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31 mars 2010 3 31 /03 /mars /2010 16:18

INTRODUCTION A LA SCIENCE POLITIQUE

 

I.                    Qu’est-ce que la science politique ?

 

Il est en fait impossible de donner une définition exacte de la science politique car, dans son domaine, les définitions ne sont que des synthèses provisoires de faits connus que la découverte de faits nouveaux remet sans cesse en question, alors même qu’une définition est en fait une sorte de point d’arrivée. Une définition précise de la science politique ne serait possible que si celle-ci était une science achevé, que si son domaine avait été entièrement exploré, ce qui n’est pas, aucune société n’étant fixe dans le temps et dans l’espace.

 

Mieux, l’objet même de la science politique est contesté, deux conceptions s’affrontant, l’une réduisant la science politique à la science de l’Etat, l’autre en faisant la science du pouvoir, alors qu’elle est à la fois l’une et l’autre. Le conflit entre ces deux conceptions est assez important à relever en ce sens qu’il pose une question de fond en mettant en jeu la mise en avant des concepts d’Etat et de pouvoir, alors même qu’un pouvoir peut exister hors de l’Etat. Personnellement, je pense que la science politique est avant tout l’étude du pouvoir sous toutes ses formes, dès lors que l’on quitte l’espace classique de la famille….

 

Dans tous les cas, ces deux aspects de la science politique seront abordés.

 

A.      La science politique comme science de l’Etat

 

La science politique est donc analysée par certains comme étant la science de l’Etat. Cette conception correspond a priori mieux que la seconde au sens commun qui fait que, comme on peut le lire dans le Littré, la politique est la science du gouvernement des Etats, ce qui ne me semble pas totalement complet… Reste que le phénomène étatique est pour de nombreux auteurs le fondement naturel et irremplaçable de la science politique, mais, petit bémol chez la plupart de ces mêmes auteurs, surtout dans les pays anglo-saxons et en France… Ainsi, Prélot posait-il la science politique comme étant l’étude de la connaissance de l’Etat et des phénomènes qui se rattachent à lui.

 

Cette conception fait de l’Etat l’objet essentiel, presque unique, de la science politique… Elle se réclame d’une longue tradition historique s’appuyant sur quelques œuvres majeures, en particulier les œuvres de Montesquieu. Mais, quid dès lors des rapports politiques hors de l’Etat moderne ? Cette conception est donc actuellement en déclin car trop limitative, car se limitant à un concept réducteur et lui-même contesté, celui d’Etat. En effet, le mot Etat recouvre plusieurs sens… Ainsi, l’Etat peut désigner la société politique toute entière, ou encore la seule machine gouvernementale assurant le fonctionnement de la société dans un cadre territorial donné… De même, l’Etat peut se définir de manière strictement juridique – référence à l’idée de souveraineté – ou encore uniquement sociologique – l’organisation politique la plus perfectionnée -.

 

En définitive, il semble peu indiqué de vouloir fonder une science sur une notion aussi équivoque, la notion d’Etat ayant de plus un caractère fortement particulariste. En effet, comme modalité d’agencement politique des sociétés humaines, l’Etat ne représente qu’une étape relativement récente, se distinguant par de nombreux traits de structure des formations antérieures. Donc, en centrant la science politique sur le seul Etat, on rend difficile l’exploitation de toute donnée relative à des systèmes de société soit ne connaissant pas le concept d’Etat, soit le dépassant ! Donc, la catégorie étatique, la réduction au seul Etat ne permet pas de traduire la totalité des systèmes politiques, car il n’y a pas par exemple d’Etat mondial, tout comme les relations tribales ne sont pas étatiques pour en rester à ces seuls exemples. Enfin, une approche par le seul Etat interdit de comparer dans l’expérience le pouvoir dans l’Etat avec le pouvoir au sein des autres communautés humaines…

 

Bref, la conception de la science politique comme science de l’Etat, conception apparue au Moyen-Age, est par trop restrictive car pouvant laisser croire que l’Etat et la société qu’il organise sont d’une autre nature que les autres groupements humains.

