveraine à long terme (car c’est de celle-ci seulement qu’il s’agit, la confusion étant entretenue savamment dans les esprits) de la France ? A priori aucun, sauf si des facteurs de peur s’introduisent, ainsi que des décisions « politiques » de certaines sphères financières. Le problème majeur reste que les financiers « habituels » ne savent plus prendre de risques puisque ce sont des machines qui les suppléent dans la décision, tout comme ce sont des machines qui décident pour les agences de notation qui s’arrogent le droit, dans un esprit uniquement libertarien et en aucun cas libéral, droit de vie et de mort sur des Etats, donc sur des hommes !

 

Et puis, combien de financiers ne sont en fait que des moutons de Panurge prêts à écouter, dans leur soif du court terme absolu, de l’immédiat, n’importe quelle rumeur, à suivre n’importe quel mouvement pour lors que cela « rapporte » ? Obsédés par l’argent et le gain immédiat, les traders en perdent toute intelligence, alors que l’existence de cette dernière leur était indispensable lorsque la cotation était non pas informatique mais à la corbeille… A méditer… Notons en passant que la City est considérée comme l’un des plus grands « royaumes » de la consommation de cocaïne dans le monde… Rappelons ici ce principe de base pour le Chrétien selon lequel on ne peut servir Dieu et l’argent (cf. Mt 6, 24) au risque de se perdre…

 

Donc, arrêtons d’écouter les pythonisses contemporaines que sont les agences de notation étasuniennes !

 

En fait, les Etats peuvent être tentés, comme l’avait démontré Natixis dans une note de 2009, de se servir de ces crises – et de leur propre dette – pour la baisser en fait mécaniquement, d’où d’ailleurs les rachats actuels de dettes par les banques centrales ! C’est un jeu subtil, un jeu possible ! Mais c’est aussi un jeu dangereux et risqué !

 

Le risque réel ce sont les CDS, c’est-à-dire les produits d’assurance sur la dette actuellement mis en vente, y compris à ceux qui ne possèdent pas de dette, ce qui transforme ces produits en purs objets de spéculation ! Car, « cerise sur le gâteau », on a créé des produits d’assurance garantissant (en théorie) en cas de non remboursement de la dette rachetée ! Ici, on paye donc une nouvelle prime pour se garantir… Ubuesque… On comprend ici le désir de Nicolas Sarkozy de voir réserver ces produits aux seuls détenteurs réels de dettes publiques, mais aussi son action récente en interne ayant conduit la France a racheter une partie de ces CDS la concernant, ce qui certes creuse sa dette mais aussi lui permet de se la garantir partiellement tout en freinant la spéculation, … et ce à un taux potentiel supérieur de remboursement que les sommes concernées… On devrait presque pouvoir déduire les montants garantis par ces CDS « étatiques » du total de la dette publique, puisque cette dette est en fait rapportée sur des sociétés d’assurance et de réassurance… Mais il faudrait que la France soit suivie dans cette action de rachat, et plus encore de réservation aux seuls concernés de ces produits, ce qui est loin d’être le cas, les Britanniques s’y opposant par exemple à la fois parce qu’ils leur rapportent de l’argent et parce que leurs propres compagnies d’assurance sont elles mêmes émettrices de ces produits.

 

Rappelons maintenant que la dette souveraine est autre chose que la dette non souveraine, etc… De même, dire que l’on transmet la dette aux générations futures est du « pipeau jet » complet, car elle est en fait à … 7 ans ! Donc, à défaut de septennat, ce dernier étant été supprimé de manière aberrante alors qu’une politique publique ne peut réellement développer ses effets qu’en … 6 à 7 ans, il faut surtout, par des rachats par les banques centrales, permettre l’allongement de cette date, puisque l’on ne peut plus – alors que cela aurait été possible – l’abolir sur un cycle !  Disons ici que les critères dits « de Maastricht » ne veulent rien dire car ils n’ont aucune dimension de … durabilité ! L’une des causes des difficultés actuelles aura été d’avoir transformé ces critères qui n’étaient que des objectifs vers lesquels il fallait s’efforcer de tendre en des normes contraignantes, privant ainsi les Etats de certaines possibilités de manœuvre non offertes par la Banque centrale européenne.

