Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 07:20

... Des impôts naturellement, les montreurs de singe (ou plus exactement dans le langage médiéval les "joueurs") étant dispensés du péage du Petit-Pont à Paris, sur les rives de la Seine et de la Marne en faisant faire des tours à leurs singes...


« Et si li singes est au joueur, jouer en doit devant le paagier, et pour son jeu doit estre quites de toute la chose qu’il achete a son usage » (Le Livre des Métiers, II, II, 44)

Repost 0
Published by Serge Bonnefoi - dans Vocabulaire médiéval
commenter cet article
24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 09:01

Baron, n. m.

Etym. - du latin  baro, « homme (au sens viril) ».

 

||1. Baron, vassal ou seigneur important.

Com. : Au pluriel, le mot désigne la catégorie supérieure de l'aristocratie laïque, par opposition aux simples chevaliers.

«  Li roys manda tous ses barons à Paris, et leur fist faire sairement de que foy et loiautei porteroient à ses enfants, se aucune chose avenoit de li en la voie. Il le me demanda ; mais je ne voz faire point de sairement, car je n’estoie pas ses homs » (Joinville, Histoire de Saint Louis, XXVI)

«  Pour ce que nous parlons en cest livre en pluseurs lieus du souverain et de ce qui puet et doit fere, li aucun pourroient entendre, pour ce que nous ne nommons comte ne duc, que ce fust du roi, mes en tous les lieus la où li rois n’est pas nommés, nous entendons de ceus qui tienent en baronie, car chascuns barons est souverains en sa baronie (Coutumes de Beauvaisis, 1043)

« Pour ce que es Courts des Barons & basiusticiers, l’on vse en diuerses façons, & se commettent plusieurs abuz & concussions, à esté aduisé, statué & ordonné, par l’aduis desdits estatz, que d’ors-en-auant esdites Courts basses l’on cõmencera par main mise de biens immeubles, & seront faites trois criees de huit en huit iours, & en iugement, comme est de l’vn lundi a l’autre, s’il est iour iuridic ou autrement, ou suiuant iour de cour, & ainsi des autres iours, si en autres iours lesdites criees sont commencees » (Coustumes d’Acs, 14, i)

« En le court souveraine, c’est-à-dire dou baron » (Coutumier d’Artois, XLVII, 6)

« Duc est la première dignité et puis comte et puis vicomte, et puis baron et puis châtelain et puis vavassor, puis citaen et puis vilain » (Livre de Jostice et de Plet, I, 15,1)

Décl. - bers (cas sujet de baron).

« Bers si a toutes joutises en sa terre ne li rois ne puet metre ban en la terre au baron sanz son assantement » (Etablissements de saint Louis, I, 26)

 

||2. Régime (cf. Coutumes de Beauvaisis).

 

||3. Sujet noble détenteur d’un pouvoir de justice.

«  Il est en la volenté du conte de remetre en sa court quand il plera les gages pour muebles ou pour eritages, car quand li rois Loueïs les osta de sa court, il ne les osta pas de la court à ses barons » (Coutumes de Beauvaisis, 1722)

 

||4. Mari.

« Baron estoit Hersent le mal parlant » (Aiol, v. 2723)

« Par general coustume, la fame en porte en douaire le moitié de tout l’eritage que ses barons avoit de son son droit au jour qu’il l’espousa, s’il n’est ainsi que ses barons ait eu autre fame de laquelle il ait enfans, car adonques n’en porte ele pour son douaire que le quart de l’eritage son baron ; car li enfant de la premiere fame en portent la moitié dont leur mere fut douée et, se li hons a eu .ii. fames et enfans de chascune fame, la tierce fame n’en porte que l’uitisme ; et ainsi poués entendre de la quarte fame le seizisme. Mes combien que li barons ait eu de fames, s’il n’en a enfans, li douaire de cele qui vient après vient n’en est point apeticiés, car l’eritages du baron demeure en autel estat comme il estoit quant il espousa cele de qui il n’a nul enfant » (Coutumes de Beauvaisis, 430)

Repost 0
Published by Serge Bonnefoi - dans Vocabulaire médiéval
commenter cet article
14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 05:05

Un mot ancien qui semble simple à définir, et pourtant…, sans entrer dans les détails…, le mot « fief »…

 

Fief, n. m.

Etym.-  du bas latin feodum.

Var. - fé, feus, fey, fié, fied, fieffe, fieus, fiouf, fiu, fius.

Lat. - feudum.

Lire : Fossier (R.), « Fief », in : Dictionnaire du Moyen Âge, PUF, 2009, pp. 529-531 ; - Fourquin (G.), Seigneurie et féodalité, PUF, Paris, 1977 ; - Harcher (J.-B.-L.), Traité des fiefs sur la coutume de Poitou, J. Félix Faulcon, Poitiers, 1762 , 2 tomes ; - Riston (V.), Contribution à l'étude du droit coutumier lorrain…, Paris, 1887

 

||1. Tenure noble n’obligeant son tenancier qu’à des services personnels, le plus souvent militaires.