 

B.      La science politique comme science du pouvoir

 

Il faut donc bien envisager d’aborder la science politique comme science du pouvoir… On peut penser que le pouvoir dans l’Etat n’est pas différent que le pouvoir au sein des autres sociétés humaines, malgré la perfection supposée de son organisation, ses moyens de pression, ses degrés d’obéissance… Ainsi, comme il est aberrant de considérer la science politique comme la science de l’Etat, on doit donc la considérer comme étant seulement la science du pouvoir, le mot seulement étant ici à prendre au sens relatif. C’est cette conception qui est actuellement la plus répandue. Ainsi, Raymond Aron écrivait qu’est politique l’étude des relations d’autorité entre les individus et les groupes de la hiérarchie des puissances qui s’établit à l’intérieur de toutes les communautés, nombreuses et complexes, conciliant ainsi le politikos et l’oekonomikos d’Aristote… C’est de même Maurice Duverger qui affirmait que l’objet de la science politique ne soulève  pas de grandes difficultés : elle est la science de l’autorité du gouvernement et du pouvoir

 

Dans cette optique, il faut donc essayer de cerner la notion de pouvoir, puis de détailler quels sont les éléments constitutifs dudit pouvoir, ce qui permettra in fine de distinguer la notion de pouvoir de celle de domination.

 

II.                  La notion de pouvoir

 

La notion de pouvoir n’est pas facile à préciser. En effet, à la base du phénomène pouvoir, il y a distinction entre les gouvernants et les gouvernés, et ce dans tout groupe social. De ce fait, le sens du mot pouvoir peut être ambiguë, se réduisant au groupe des gouvernants pour les marxistes, alors que les libéraux y voient les seules fonctions des gouvernants…

 

Ainsi, la science politique apparaîtrait comme étant la science des gouvernants, des leaders, se devant dès lors d’étudier leurs origines, leurs structures, leurs prérogatives, l’étendue de leurs pouvoirs, ainsi que les fondements  et de l’obéissance qu’on leur accorde.

 

Or, cette séparation gouvernants/gouvernés n’est pas aussi nette et évidente qu’il y paraît ; par exemple, dans la théorie de la démocratie pure de Jean-Jacques Rousseau, tout le monde est à la fois gouvernant et gouverné. Dans ce dernier cas, il y a donc effort pour nier l’antinomie gouvernants/gouvernés, la théorie démocratique, même modérée, cherchant à identifier les membres du groupe et les chef, par exemple au travers de l’idée de souveraineté nationale, au travers du concept de Nation. Or, même en démocratie, dans les Etats modernes, et plus encore avec l’accélération de la globalisation, le groupe des ouvernants est – outre le flou pouvant exister – à la fois moins nombreux et plus complexe, d’où de nouvelles distinctions entre les gouvernants et les gouvernés. La distinction n’est donc en rien évidente, n’est donc en rien tranchée, puisque l’on a, du moins dans les sociétés occidentales, une certaine continuité du gouvernement suprême à sa base…

 

III.                Les éléments constitutifs du pouvoir

 

Il nous faut donc analyser les éléments constitutifs du pouvoir… Ces éléments constitutifs, fondateurs peuvent être répartis entre deux groupes : le pouvoir comme phénomène de force et les croyances/idéologies…

 

Selon Max Weber, le pouvoir est la faculté de faire adopter sa volonté à autrui. C’est le pouvoir comme phénomène de force, même si ici force n’est pas forcément synonyme de violence, ce phénomène de force pouvant être physique, économique, pression sociale, encadrement collectif ou encore propagande, ces facteurs pouvant se combiner…

 

Sur le plan physique, c’est le droit du plus fort… Les instruments de ce pouvoir sont, à l’échelon de l’Etat la police, l’armée, les prisons et, dans certains systèmes, la torture… C’est la transposition de la contrainte physique à l’échelon de l’organe supérieur… C’est ici que se situent par exemple les tensions dans les banlieues ou les attentats anarchistes, tous deux se voulant contestation de l’Etat sur un plan d’équilibre quant à l’effet…

 

Sur le plan économique, économique étant ici pris au sens contemporain, le pouvoir politique serait l’expression du pouvoir économique. C’est Marx affirmant que le pouvoir reflète la situation des classes sociales en lutte. Le pouvoir est aux mains de la classe économiquement dominante. Cette thèse a le gros inconvénient de sous-estimer les éléments non économiques du pouvoir…

 