 

Ceci ne veut pas dire qu’il ne faille pas tendre vers le déficit budgétaire zéro ! Mais, je suis peut-être idiot car je ne vois pas où figure dans le projet actuellement mis en sommeil de modification de la Constitution la moindre obligation réelle d’interdiction des déficits publics… On nous parlait dans ce projet de « loi cadre d’équilibre des finances publiques », rien de plus ; et, quid des lois de finances rectificatives ? Le texte était insuffisant et peu clair en fait !

 

Pour continuer, la Bourse n’est pas une image réelle de l’économie, ni même de la vitalité des entreprises ! Sans aller jusqu’au La Bourse ? Rien à cirer ! d’Edith Cresson, il ne faut pas non plus la sacraliser… Rappelons que la capitalisation totale  du New York Stock Exchange Euronext Paris, bref de la Bourse de Paris, ne représente que 40 % du PIB, une entreprises telle qu’Air France ne « valant » selon la Bourse que sa consommation en carburants, moins que sa flotte, alors que Carrefour, pour prendre un autre exemple, « vaut » moins que son patrimoine immobilier français !

 

Peut-être ne sommes nous en fait, dans la réalité, que dans une phase de correction et de remise à niveau des dettes publiques qui se trouvent en fait réduites au réel par les rachats actuellement effectués sous garantie de la France et de l’Allemagne fédérale, d’où la « colère » de certains éléments spéculateurs (fonds flottants, fonds non souverains, argent du crime, etc…) qui perdent « un fric fou » en cherchant à détruire les Etats ! N’oublions pas qu’Obama a signé, en parallèle au décret sur le plafond de la dette US, un décret contre l’argent des quatre plus grandes associations criminelles mondiales ! Pas anodin du tout !  N’oublions pas que vient de se tenir une réunion à Paris des principaux magistrats européens en charge de la lutte contre l’argent du crime, le rôle de ce dernier ayant été démontré dans la crise italienne, alors que dès le milieu des années 90 le Ministère allemand des Finances dénonçait la part importante de l’argent du crime dans l’économie allemande, avec, de mémoire, plus de 345 milliards de DM directement y lié en 1995…

 

Quelques  causes et responsabilités majeures…

 

La confiance aveugle en des machines, donc notamment la facilité induite par la déresponsabilisation de la décision au profit d’outils

L’adoption de règles comptables ne tenant pas compte par exemple de la patrimonialité

La  peur, le manque de confiance et la défiance envers tout ce qui est politique

La déification de la croissance alors qu’elle n’est qu’un outil de mesure parmi d’autres et qu’en outre un Etat en retard aura toujours plus de croissance - ,s’il fait quelque chose - qu’un Etat développé

La déification de l’argent avec la perte induite des valeurs de base de nos sociétés,

Le fait que des Etats de l’Union ne soient pas soumis aux mêmes règles et obligations que leurs partenaires

L’action de certains groupes de tous horizons et origines, y compris de type mafieux ou extrémistes religieux

 

Comme le disait Josef Ratzinger, l’Occident a perdu foi en lui-même, a perdu foi en ses valeurs ! Il a foi en la machine, plus en l’homme ! Et de cela il est le seul responsable !

 

 

En fait, nous sommes dans une situation de « guerre soft », et les financiers n’hésiteront pas à provoquer des mouvements, car leur but est la disparition des Etats et le seul pouvoir de l’argent ! Est-il anodin que la Belgique, malgré ses chiffres, malgré son absence de tout gouvernement légitime depuis près de deux ans soit considérée comme un « bon élève » par la finance ? Souvenons-nous aussi de certains « mouvements spontanés » au Royaume-Uni, encore cet été ? Les « indignés » ne sont-ils pas manipulés même ?

 

Pour continuer sur la Bourse, pour bien comprendre que la Bourse c’est « ridicule, factice, pipeau jet », donc dangereux, un simple exemple pour le démontrer… Le 10 août dernier, le volume des valeurs échangées à Paris était d’environ … 0,6 % ( !!!) de sa capitalisation totale pour une baisse de plus de 5 % ! Là encore, aucune adéquation avec le réel !  Ceci démontre bien la totale déconnection entre la Bourse et la réalité puisqu’il n’y a aucune adéquation vraie entre les cotations et la valeur réelle des entreprises (je me répète volontairement), ce phénomène ne concernant pas que les bulles du type de la crise du début des années 2000 ! Mais, bien que les agences réaffirmaient et réaffirment le AAA français avec perspective stable, une simple rumeur aura suffit ce 10 août à) ébranler la Bourse ! Et cet épisode s’est répété ! Alors, bravo les médias (cf. par exemple l’article de Marianne du 19 novembre sur Sarkozy et la « faillite » de la France), bravo les cons ! On est désormais dans l’irrationnel total – d’ailleurs sous couvert de raison justement -, … ou dans la manipulation politique ou électoraliste !

