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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 19:33

Dans un espace unique, il estnécessaire que tout le monde joue « au même jeu », selon les mêmes règles ! Moncommentaire va sembler décalé, mais tout est lié… Alors, quelques extraits d’unrapport que j’avais rédigé il y a environ trois ans à la demande de certainsSénateurs UMP…

 

« Avec le rapport Le Grip et Plagnolde décembre 2010 sur la gouvernance économique européenne, rapport semblantavoir été validé par Nicolas Sarkozy, nous avons atteint le degré zéro del’Etat et de la nation, le degré absolu de dissolution de l’indépendancenationale dans un espace européen conçu uniquement comme économique et mis sousle triple contrôle de l’Allemagne, de la finance rendue définitivement toutepuissante et de la technocratie bruxelloise ! Si la philosophie et lespropositions – principalement les propositions n° 1, 2b, 5, 9, 10, 11, 12, 13et 14, ainsi que les pages 14 et 24 – de ce rapport devaient prédominer, touteproposition, toute analyse de l’Etat n’a plus aucun sens, ou alors il faudrait se contenter de suggérerl’imitation absolue du système allemand, bref renier tant le Gaullisme quel’histoire, tant notre culture politique que nos modes de pensée ! Je ne peux ysouscrire ! Et ce d’autant plus que le rapport parlementaire Bernard-Reymond etYung du 19 octobre 2010 sur le même sujet fait pour sa part des propositionsbien plus sensées, même si de légères retouches pourraient être suggérées à sespropositions n° 9 et 10…

 

(…)

 

Or, … ce rapport est méprisant…Méprisant de la France, cette dernière devant rassurer l’Allemagne (sic !!!)…Méprisant de nos partenaires européens, ces derniers n’étant considérés quecomme devant être à la traîne du couple franco-allemand… Méprisant desParlements nationaux et du Parlement européen qui se trouvent in finedépossédés de tout pouvoir réel… Ce rapport ne fait que proposer  un affaiblissement généralisé de tousles pouvoirs démocratiques, de tous les Parlements, et ce au profitd’institutions économiques et financières parallèles et sans aucun contrôle parles peuples européens ! L’aboutissement de ce rapport, ce serait la mise enplace d’un sur-pouvoir de l’Union européenne, d’un sur-pouvoir de la finance,d’un sur-pouvoir de l’Allemagne, en violation complète de tous les principes dela construction européenne ! Tout serait désormais soumis à l’économie, ycompris la et le politiques !

 

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Or, il faut en finir avec le mythe dumodèle allemand.

 

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Prenons l’exemple de la normalisationsociale… Les normes ne peuvent pourtant pas être arrêtées de manière abrupte enmatière sociale, car la normalisation ne concerne que la production et latechnique… Or, le social, c’est avant tout de l’humain ! On est bien loin duGénéral de Gaulle pour qui il y avait progressivité dans l’approche sociale,progressivité tenant compte de l’évolution des choses et des hommes, en aucuncas des normes… Il est dramatique que l’on parle aujourd’hui non plusd’harmonisation sociale, mais de normalisation sociale ! Et je ne parle mêmepas ici de ces rapports parlant de … stocks de population !

 

Les auteurs de ce rapport, tout commebeaucoup aujourd’hui, semblent par ailleurs ignorer que l’Allemagne est un Etatfédéral, que les Länder ne sont pas des régions mais des Etats fédérés, quel’Union européenne n’est pas une fédération… Passons… Ils semblent ignorerl’existence de la BEI… Passons… Ils semblent ignorer les principes desubsidiarité et de respect des Etats… Passons… Ils semblent ignorer lesréalités du terrain, de l’homme, ne voyant que des agrégats… Passons… Ilssemblent ignorer la réalité du « miracle allemand »… Passons… Ils semblentignorer les chiffres défavorables à l’Allemagne… Passons… Ils semblent ignorerle fonctionnement réel de l’Union européenne, cherchant à réinventer ce quiexiste parfois déjà ! L’Etat n’est plus qu’une coquille vide, qu’un kleenex,que le simple territoire d’un pouvoir de police… Avec la mise en œuvre –malheureusement souhaitée – de ce rapport, toutes les fonctions régaliennes del’Etat se trouveraient définitivement dissoutes dans un cadre normaliséeuropéen…

 

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Nous avons aussi nos propres fautesen interne… Les querelles de personnes… Le pessimisme permanent… La nostalgiedu passé… L’idéalisation du même passé… L’individualisme égoïste… Le refus durisque… La primauté donnée à l’économie… La mythification de l’Allemagne… Lesméconnaissances en droit comparé.. L’obsession du PIB, alors que d’autresindicateurs existent… etc… etc… etc…