La pression sociale diffuse n’est autre que le contrôle social dont nous parlent les sociologues, c’est-à-dire l’influence de tout ce qui entoure l’homme dans la société où il vit… Ce phénomène se retrouve par exemple également dans les troubles des banlieues ou dans le hooliganisme, avec des jeunes individuellement le plus souvent très affables mais bestiaux en groupe. Le groupe entier pousse à l’obéissance au pouvoir, d’où un conformisme social certain. Cette pression sociale montre bien combien la science politique ne peut se réduire à la seule science de l’Etat…

 

Assez proche tout en étant éloigné, un instrument assez contemporain du pouvoir : l’encadrement collectif… Pour étudier cette contrainte, l’exemple du Parti communiste – ou du moins de ce qu’il était – est l’un des meilleurs à choisir. La répartition des membres du Parti est faite en groupes de base très petits, très cohérents – les cellules -, donc isolés de l’opposition, mais aussi facilement isolables en cas d’opposition… C’est l’emploi systématique de la délégation et du suffrage indirect, ce qui aboutit inévitablement à l’installation d’une classe de dirigeants cooptés et quasi-professionnels… De plus, le mélange de discussions approfondies à la base à l’application rigoureuse des décisions des dirigeants entraîne une armature sociale disciplinée, avec une autorité puissante à laquelle tous les membres obéissent… C’est un peu le même système que l’on retrouve chez les Jésuites, au Mouvement des Citoyens (ex-CERES), et, moins nettement, dans l’armée… D’ailleurs, il faut se souvenir que le Parti communiste avait été à l’origine organisé selon les principes disciplinaires jésuites…

 

Reste la propagande… Il s’agit à d’une contrainte plus diffuse, d’une contrainte d’ordre psychologique tendant à ne pas être sentie par celui qui la subit ; on parle d’ailleurs parfois de contrainte par anesthésie… La propagande a toujours été utilisée, mais, aujourd’hui, elle l’est à une échelle sans comparaison possible dans l’histoire des sociétés humaines, la pression des media audiovisuels entrant dans ce cadre pour en rester à ce seul exemple. Elle tend même à devenir, toujours grâce aux media, mais aussi à la psychologie et à la sociologie, l’une des sources fondamentales du pouvoir dans les Etats totalitaires, par sur-utilisation des moyens de communication de masse. Certaines actions des intégristes islamistes ou encore de Chavez ne sont en fait que de la propagande…

 

En définitive, pression sociale diffuse, encadrement collectif et propagande sont des moyens à la frontière des éléments matériels du pouvoir et des croyances… En fait, on tend à développer des croyances afin de ne plus faire sentir le poids de ces contraintes… Le pouvoir doit chercher à se faire aimer !

 

Nous en arrivons donc aux croyances, aux idéologies… Il n’est pas certain que le schème d’un pouvoir fondé sur la force et voulant ensuite se faire aimer grâce aux croyances corresponde toujours à la réalité… Il doit y avoir développement d’une idéologie – par exemple le nassérisme en Egypte, le péronisme en Argentine, l’anti-américanisme au Venezuela, … -. Il est ainsi possible que les croyances soient l’élément originel du pouvoir, le meilleur exemple possible restant la République islamique d’Iran…

 

Autre exemple… Les sociétés primitives sont dominées par des croyances, et la contrainte physique y est peu importante par l’entremise de la pression sociale diffuse. Très souvent aussi, les chefs tentent de détourner à leur profit le système de croyances et à s’abriter derrière des mythes traditionnels à la fin de faire admettre leurs décisions. Ce fut par exemple N’Khruma, au Ghana, qui ne prononçait ses discours qu’à l’aube, ou encore, en Côte d’Ivoire, Ouphouët Bouigny se rendant dans les villages sacrés avant d’annoncer des décisions importantes… Ainsi, tout le pouvoir repose largement sur les croyances et les gouvernants se sentent obligés d’obéir… Ce fut, autre exemple, Duvallier qui, en Haïti, appuyait son pouvoir sur le culte vaudou, mais aussi sur des policiers, les tristement célèbres Tontons macoutes, légitimant en fait son pouvoir par le vaudou…

 

La notion de légitimité est en fait l’une des clés du pouvoir. Dans un groupe social donné, la plus grande partie des individus peut croire que le pouvoir doit reposer sur certains principes, revêtir une certaine forme, reposer sur une origine, le tout légitimant le pouvoir correspondant à cette croyance dominante. Mais la légitimité est et reste une notion sociale essentiellement relative et contingente, variant en fait selon les groupes sociaux, les pays et les époques ; ainsi, dans l’Europe du XVII° siècle, le pouvoir devait appartenir à une famille royale et se transmettre par voie héréditaire, alors qu’au XX° siècle l’idée de démocratie s’est peu à peu imposée, jusqu’à devenir dominante dans les sociétés occidentales, même monarchiques, le pouvoir réel devant appartenir à des personnes librement élues par la population.