 

Soit dit en passant, un Etat étant la superposition d’un territoire, d’une population et d’une souveraineté, ne peut être « en faillite », du fait de la population et du territoire, … qui sont d’ailleurs les deux éléments qui entravent la finance spéculatrice (pas la vraie, bien au contraire). Nous sommes bien dans un affrontement entre libertariens (qui veulent tuer l’Etat) et libéraux (qui veulent un capitalisme productif).

 

Souvenons-nous aussi qu’en 1998 Wall Street avait perdu … 22 % en une seule séance, et le monde est toujours là ! Dans tous les cas, c’est bien une « guerre soft » comme je l’écrivais plus haut, que celle-ci soit guérilla, localisée ou générale… On comprend mieux ici les appels de Nicolas Sarkozy à plus de réalisme sur les places boursières, mais, là encore, il ne peut agir sans un soutien massif des principaux Etats de la planète !

 

Nous sommes en situation de guerre « soft », d’où d’ailleurs la réponse tous azimuts de Nicolas Sarkozy qui correspond totalement à la doctrine de défense de la France telle que définie par Charles De Gaulle, doctrine incluant, on l’oublie trop souvent, la défense économique et sociale !

 

Notons en passant que depuis 23 ans, c’est-à-dire depuis la création du CAC 40 au 31 décembre 1987, la performance de la Bourse de Paris a été d’environ 300 % (avec un pic de plus de … 600 % en 2007), donc bien plus que la hausse des prix réels sur la même période, ces derniers augmentant de 54 %, et même que du PIB puisque ce dernier a été multiplié par seulement 2,3 sur la même période ! D’ailleurs, en aparté, pourquoi le seul CAC 40 comme indice, mais passons… ? Notons que sur la même période le prix de l’or a été multiplié par 3,33 environ, celui du pétrole par 9,25 environ (multiplions par 1,12 pour celui de la Mer du Nord), et les dividendes, selon certaines sources que je n’ai pas vérifiées, par … 6,36 !!! C’est pour cela que Sarkozy oppose dans son discours l’économie réelle à l’économie financière !

 

Maintenant, il faudrait aussi de notre côté arrêter de penser en termes de croissance financière – ce qui est l’une des erreurs de Sarkozy, mais peut-il faire autrement tout seul, les marchés étant mondialisés ? D’ailleurs, réduire la prévision de croissance de la France à 1 % ne l’a pas particulièrement affecté, alors que, paradoxalement, les Socialistes hurlent en faveur de la croissance – et penser plus en termes de développement humain ! la croissance sera toujours plus forte dans un Etat partant de rien que dans un Etat (sur-)développé où elle peut même devenir un handicap, très paradoxalement ! Il est d’ailleurs « amusant » de constater que des Etats à note A basse ou même … B+, bénéficient de taux voisins des taux français uniquement parce qu’ils sont jugés comme à « fort potentiel de croissance »… Etre « arrivé », être stable serait-il devenu un handicap, au même titre que le territoire considéré aujourd’hui par les économistes libertariens comme un handicap ? On croit rêver !

 

Bref, revenons au réel ! Cessons de penser uniquement en mathématiques, ces derniers n’étant qu’un langage, rien d’autre !

 

Il faudrait ici que l’Union européenne en profite pour adopter enfin sa réglementation sur la gouvernance économique, mais pas forcément dans le sens préconisé par la Banque Centrale Européenne (... dont l’actuel Président fut d’ailleurs l’un des « acteurs » clé de la crise actuelle vues ses fonctions encore il y a peu au sein de la banque Goldman Sachs, banque ayant d’ailleurs fait l’objet le 2 septembre dernier de l’ouverture de poursuites judiciaires par le Trésor américain pour son implication dans la crise des subprimes) ou encore par le Rapport parlementaire Le Grip  et Plagnol (http://serge-bs.over-blog.com/article-deception-s-face-au-mepris-et-aux-abandons-ou-meditations-suite-au-rapport-le-grip-66354814.html)…

 