 

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Peut-être ne sommes nous en fait,dans la réalité, que dans une phase de correction et de remise à niveau desdettes publiques qui se trouvent en fait réduites au réel par les rachatsactuellement effectués sous garantie de la France et de l’Allemagne fédérale,d’où la « colère » de certains éléments spéculateurs (fonds flottants, fondsnon souverains, argent du crime, etc…) qui perdent « un fric fou » en cherchantà détruire les Etats ! N’oublions pas qu’Obama a signé, en parallèle au décretsur le plafond de la dette US, un décret contre l’argent des quatre plusgrandes associations criminelles mondiales ! Pas anodin du tout !  N’oublions pas que vient de se tenirune réunion à Paris des principaux magistrats européens en charge de la luttecontre l’argent du crime, le rôle de ce dernier ayant été démontré dans lacrise italienne, alors que dès le milieu des années 90 le Ministère allemanddes Finances dénonçait la part importante de l’argent du crime dans l’économieallemande, avec, de mémoire, plus de 345 milliards de DM directement y lié en1995…

 

(…)

 

Notons aussi que les Etats les plusendettés – hormis l’Allemagne et la France qui se sont endettés pour que lesautres « ne crèvent pas » -, que les Etats les plus en crise sont en fait ceuxqui ont appliqué et appliquent le moins les textes communautaires, ce que l’onoublie trop souvent de dire ! Et ce n’est pas la question de la TVA ou desprélèvements qui est en cause : voyez l’exemple de l’Espagne !

 

(…)

 

La France doit rappeler discrètementà l’Allemagne lorsqu’elle se fait tirer l’oreille que si cette dernière est siriche c’est parce que la France a garanti l’aberrante décision du ChancelierKohl d’établir une parité 1 Deutsche Mark = 1 Ost Mark, alors que la paritéréelle était de 1 DM contre 100 ÖM !

 

La France doit rappeler discrètementà l’Allemagne lorsqu’elle se fait tirer l’oreille que si cette dernière est siriche c’est parce que la France a garanti l’aberrante décision du ChancelierKohl d’établir une parité 1 Deutsche Mark = 1 Ost Mark, alors que la paritéréelle était de 1 DM contre 100 ÖM !

 

La France doit rappeler à l’Allemagneque si son industrie a pu se maintenir, c’est parce qu’il existait annexé auTraité instituant la Communauté économique européenne le Protocole du 25 mars1957 – en vigueur jusqu’à la réunification – qui faisait que le commerceintra-allemand était considéré comme intérieur à la République Fédérale, ce quilui permettait de vendre comme ouest-allemand en fait des produits est-allemandjuste assemblés à l’Ouest !

 

La France doit rappeler à la Suède,au Danemark et au Royaume-Uni qu’elle paye pour eux une partie significative deleurs « cotisations » à l’Union européenne, nos dirigeants antérieurs ayanttrouvé cela normal, alors que c’était débile au superlatif ! Lorsque l’onpratique un jeu, il est normal que tous jouent selon les mêmes règles ! Or, cen’est pas le cas du Danemark et du Royaume-Uni qui participent néanmoins àl’élaboration de la politique économique et sociale de l’Union, et surtout quise permettent de nous juger !

 

Il serait intéressant de savoirquelle est la part tirée de la présence au sein du marché intérieur et celle dela spéculation contre l’euro dans les 3,7 % de croissance du Royaume-Uni… CetEtat se refuse d’ailleurs à toute nouvelle réglementation économique etmonétaire, refuse l’interdiction des ventes à découvert ou encore le contrôledes CDS… Il est de même le refuge de tous les traders qui spéculent à courtterme, alors que sa Bourse est soumise à moins de contrôles et de contraintesde véracité que les Bourses de New York, de Francfort et surtout de Paris… Etje n’évoque même pas ses interventions sur le prix du pétrole de la Mer dunord, et de la rente que ce dernier constitue avec son prix supérieur d’environ12 % au prix OPEP… De Gaulle avait raison en affirmant que le Royaume-Uni nepouvait pas entrer dans le Marché commun…

 

(…)

 