 

Dans ce cadre de légitimité, la force n’interviendra donc plus que dans des cas limites, contre les « inadaptés sociaux », contre les marginaux, contre des minorités…

 

Si la légitimité est solide, le pouvoir est en général modéré et doux ; par contre, si la légitimité est contestée ou tend à disparaître, à moins de démissionner, le pouvoir n’a pas d’autre moyen que d’être soutenu par des éléments matériels tels que la police, l’armée, des milices, … Et, si dans un groupe social donné cette légitimité tend à disparaître totalement, il y a alors révolution, le pouvoir étant contesté et s’effondrant, à moins que ses détenteurs n’emploient à fond la contrainte physique afin, si ce n’est de se faire obéir, du moins de se maintenir.

 

IV.                Pouvoir et domination

 

La domination ne se situe pas dans l’antagonisme gouvernants/gouvernés… Elle se situe au niveau des gouvernés eux-mêmes car elle concerne les antagonismes entre les gouvernés ! Les rapports présentent alors un aspect de lutte entre des forts et des faibles, entre des individus et/ou des groupes sociaux inégaux… Donc, le contrat de domination ressemble à un traité de paix consacrant la supériorité de l’un sur l’autre… On peut donc appeler domination le fait qu’à l’intérieur d’un groupe social certains individus soient plus forts que les autres et imposent leurs points de vue. La domination n’est donc dès lors qu’un fait matériel. On peut citer l’exemple des rivalités entre bandes des cités, et la seule solution pour l’Etat est dès lors, l’éducation ayant échoué, d’affirmer sa propre domination collective !

 

En fait, les relations et les divergences entre le concept de pouvoir et le concept de domination sont de deux ordres :

-          La domination n’est qu’un phénomène social naturel, alors que le pouvoir est à la fois phénomène physique et phénomène de croyance ;

-          Le pouvoir est reconnu comme tel, au moins dans sa propre sphère d’influence ; son autorité est admise s’il est légitime, et l’on s’insurge contre lui s’il n’a pas la forme voulue –poussé à l’extrême on peut penser au refus systématique de l’extrême-gauche d’admettre le scrutin des urnes. Reste que l’on admet l’existence du pouvoir en lui-même e la nécessité, au moins théorique, de lui obéir. Par contre, la domination est subie et l’on lutte toujours contre elle, d’où la difficulté de résolution de la crise des banlieues, avec opposition des couples population/bandes, bande/bande, Etat/bande…

 

Alors que le pouvoir a un caractère organisé et structurel, puisqu’il est conçu comme l’ossature de la société et apparaît comme appartenant au cadre sociale normal – c’est l’exemple du droit constitutionnel -, la domination ne résulte que des conflits et des luttes entre divers éléments, à l’intérieur certes d’une cadre juridique, mais bien inséparable des idées de lutte, de conflit, de concurrence entre les gouvernés. C’est là l’une des lignes de fracture traditionnelle entre la gauche et la droite, mais aussi ce que Nicolas Sarkozy cherche à dépasser lorsqu’il veut rompre d’avec la théorie des conflits si chères à Jacques Rueff et à son élève Jacques Chirac…

 

Notons néanmoins que des liens peuvent s’établir, du moins en apparence, entre les notions de pouvoir et de domination :

-          Les individus et les groupes en posture de domination essaient de conquérir le pouvoir, et y parviennent toujours plus ou moins ;

-          Les groupes impliqués dans des rapports de domination, qu’ils soient dominants ou dominés, sont tous, en interne, organisés autour d’un certain pouvoir ;