Il faudrait aussi que l’Union européenne renforce, voire même mette en place un réel cadre comptable budgétaire unique à suivre par les Etats membres, sur le modèle mais non pas à l’imitation du plan comptable pour le privé, et ce afin que chacun parle de la même chose en matière de déficits et de dettes publics, même si l’Office européen de Statistique (Eurostat) a fait un très réel effort en ce sens. D’ailleurs Nicolas Sarkozy soutient cette initiative…

 

Il faudrait par exemple introduire une clause de patrimonialité, ne serait-ce que parce que les agences de notation usent pour « juger » les Etats de notions de droit privé sans les appliquer aux Etats, ce qui est une aberration) ou encore distinguer au sein des dépenses sociales les dépenses de solidarité (qui relèvent du public et sont d’une certaine manière une garantie de stabilité pour l’Etat) des autres dépenses sociales qui relèvent de fait du « privé » même si elles sont à gestion publique ! Sortons les dépenses sociales ne relevant pas de la solidarité, ce qui est possible à la condition de le vouloir et de remettre en place une structure séparée, et tant la dette que le déficit publics sont autres ! De plus, ceci permettrait de mieux comparer la France à d’autres Etats, tout en favorisant en France une meilleure gestion des dites dépenses … et recettes… On verrait ainsi la réalité ! Il faudrait aussi mieux organiser le parallélisme entre émission de monnaie et croissance de la population, et ce afin de maintenir une réelle péréquation en matière de monnaie disponible… Ce n’est pas à la Bourse de créer de la monnaie, … ni d’en détruire ! Mais il est vrai que la monnaie est aujourd’hui une marchandise comme une autre et non pas indépendante des dites marchandises ! D’ailleurs, l’une des causes de la crise grecque aura été le fait que la Grèce, par l’entremise de Swaps de devises d’ailleurs émis par … Goldman Sachs, aura cherché à payer une partie de sa dette en spéculant … contre l’euro sur les marchés monétaires !

 

Quelques responsabilités majeures de la Grèce

 

La diffusion de faux chiffres, divisant ainsi – entre autres faux chiffres – d’un facteur 4 le déficit budgétaire : « 2009 – Nov.-déc. Opération vérité en Grèce. A peine élu, le nouveau premier ministre socialiste, Georges Papandréou, met au jour le cadavre laissé dans le placards par le précédent gouvernement grec de centre droit : le déficit est quatre fois plus élevé que prévu, à 21,7 % du PIB. Promettant que la Grèce honorera ses dettes malgré tout, il engage son pays dans l’ère de la rigueur. Ces déclarations ne convainquent pas l’agence de notation Standard & Poor’s qui, le 16 décembre, abaisse la note du pays de A- à BBB+. » (Source : Article de Damien Hypolite, sur http://www.lefigaro.fr (2 novembre 2011).

L’utilisation, pour compenser fictivement la dette, d’outils financiers complexes spéculant contre l’euro.

Un refus historique, même s’il fut discret, de tout contrôle réel de l’utilisation des fonds communautaires par les agents de la Commission européenne, de l’OLAF ou d’Eurostat., notamment du FEOGA et du Feder.

De nombreuses fraudes aux aides et subventions européennes.

Des grosses fortunes non solidaires ayant transféré des milliards d’euros hors de l’Union européenne aux premiers coups de canon, mais bien dans la tradition de ces armateurs grecs faisant couler des navires Liberty ship déclarés comme neufs histoire de toucher la prime d’assurance, même au prix de la mort de marins innocents et de pollutions…

L’absence de toute véritable politique fiscale, ainsi que l’absence de quasiment toute fiscalité sur le foncier bâti.

Un urbanisme incontrôlé.

Le cumul d’emploi possible et fréquent entre le public et le privé.

Des fonctionnaires – ayant souvent par ailleurs un autre emploi – peu présents, mais très payés.

Une retraite à 57 ans.

Beaucoup de faux chômeurs.

Le poids de l’Eglise orthodoxe qui bénéficie d’avantages constitutionnels et juridiques en matière fiscale et patrimoniale, alors qu’elle est de fait le premier capitaliste grec.