Pour continuer, une questionprovocatrice. La dette existe t-elle vraiment ? Ma réponse sera Oui, mais aussi… Non, comme nous le verrons plus loin, et ce d’autant plus que son volume peutvarier selon les approches, selon les modes de calcul ! Plus que son volumed’ailleurs, ce qui compte c’est sa durée… Or, elle est en fait sur  7 ans et 64 jours (à septembre 2011,derniers chiffres officiels), ce qui pourrait permettre, à condition de levouloir vraiment, à condition de ne pas se créer de nouveaux handicaps, de lamaîtriser à moyen terme… Ce qui compte aussi, c’est son rapport – non pris encompte – à la patrimonialité nationale ; or, pour en rester à ce seul exemplequi est très loin de représenter l’intégralité du patrimoine, les actifs desbanques françaises étaient, au 10 novembre 2011, aux alentours de 415 % du PIBfrançais, contre seulement 302 % du PIB allemand pour les banques allemandes…Notons que leur rentabilité était à la fin 2010 d’environ 13,3 % contre 9,4 %pour les banques allemandes, leurs fonds propres représentant 50 % du PIB enFrance et seulement 42 % en Allemagne, d’où d’ailleurs une plus grandeinsistance de la Commission européenne à la recapitalisation des banques …allemandes – dont certaines ont fait faillite – que françaises… D’où la volontéde Nicolas Sarkozy de laisser se faire cette recapitalisation sur fonds privésuniquement, tout simplement parce que nous en avons les moyens, l’Allemagne pas!

 

(…)

 

Le drame actuel, en fait depuisThatcher qui a perverti toutes les finances publiques, c'est que l'on veutgérer les Etats comme des entreprises privées... Et encore, car si les agencesde notation disent qu'un Etat ne doit pas dépasser 60 % de son PIB enendettement, elles admettent 120 % du chiffre d'affaires pour les grossesentreprises et ... 334 % (!!!) des avoirs pour les banques !

 

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Une entreprise française, qui payeses impôts et ses cotisations sociales en France, a un déficit de trésorerie de13 millions d’euros dû au fait que l’un de ses clients lui doit 180 millions ;elle sera considéré comme déficitaire et mal gérée, comme en crise grave…

 

Une entreprise allemande, elle, nepayant ni impôts ni charges sociales en France, doit 140 millions à sesfournisseurs et autres, mais a un excédent de trésorerie de 25 millions ; ellesera considérée comme viable et exemplaire !

 

Or, dans la réalité, la française esten positif très nettement, viable, et l’étrangère dans le rouge très fortement! C’est là tout le problème, le seul problème… Mais les banques en profitentcar elles peuvent alors jouer sur les taux et les intérêts ! Tu pourrais mettrele meilleur des gestionnaires, tant que la comptabilité ne changera pascertaines règles, les entreprises françaises seront toujours pénalisées !

 

(…)

 

Tout dépend du volume déjà existantde l'endettement... Tout dépend aussi du taux et du fait que ce taux soit fixeou variable... Tout dépend également du prêteur... On ne peut donc se prononcersans connaître ces données... Pour un ménage, le taux acceptable supérieur deremboursement annuel est de 33 % environ de ses ressources annuelles, pour unecollectivité publique entre 60 et 80 % en général (sauf exceptions, toutdépendant aussi des ressources des communes et de leur perspectives de maintienou de développement de ces ressources)... Il faut aussi connaître la part dubudget de fonctionnement dans le global... Pour faire simple... Reste unegrosse incertitude : l'Etat qui ne cesse de transférer des compétences, sanstransférer les budgets équivalents (alors qu'il les perçoit pourtant cessommes, les compétences pré-existants...)... La grosse dérive ce sont cescommunes qui finalement n'ont qu'une marge d'investissement réel de 10 % pour90 % de fonctionnement et qui empruntent plus que ces 10 % en remboursementpour en fait cacher derrière l'investissement l'encours de la dette... Unparticulier qui ferait cela serait poursuivi... Reste aussi à savoir quelle estla réalité de l'endettement : réel ou uniquement dû à des règles comptablesinadaptées (cf. l'exemple allemand, car en France on compte parfois trois foisla même chose en déficit, alors que l’Allemagne fait des reports d’année enannée de crédits votés volontairement en excédent au départ, faussant ainsi laréalité de sa comptabilité publique)...

 

(…)

 

Autre exemple... On nous bousilledans les media nos équipes de sports collectifs, alors que la France est enfait la meilleure nation européenne tous sports co' confondus, y comprislargement devant les allemands, dont on nous rabat les oreilles, et ceuniquement parce que les footeux sont "guignolesques" (et encoresont-ils 9° européens) ! Hand hommes ? 1er au monde... Hand filles ? 2° aumonde ? ... Basket hommes ? 1° en Europe... Basket filles ? 2° ou 3° aumonde... Volley hommes ? ... 8° en Europe... Volley filles ? 10° en Europe...Foot hommes ? 9° en Europe et 13° au monde... Foot filles ? 4° au monde...Rugby hommes ? 3° en Europe... Rugby filles ? 1° en Europe !!!

 

(…) »

7 juillet 2014

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Published by Serge Bonnefoi - dans Politique
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