-          Le pouvoir lutte contre les individus et les groupes en posture de domination trop accusée et qui le menacent. Ce fut par exemple aux Etats-Unis le cas du gouvernement fédéral qui obligea la Standard Oil à se fractionner en plusieurs sociétés distinctes, sa puissance devenant trop importante ; ce sont en Europe communautaire les règles contre les abus de position dominante ou contre les concentrations… Reste qu’il est parfois difficile de lutter avec de telles armes éthiques avec des Etats sans éthique ou à éthique fondée sur la seule idée de domination. Dans tous les cas, le pouvoir politique va toujours, en héorie au moins, chercher à montrer et à démontrer sa propre autonomie…

 

V.                  Les détenteurs du pouvoir politique

 

L’identification des détenteurs réels du pouvoir politique constitue dès lors une recherche fondamentale pour la science politique. Et cette recherche est doublement critiquée, donc difficile :

-          Si un auteur montre que le pouvoir se trouve à un endroit, et si la Constitution et les institutions le situent au même endroit, on dira que ce pouvoir est légitime, mais aussi que cet auteur fait l’apologie du régime ;

-          Si la réalité du pouvoir, pour un auteur, se situe ailleurs, ce dernier est alors accusé de vouloir déstabiliser l’Etat et les institutions…

 

Aujourd’hui, il semblerait que le pouvoir se cache – et c’est cette tendance contre laquelle veut lutter Nicolas Sarkozy -, ce phénomène étant révélateur de la mentalité collective au sujet du pouvoir : si les détenteurs du pouvoir se cachent, c’est qu’il ne convient pas d’afficher ce pouvoir ; cependant, si le peuple ne conteste pas la nécessité de l’autorité, il l’admet là om elle se situe, c’est-à-dire dans les organes officiels et non ailleurs. C’est la cause de l’impopularité de Sarkozy qui montre où se trouve le pouvoir et qui ne se cache pas, mais aussi de la popularité de François Fillon qui parle peu…

 

En fait, et ça Sarkozy l’a bien compris, c’est que toute puissance masquée est condamnée à plus ou moins brève échéance car jugée illégitime. De fait, il semblerait qu’à toutes les époques le pouvoir  réel ait été détenu par des organismes plus ou moins connus, comme par exemple les multinationales ; et, toujours, ces organismes ont été perçus par le public comme étant au seul service d’intérêts égoïstes, alors que le pouvoir devrait a priori appartenir aux organismes de l’Etat. Dans tous les cas, en démocratie, le peuple ne doit jamais être dépossédé du pouvoir que ce soit au profit d’une personnalité ou d’un groupement d’individus… Néanmoins, il est tout aussi réel que ceux qui détiennent certains des éléments du pouvoir sont tenus d’agir avec discrétion dans certains cas.

 

Aujourd’hui, tous les politologues s’accordent à dire que le pouvoir réel ne réside que dans une partie de la société, et donc que toutes les sociétés sont dirigées par des minorités plus ou moins privilégiées, parlant alors d’élite, d’oligarchie, de technostructure, etc… D’ailleurs, cette incertitude n’en était plus une dans les anciens Etats socialistes puisque le pouvoir était ouvertement entre les mains d’un groupe d’élites, le Parti communiste qui était le seul organe directeur réel de l’Etat.

 

En fait, il suffit d’identifier l’homme fort du régime afin de savoir où se trouve le pouvoir, et, de ce fait, on peut éliminer – l’élection étant une forme d’élimination – ce dirigeant pour changer le pouvoir, la réalité du pouvoir ne se trouvant pas dans les organes de l’Etat. Le pouvoir est en fait le plus souvent l’attribut d’une oligarchie qui le détient en exerçant la fonction de la société, et ce même si cette oligarchie n’est pas toujours un groupe homogène, et même si la structure de cette oligarchie peut varier.

 

En raison des croyances sociales qui l’entourent, l’étendue du pouvoir – et par là même sa légitimité pour une oligarchie – est fonction des croyances des gouvernés ; la détention du pouvoir par une oligarchie est plus ou moins assurée correctement selon qu’elle est légitime ou arbitraire… Cependant, un pouvoir peut devenir arbitraire même s’il ne l’était pas auparavant, … et vice-versa… Enfin, on constate toujours qu’une oligarchie au pouvoir justifie ce pouvoir par une doctrine ou par un idéal.

 

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Published by Serge Bonnefoi - dans Science politique
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