Une longue tradition de non respect de la parole donnée, d’Agésilas au Concile de Florence…

 

Comme l’a dit Nicolas Sarkozy lors de l’émission Face à la crise du 27 octobre 2011, il n’aurait pas fallu faire entrer si vite la Grèce dans la zone euro…, et, selon moi, ni même dans l’Union européenne, y compris du fait des premiers articles de sa Constitution… Ce fut bien, pour reprendre ses mots une erreur

 

 

Notons qu’en Grèce passe pour le salaud de service le Premier ministre qui a dit la vérité, mais passons. Mieux, lui a succédé un technicien, ou plus exactement l’un de ceux qui fut à la source des manœuvres de swaps de devises lorsqu’il travaillait pour Goldman Sachs… A méditer, d’autant plus que Hollande avait comme copain de chambrée « au régiment » un certain de Castries, avec lequel il serait resté très lié. Or, de Castries, c'est AXA ; et AXA était le plus gros des actionnaires de Goldman Sachs jusqu’au 30 août 2010, bref de la banque qui a « fabriqué » avec la complicité du gouvernement grec la crise grecque avec les swaps de devise qu'elle lui a proposé (donc une spéculation contre l'euro entre autres), et cela à l’époque de l’utilisation de ces swaps

 

Lorsque Sarkozy parle d’orthodoxie financière, de solidarité interne à la zone euro, lorsqu’Angela Merkel réclame plus de garanties à la Grèce quant à sa volonté monétaire, ont-ils tort, chacun de ces deux personnages politiques soutenant d’ailleurs l’autre dans sa démarche ? reste qu’il existe un gros problème… Plus pragmatique, Nicolas Sarkozy souhaite agir par delà les Traités, immédiatement, alors qu’Angela Merkel, paralysée par une doctrine ancienne et par une décision bien frileuse de la Cour constitutionnelle fédérale de Karlsruhe, souhaite voir d’abord modifier les Traités… Pourtant, rien dans les articles 119 à 144 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne [TFUE] n’interdit l’action, certains oubliant par exemple le second paragraphe de l’article 123 (TFUE)… Mais cela demande de la volonté politique, … et aussi des juristes compétents…

 

Maintenant, la culture actuelle n’a-t-elle pas aussi son mot à dire dans la compréhension de cette crise, le propre de l’homme occidental étant aujourd’hui de se haïr et de s’auto-dénigrer ? Ce sont les mots terribles de Benoît XVI, alors Josef Ratzinger – d’ailleurs en rien lié avec une volonté de relance des Croisades comme on a osé me l’affirmer - :

« Il y a, de la part de l’Occident, une étrange haine de soi-même, que l’on ne peut considérer que comme quelque chose de pathologique. L’Occident fait de louables efforts pour s’ouvrir, plein de compréhension, à des valeurs extérieures, mais il ne s’aime plus lui-même. Il ne voit plus de son histoire que ce qui est critiquable et négatif, et il n’est plus en mesure de percevoir ce qui est grand et pur. » …

Ce fut le N’ayez pas peur ! non entendu de Jean-Paul II… Honteux de lui-même, l’Occident s’autodétruit, alors que les Chinois, les Brésiliens ou les Etats arabes ne font pas tant de chichis, sont fiers de leurs cultures, bref s’osent ! Pour contrer cela, Nicolas Sarkozy a cherché à relancer l’histoire de France, l’histoire non marxiste mais vraie de la France, a cherché à relancer l’idée de Nation, mais on a vu combien les politiques marxistes ont mis d’obstacles, alors qu’il en allait aussi de la confiance de la France et de l’Europe en elles-mêmes ! Ici, la seule erreur de Sarkozy aura été – outre sa non persévérance sur l’identité nationale, mais le débat fut si mal lancé par l’UMP – d’avoir trop suivi Edgard Morin et son Introduction à une politique de l’homme (qui n’est pourtant pas un mauvais livre, mais dont il faut garder à l’esprit la grille de lecture méta-marxiste), en oubliant que ce dernier écrivait en 1976 lors de la réédition d’articles d’Arguments sur le marxisme chez 10/18 : «  Le marxisme (…) constitue une vérité scientifiquement prouvée (…) ; (dont il est démontré) que toute révision ne peut être que régression. »

 

Pour finir, rappelons juste le point 2409 du Catéchisme de l’Eglise Catholique :

« Sont (…) moralement illicites : la spéculation (…) pour faire varier artificiellement l’estimation des biens, en vue d’en tirer un avantage au détriment d’autrui ; la corruption (…) ; l’appropriation et l’usage privé des biens sociaux d’une entreprise ; les travaux mal faits, la fraude fiscale, la contrefaçon des chèques et des factures, les dépenses excessives, le gaspillage. »

 

Suite : http://serge-bs.over-blog.com/article-libres-reflexions-sur-la-crise-actuelle-suite-81410283.html

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Published by Serge Bonnefoi - dans Politique
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