« Jo vus durrai or e argent asez, / Teres e fieus tant cum vus en vuldrez » (Chanson de Roland, vv. 75-76)

 

||2. Mode de possession de propriété précaire qui s’applique aux terres nobles et roturières, aux offices, aux fonctions, aux dignités (cf. La Curne, VI, p. 205, col. 1). Il peut même s’agir d’un simple droit, d’une simple redevance…

« Les Fiefs, même ceux de dignité n’annoblissent point ; Ordonnance de Blois, art. 258 » (Harcher, Traité des fiefs, I, I, i, 24)

« Feudum est benevola, libera é perpetua concessio rei immobilis, vel aequipollentis, cum translatione utilis dominii proprietate retentâ sub fidelitate & exhibitione servitiorum » (Charles Dumoulin,  préf. du titre sur les fiefs, n. 114)

« [Le fief est une] concession gratuite, libre et perpétuelle d’un immeuble ou d’une chose équivalente, avec la translation du domaine utile, la propriété du domaine direct restant à ceui qui fait la concession, à charge de foi, d’hommage et de services par celui qui les reçoit » (Breyé, Traité du retrait féodal, Nancy, 1736)

« Fief vient à Fide & fidelitate ; parce que le serment de fidélité ou la foi & hommage que le vassal soit à son Seigneur, sont de la substance & de l’essence du Fief » (Harcher, Traité des fiefs, I, I, i, 5)

« D’où il s’ensuit que la Seigneurie directe reste au Seigneur & que le Domaine utile appartient au vassal ; que les Fiefs consistent en immeubles ou en droits réels, même en droits incorporels, assignés sur un Fief » (Harcher, Traité des fiefs, I, I, i, 6) 

« La substance du Fief consiste dans le Contract d’inféodation & dans la chose inféodée, & encore dans les Droits établis par la Coutume entre le Seigneur & le vassal, comme le peiement des Lots & Ventes, le rachat, le retrait féodal, la foi-hommage, l’aveu & dénombrement » (Harcher, Traité des fiefs, I, I, i, 24)

« Dans la regle générale, Fief et Justice n’ont rien de commun » (Harcher, Traité des fiefs, I, I, i, 15)

« Le Fief peut être sans Justice, & la Justice sans Fief » (Billecoq, Traité des Fiefs, I, 16)

 

||3. En Normandie et en Bretagne, tenure en général, qu’elle soit noble ou non.

Com. - On y distingue alors fief roturier et fief noble.

« Est que selon la loy escrite il sont deux differences de fiefs, c’est à sçauoir le fief de condition feodal, & le fief de condition non feodal (Boutillier, Somme rurale, liv. I, lxxxii)

 

Principaux types et qualificatifs de fief (hors variante locales) :abonné ; abregé ; admorti ; en l’air ; ameté ; d’amitié ; ample ; d’argent ; aroturé ; d’aumône ; d’avouerie ; bachelier ; banneret ; bourcier ; boursal ; burcal ; de camera ; capital ; castrense ; censuel ; de la chambre ; en chef ; de chevalier ; chevel ; commis ; de condition feudale ; continu ; corporel ; de corps ; cottier ; en la court du seigneur ; couvert  ; de danger ; demi-lige ; dépaisse ; dépié ; de dévotion ; de dignité ; dominant ; dormant ; droit ; ecclésiastique ; échéant ; d’écuyer ; égalable ; entier ; épiscopal ; escliché ; éteint ; ex pacto et providentia ; féminin ; fini ; de fisc ; de foi ; forain ; franc ; furcal ; garenti en parage ; gentil ; de haubert ; de haubert (plein—) ; de son homme ; d’honneur ; hors la court du seigneur ; immédiat ; incorporel ; inférieur ; jurable ; levant ; de liage ; libre ; lige ; de maître ; manuel ; masculin ; médiat ; militaire ; de miroir ; mort ; donné à mortgage ; mouvant ; noble ; à nud ; de nud ; en nuesse ; d’office ; ouvert ; de paisse ; de paisse et de gîte ; parager ; pardesous ; paternel ; patrimonial ; perpétuel ; personnel ; de piété ; plain ; plein ; de pléjure ; prin ; de procuration ; de profit ; propre ; propriétaire ; de protection ; recevable et non rendable ; rendable ; de reprise ; de retraite ; revanchable ; revanchable ; égalable ; échéant et levant ; de revenu ; de revue ; roturier ; royal ; rural ; servant ; simple ; à simple hommage ; de sodoïer ; de solde ; de suite ; supérieur ; suzerain ; taillé ; temporaire ; tenant ; tenant et prenant ; tenu en pairie ; tenu en quart degré du roi ; tenu roturièrement ; terrien ; vif ; vilain ; volant ; …

 

 

Repost 0
Published by Serge Bonnefoi - dans Vocabulaire médiéval
commenter cet article